‹ De l'empire Ottoman, de ses nations et sa dynastie, 1841-1845Chapitre 232 sur 245 · LITRE III, CHAP. 2, DIT CORAN · texte numérisé non relu

LITRE III, CHAP. 2, DIT CORAN

que le prophète n'a pas légitimé les conséquences dogmatiques et légales du protestantisme islamique. C'est qu'en réalité même, aucun texte du Coran n'a suffi, dès le premier jour du kaliphat, à la vie religieuse et légale de Y Islam. Il y a plus encore. Le livre de Mahomet condamne la souveraineté temporelle, au même titre que la souveraineté spirituelle. Le prophète ne veut ni de Tune ni de l'autre, pour son Islam. Et que Mahomet se soit trompé ; qu'il n'ait pas mieux compris la loi que la religion; ce n'est pas de quoi il s'agit. La question est de savoir ce que le prophète a voulu par son Coran. Eh! bien, comment se pose-t-il lui-même, lui Gouvernant, en face de son peuple à gouverner? C'est un juge, quand il ne s'en tient pas au rôle de témoin; et un juge qui a sa loi toute faite dans le Coran; qui doit juger d'après ce livre, sous peine à' infidélité F Pas plus de loi nouvelle que de dogme nouveau ; c'est le dernier mot du Coran ! D'où il suit que la Souveraineté d'aucune sorte, ne devait appartenir à personne dans l'Islam. On comprend d'ailleurs que Mahomet put s'en passer. Il ne jugeait que d'après le livre, mais il faisait le livre en définitive. Les grandes difficultés ne devaient commencer qu'après lui. Le prophète mort, le livre était clos. La société mu-

sulmane devait se clorre aussi. Tout devenait irrévocable, incommutable ; la souveraineté temporelle était morte enfin, comme la souveraineté spirituelle. Il ne restait dans l'Islam, qu'une autorité soumise à la lettre morte du Coran souverain ; autorité précaire et subalterne que nous ne savon» de quel titre qualifier, dans l'absence d'aucun texte, d'aucune pirole de Mahomet qui lui donne un caractère particulier. Ce qu'il y a de certain ; c'est qu'une pareille autorité tie pouvait aboutir, sans une flagrante usurpation , ni à un dogme plus distinct, ni à une loi plus spéciale que le livre n'avait fait son dogme et sa loi.

L'absence de toute souveraineté dans l'islam, contraste singulièrement avec les idées que l'on s'est faites jusqu'ici, des gouvernemens islamiques. Qu'on y prenne garde toutefois , et que l'on dise si Mahomet a pu conclure autrement! Il n'avait point voulu d'autorité spirituelle qui interprétât et développât son livre. Comment eût il investi une autorité temporelle de ce pouvoir-là? Le danger était le même. L'altération du Coran pouvait s'ensuivre. Interprétation spirituelle ou temporelle, développement légal ou religieux, c'était toujours un moyen de revenir sur l'œuvre divine, d'en retrancher ou d'y.ajou-

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