LIVRE II. 7ï
pendant, et n'eussions - nous fait que préciser davantage les termes du problème ottoman y nous croyons qu'il y avait cela à faire d'abord. Mais après l'avantage d'une question bien posée, il n'est pas indifférent d'avoir à s'en prendre à un gouvernement ou à une loi. Contre la loi; le gouvernement doit offrir un point d'appui et des ressources , que l'on ne trouverait nulle part à l'encontre du gouvernement luimême. La différence est peut-être d'une révolution, comme l'on sait faire les révolutions en Orient. Par-là, bon nombre d'esprits tout-àfait décidés contre les chances d'une réforme en Turquie, à cause de la théocratie ottomane, pourraient se trouver moins résolus à l'endroit du dogme et de la loi de l'empire. Puis enfin s'il s'agit d'un dogme et d'une loi ; quel est ce dogme, et quelle est cette loi? Car il y a telle loi dogmatique qui n'empêche pas le progrès, ou ne l'empêche que dans une certaine mesure. L'on ne saurait nier, par exemple , que l'ancienne Europe n'ait été plus ou moins longtemps, pour sa politique, dans les liens d'une croyance religieuse. Or l'Europe nous en paraît, aujourd'hui, assez bien dégagée. On a dit qu'un triumvirat fameux avait fait prévaloir à 1* Convention nationale de France, un certain
dogme (i) pour principe unique du gouvern ment et des lois. Croit-on, à supposer le trion phe de la république évangélique, et nous 1 justifions pas l'hypothèse ; croit-on qu'il ser; à jamais impossible de réaliser aucun progrt sous cette forme politico-religieuse? Serait même si difficile, au besoin, de faire fiée] l'évangile républicain ? Croit-on que la Frac n'aurait pas eu raison de la dévotion des triui virs mise à l'ordre du jour, comme elle a raison de leur probité? Il n'y a point de coi paraison de l'Evangile au Coran, sans nul dou Nous ajoutons qu'après une théocratie, ce qi y a de pire au monde ; c'est une législation de matique, quel que soit le dogme. Toujours es qu'il y a dogme et dogme, qu'il y a loi et 1
(i) L'Histoire parlementaire ( M. Bûchez ) ensei même que si Robespierre et ses amis eussent p fessé le théisme évangélique, au lieu de la probité e\ déisme pur ; la république n'aurait trouvé ni un r thermidor ni un 18 brumaire. Or, Y école de M. 1 chez est une école progressive s'il en fut Et la pre avec le déisme pur, n'est-ce pas là un dogme au Cependant Robespierre, Couthon et Saint- Jus t éta au moins des hommes de progrès ; et l'on ne con lera pas à la Convention, qui a régué par eux et principe, d'avoir fait progresser la France.