LIVBE III, CHAP. 2, DU CORAN
principe absolu. Que si elle pâment à l'imposer, à l'ëcrire dans un code , dans une constitution; elle produit un acte de force, qui dure ou prend fin par la force ; et c'est tout (1).
(1) On revient, de nos jours, à dire que la loi doit être l'expression d'un dogme. C'est tout l'Evangile que l'on veut faire passer dans la loi. La loi est ou sera bientôt pins chrétienne que l'Église et sa religion. Je n'ai pas à intervenir, ici, dans une querelle religieuse ou irréligieuse. Cette tentative vraiment corassique me paraît d'ailleurs sans grand danger, pour la loi en France; et l'Eglise a d'autres défenseurs que moi. Mais il est clair comme le jour, que si le christianisme ne venait pas à bout de la loi, la loi viendrait à bout du christianisme de M. Quinet. Il arriverait de trois choses l'une; ou la religion serait emportée comme en Amérique, ou elle serait constituée comme en Angleterre, ou elle serait faite loi comme en Turquie. En France encore une fois et au dix-neuvième siècle , il n'est pas difficile de dire ce qui arriverait. Cependant il y a deux sortes d'esprits, qui révent une loi chrétienne ou dogmatique. Des penseurs qui ne se préoccupent que de la souveraineté spirituelle dont ils ne veulent pas, qui veulent bien un dogme à la condition d'en être les docteurs et de ne relever de personne ; et des républicains qui poursuivent sérieusement un christianisme légal, une société évangéliqne! Les uns ne vont qu'au panthéisme, signalé dès long-temps par mon illustre maftre et ami Benjamin Constant* Les autres
4oO DE MAHOMET ET DE SON LIVRE.
La morale corassique, la morale légale de l'Islam n'est pas mauvaise en soi, comme l'on a pu voir. Et la preuve, c'est qu'en la dégageant de son caractère de légalité, personne n'y trouve à redire ; si ce n'est en quelques points accessoires, qui n'empêcheraient certainement ni la réforme ni le. progrès de la société musulmane. Cela posé, et la loi corassique ou islamique connue pour ce qu'elle vaut ; il ne reste donc qu'une question de force dans l'empire ottoman à réformer. Que l'on ne parle plus de religion légale, de loi religieuse ni dogmatique! Il ne s'agit que de savoir si les Ottomans
marchent au communisme politique, échelonné sur la route par des organisations de travail. On a dit souvent que là loi du Coran tendait à réaliser sur la terre, une vaste communauté. L'Evangile fait loi n'aboutirait pas à antre chose. Aussi admiré- je comment des hommes éminens de tous les partis, fort opposés, sans aucun doute, à l'une comme à l'autre de ces conséquences; se bataillent , en ce moment, sur des points réglés par l'Homme-Dieu : « Mon royaume n'est pas de ce monde.» Ce n'est pas là un texte banal, qu'il soîlde bonne guerre d'opposer à l'Église. C'est la suprême raison de la religion et de la loi ; c'est l'expression divine de l'humanité même. La souveraineté spirituel Je n'a point à légiférer ce monde; mais la souveraineté temporelle, non plus, n'a point à légiférer l'Église de Jésus*