LIVRE 1er, CHAP. 2, DU MOUPHT*. 4g
qu'un paisible doyen d'Ecoles ou de Facultés absorbé dans ses examens et ses diplômes , guère plus qu'un jurisconsulte fort adonné à sa clientèle bourgeoise , et occupé pardc là tous ses confrères de Londres ou de Paris. La seule traduction légale des mémoi-* res à consulter-, occupe une légion de corn^ mis. Au bas de chaque question posée par les bureaux, le schcik-ul-islam écrit de sa propre main la formule du coàzMoultcka; ce qui n'empêche pas toujours les plaideurs de perdre leur procès. A toutes les époques même, le mouphty de province a dominé dans le.Vnouphty de Constanlinople. Après Mahomet II, au plus beau temps des janissaires et du collège des oulémas, un illustre scheik-ul-islam avait une telle clientèle dans la capitale que, sauf les jours d'émeute aux casernes et de révolution an Sérail , il faisait suspendre, le soir, un panier h sa fenêlre; et chaque plaideur y déposait sa demande. Au lendemain matin, le panier apparaissait -de nouveau et rapportait à'chacun sa réponse.