‹ De l'empire Ottoman, de ses nations et sa dynastie, 1841-1845Chapitre 218 sur 245 · LIVRE III, CHAP. 2, DU CORAN · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAP. 2, DU CORAN

aère condition d'un prophète (i). Or, les tribus arabes ne paraissaient guère disposées à croire. La lutte fut donc vive au commencement. Le prophète y jona plus d'une fois sa tête. A la fin pourtant , la tribu la plus opiniâtre fut vaincue et convertie dans la Mecque ; après quoi il n'y eut plus que des croyans en Arabie. Que la victoire ait amené ainsi la foi chez les Arabes, nous n'en accusons pas le protestantisme islamique. La victoire a pu servir le catholicisme aussi. Il serait peut-être injuste d'imputer à une croyance , ce qui a été entrepris pour la faire accepter, ce que nous appellerons les violences de premier établissement. Mais le Coran une fois accepté comme une religion, comme une dernière prophétie; il faut voir à l'œuvre le principe protestant. Et ce que

(i) Il faut convenir que Mahomet s'y prit d'abord , de la façon la plus bourgeoise et la plus pacifique. Après avoir confié le secret de sa mission divine à sa femme Kadidja, il donne un repas de famille où il dit à ses parens : « Je ne connais personne en Arabie qui soit en état de faire à ses parens, des offres aussi avantageuses que celles que je vous fais aujourd'hui. Je vous offre le bonheur dans cette vie et dans celle qui est à venir. » De nos jours, Ton ne s'y prendrait certainement pas avec autant de naïveté.

nous constatons après la victoire de la foi; c'est le Coran qui de croyance religieuse se fait loi, c'est le protestantisme islamique qui s'impose à la souveraineté temporelle , de telle façon qu'il n'est plus possible de séparer le caractère religieux du livre, de son caractère légal. Et le Coran était un beau poème sans doute. S'il ne se faisait loi cependant; nous l'eussions peutêtre trouvé dans la bibliothèque d'Alexandrie , et c'était tout. Mahomet passait à la postérité comme un grand poète; et rien de plus. Le Coran n'était pas le Coran. A vrai dire ; ce n'est pas de l'inconséquence , ce n'est pas de l'envahissement qu'il faut reprocher au principe protestant; c'est la nécessité d'être et de se faire quelque chose, qui le détermine selon le milieu. Le protestantisme s'est fait loi en Arabie, comme il s'est fait religion ailleurs; vivant ici d'un reste d'autorité spirituelle , et là, du pouvoir temporel qu'il a réussi à conquérir. Ce n'est pas moins le même principe protestant, emporté dans le mouvement américain, arrêté par la lé-« gislation anglaise, devenu maître de la vie légale en Arabie, qu'il faut accuser de la stagnation musulmane.

Voici comment. Le principe éclectique ou protestant qui se fait religion , n'est qu'inconsé-

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