LIVRE Ier, CHAP. 3, DU SULTAN
cela, M. de Saint-Priest est venu au secours de la prérogative imaméienne ; mais il ne Ta pas refaite. L'habileté du diplomate n'a pas même empêché qu'une cession absolue de la Crimée à la Russie , ne soit devenue inévitable, et en fort peu de temps ; pour couper court aux difficultés renaissantes d'une judicature dogmatique (1). La prérogative imaméienne est donc toujours aussi subordonnée, aussi aveuglément soumise que par le passé. Il n'y a pas un chef républicain qui se fasse faute de violer la loi, au nom du salut public, et ne puisse obtenir ensuite un bill d'indemnité. L'Imam opposerait-
(1) Si le prince Guiraï céda ses Etats en 1781, et si la Porte reconnut cette cession plus ou moins explicitement en 1784; nous savons bien que la grande raison de Catherine, ce fut la force. Mais le motif diplomatique et plausible n'en venait pas moins de l'impuissance imaméienne. La preuve , c'est que les Tartares étant censés avoir apostasie d'eux-mêmes, sur ce qu'ils s'étaient donné ou laissé donner la czarine pour chef, et par-là n'étant plus musulmans ; le sultan alors put traiter de bonne foi, et se résigner selon son dogme et sa loi. Le traité de 1784 coûta moins d'heures à conclure qu'il n'avait fallu d'années pour celui de 1779- A vrai dire, la Porte se trouvait heureuse de biffer toutes les contentions précédentes, que nous appellerions inconstitutionnelles dans un gouvernement représentatif.
il le salut public à Dieu ; et s'il l'osait, qui pou rait l'en absoudre? La loi est donc le véritab souverain en Turquie. Elle règne sur l'iman au même titre divin que sur le croyant. Or cet souveraineté légale basée sur l'égalité dogmat que des croyans , n'admet que des agens à se service; sans un seul organe indépendant.
C'est pourquoi les souvenirs de l'Inde , < Thèbes et de Memphis évoqués à Constantin pie, ne sont que de révoltans anachronism< Au temps de la plus grande ferveur musulman une triste Idole n'a souvent qu'à grand' pei dérobé sa tête, à l'interprétation janissariale < dogme et de la loi. Les prétendus adoratei enfonçaient les portes du temple au nom de religion légale, et pénétraient dans le sanctuai un fetwa à la main. Les jours ne sont pas le encore, où Mahmoud vainqueur de sa farouc milice, était publiquement traité de giaour (i croyant) par les rues de sa capitale. Et l'opini était aussi décidée par tout l'empire, où elle taisait encore moins. Il est bien impossil après cela, de parler d'un gouvernement the cratique ni du pouvoir spirituel de Y imam . prême, comme du grand obstacle à la réfor de l'empire ottoman. Cela n'empêche pas si doute la suprématie du padischah, sur tous