‹ De l'empire Ottoman, de ses nations et sa dynastie, 1841-1845Chapitre 197 sur 245 · LIVRE III, CHAP. 2, DU CORAN · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAP. 2, DU CORAN

titillions de son nouvel Etat, le considérait aussi comme une tente, dont les quatre principaux ordres formaient les quatre piliers.

Nous réunissons les deux islamismes de MM. Ttarrault et d'Eichtal, quoi qu'ils diffèrent en plusieurs points. C'est le même fond d'idées et de tendances , malgré quelques oppositions dans les aperçus et les jugemens.de détail* Tous les deuxprocèdent d'un Orient religieux, que s'était fait dès long-temps l'école saint-simouienne, et dont le livre de 'M. d'Eichtal a été pour nous la dernière expression.

Une croyance militante, par cela seul qu'elle est militante, implique sans doute une certaine réaction contre les religions établies. Mais s'il fut une croyance qui réagit peu dans le monde, à son origine du moins; c'est l'islamisme assurément. L'Evangile avait du réagir contre les lois , la morale et les dieux du paganisme ; et depuis long-temps il avaitbrisé tous les liens dé la société païenne. Le Coran se plaça, tout d'abord, l'on en convient, côte à côte avec l'Evangile, comme la continuation de l'œuvre de Moïse et de Jésus. Comment doue eût-il particulièrement eu le caractère d'une réaction? Contre l'idolâtrie même ; l'action lui fut com-

mune avec les anciennes et les nouvelles Ecritures. Contre quoi eût-il ainsi re'agi d'une façon spéciale? Contre le spiritualisme excessif de la doctrine de Jésus, répondent MM. d'Eichtal et Barrault. S'il est au contraire une protestation que le Coran ne fit point; c'est àcoup sur, celle de la matière contre l'esprit. Qu' Arius ait été le parrain hérétique de la ville de Constantin ; nous ne voyons pas là du tout , ce qu'il a du être pour Stamboul débaptisé neuf siècles après, par un sultan de l'Islam. Mahomet pensa comme Arius, à l'endroit des trois personnes en Dieu du christianisme; soit! Mais l'hérésie d' Arius a-t-elle un caractère quelconque de réaction, contre le spiritualisme de Jésus? La croyance même de la Trinité qui personnifie Dieu sous trois noms, a-t-elle quelque chose de plus spiritualiste que le Dieu impersonnel des premiers dissidens? S'il est permis de le dire; il y a dans le Verbe fait chair et l'Homme-Dieu, une certaine matérialisation apparente de lêtre spirituel, que l'hérésie d' Arius a pour objet de faire disparaître. C'est précisément à cette incarnation matérielle de Dieu par la Trinité chrétienne, que le Coran dît anathèmeau nom du Dieu un i exclusivement esprit. Mahomet ne combat dansla Trinité, qu'un retour à l'idolâtrie.

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