LIYBE I*% CHAP. 3, DU SULTAN
aux pâles adorateurs rôdant sans cesse autour du temple, où ils viennent apporter leurs
têtes (i).
Or ni le dogme ni la loi ne disent que Y imam procède au nom de Dieu, sur aucun point de sa prérogative. Loin de là ; le dogme et la loi n* supposent-iïs point le contraire, par les quaKtés requises dans Y imam autant que par celles qui ne le sont pas? Qu'est-ce qu'un pontife à qui l'on demande d'iUre majeur, sain desprit, de condition libre et du sexe masculin, pour toute vertu ? Qu'est-ce qu'un sacerdoce dont le titre
(i) m Au milieu des prisons et des bagnes s'élève an Sérail , capitole de la servitude : c'est là qu un gardien sacré conserve soigneusement les germes de la peste et les lois priniiiives de la tyrannie. De pâles adorateurs rôdent sans cesse autour du temple , et viennent apporter leurs têtes à l'idole. Rien ne pétilles soustraire au sacrifice ; ils sont entraînés par un pouvoir fatal ; les yeux du despote attirent les esclaves, comme les regards du. serpent fascinent les oiseaux dont il fait sa proie. » (AJ. de Chateaubriand.)
Islamboul a son Vatican , et sa dynastie de vicaires do prophète. Et le sultan qui % pour n'être plus le roi des rois de la terre, est toujours l'ombre de Dieu; qui, dégradé de sa majesté impériale, demeure inviolable dans sa majesté pontificale; qu'en ferez- vous?
(Jftf. BarrauU.)
semble appartenir à tout citoyen actif? Remarquez que la personne de l'imam n'est pas ra^rue inviolable et sacrée; comme dans les chartes modernes, la personne des rois. L'imam n'est inviolable et sacré qu'en ce sens, qu'aucune peine ne saurait lui être juridiquement appliquée, en sa qualité d'imam. On le peut déposer le plus religieusement et le plus légalement du monde, quoique ses vices et sa tyrannie ne l exigent pas, comme dit le dogme. Et une fois déposé selon la religion et la loi : il est jugé , condamné', exécuté comme le dernier des croyaus. Des soixante-douze kalipbes que mentionne l'histoire, presque la moitié a péri parle fer, par le poison; ou fini par les yeux crevés, par la prison perpétuelle. Les sultans ont été plus heureux ; deux seulement ont été mis à mort. Mais combien de déposés, d'emprisonnés, de violentés? cela tient au temps, dit-on, à la barbarie des mœurs; cela n'empêche pas le pouvoir spirituel. Nous comprenons la barbarie qui brise ses dieux, dans sa colère. Mais la barbarie qui les dépose régulièrement , et qui les juge après ; cela ne saurait être qu'un fait mal étudié, cela n'existe pas.
M. d'Ohsson a beau équivoquer sur ce point 4e la déposition religieuse et légale de l'imam;