‹ De l'empire Ottoman, de ses nations et sa dynastie, 1841-1845Chapitre 220 sur 245 · X1VRE III, CHAP. 2, DU COBAN · texte numérisé non relu

X1VRE III, CHAP. 2, DU COBAN

vahissemens de l'église, et fini par s'en dégager tout-à-fait. L'Eglise et l'Etat alors, la souveraineté spirituelle et la souveraineté temporelle, ont fait leur œuvre à part, vécu de leur propre fonds, par leur puissance distincte; tandis que le protestantisme biblique a poursuivi forcément sa lutte obstinée, sans pouvoir jamais aboutir!

Si les Etats chrétiens en doivent être quittes, un jour ou l'autre , pour une tentative plus ou moins prolongée; cela tient, nous l'avons montré, au milieu social où le protestantisme a essayé de vivre et de se féconder. C'est peutêtre que l'Eglise souveraine avait passé par-' là. On comprend, en tous cas, que sur un corps faiblement constitué comme l'Arabie, sur une société dans l'enfance comme des Tribus nomades ; les efforts désespérés d'un principe impuissant, aient eu des suites inconnues dans la chrétienté. Le protestantisme n'y a pas fécondé la loi, d'un principe souverain qui lui manquait radicalement en propre. Sa tentative n'a donc point amené une loi protestante. Le protestantisme en réalité, n'a donné à la loi qu'un nom religieux. Cependant la croyance t légiférée de nom au moins, ne voulait pas mourir ; elle a persisté. Ne pouvant rien donner de son propre fonds, à la souveraineté tempo- L 25

386 DE MAHOMET ET DE SOtt LIVEE.

relie; elle a pu {aire des conditions à la vie légale. En empêchant l'action de la souveraineté temporelle, dans une certaine mesure; la croyance a dû, jusqu'à un certain point, dominer la loi. Car le Coran protestant s'était iraposé à la souveraineté temporelle de l'Arabie; il l'avait comprimée et empêchée de tout son poids et de toute son ardeur. C'était une entrave, sinon une direction ; une sorte de veto écrit et permanent, qui n'entrait dans la législation, que pour ce qu'il en avait exclu; à tel point que la souveraineté temporelle venant à s'exercer librement, nul doute qu'elle n'eût bientôt effacé de la loi, jusqu'au nom de sa fausse origine. Force a bien été par conséquent à la croyance religieuse, d'entraver et d'exclure inéessamment l'action de la souveraineté temporelle; à quoi l'Islam s'est appliqué et a réussi, mal heureusement pour les croyans. Avec cela, le protestantisme a paru vivre légalement en Arabie. C'est ce que nous avons entendu par le Coran fait loi , de croyance religieuse qu'il était d'abord. C'est que pouf un principe négatif et impuissant; produire, c'est empêcher* Par où l'on peut juger qu'en définitive le protestantisme du Coran a tout empêché, tout immobilisé chez les peuples musulmans*

Page 1