LIVRE Ier, CHAP. 3, DU SULTAN
imams et autres ministres du culte. Mais à supposer l'Imam Suprême un grand prêtre ou un pape; ce serait du moins un Pape sanse'glise et un Grand prêtre sans clergé, comme nous verrons bientôt. Invincible ou non, l'obstacle n'est donc pas où l'on dit depuis si long-temps. Nous allions oublier la visibilité dogmatique de l'imam suprême. Rien n'accuse aussi expressément l'absence d'un pouvoir spirituel dans Ximameth, que ce point du dogme et son histoire. L'hérésie persane admet un imam invisible , du nom de Mehdi qui signifie littéralement inspirateur divin. C'est le dernier des descendans du quatrième caliphe Ali, que les Perses croient toujours vivant sur la terre et donnant une sorte d'assistance spirituelle à l'imam visible, jusqu'à ce qu'il se manifeste par un nouveau caliphat prophétique. Qui ne reconnaît là une figure grossière du Saint-Esprit de l'église chrétienne? Et en proscrivant jusqu'à cette figure là ; le dogme n'a-t-il pas fait profession radicale d'un imameth exclusivement humain et temporel? Il ne fallait rien de plus en effet pour un imam suprême, chargé en Turquie de procurer le mariage des enfans abandonnés, comme à Londres le lord maire de la cité est chargé de l'empêcher*