‹ De l'empire Ottoman, de ses nations et sa dynastie, 1841-1845Chapitre 55 sur 245 · LIVRE II, CHAP. 3, DU CULTE. Ii · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAP. 3, DU CULTE. Ii

puisse s'acquitter dignement de cet office. L'Ezann cesse également d'être valide, s'il est annoncé ou par une femme, puisque la femme ne doit jamais être ouïe en public; ou par un homme en demeure, ou par un homme dans l'ivresse , ou par un vieillard décrépit , parce que la raison est chez eux trop affaiblie outrop'dé gradée. Le muezzim doit aussi être en âge de majorité, doué de vertu, de science et de doctrine, attendu que son office, qui a été exercé plus d'une fois par le prophète lui-même, est des plus nobles, des plus augustes, des plus saints (i). — L'ikameth n'est qu'une simple répétition de VEzann, à laquelle le muezzim lui-même est tenu avant toute prière faite en commun. Il doit seulement, après les paroles, «Venez au temple du salut :» ajouter celles-ci : « Certes , tout est disposé pour la prière. » Et cela, pour indiquer que Vimam est déjà placé à la tête de l'assemblée, et prêt à commencer le Namaz. Enfin, au moment que le muezzin profère ces paroles : « Venez à la prière ! » L'imam et toute l'assemblée doivent se lever sur pied ; et au moment qu'il articule celles-ci : « Certes , tout est disposé pour la prière! » on doit la commencer.

Art. 3. — Des règles et conditions du namaz en commun. Un Namaz en commun ne doit jamais avoir lieu que sous les auspices et la direction d'un imam placé à la tête de l'assemblée. Ces imams doivent être les plus distingués de toute l'assemblée, par leur instruction dans tout ce qui concerne le Namaz et

(i) H faut remarquer que la loi n'en i l'imam, et n'en pouvait dire davantage.

la loi n'en a jamaii dit autant pour j *

Il6 DE LA RELIGION, DOGME ET LOI.

le culte divin, et parleurs talens pour la musique vocale et la lecture du Cour'ann. Ils doivent encore être supérieurs aux autres, par la piété , l'âge, l'éducation, la prestance, la beauté , la naissance, la modestie et la propreté des vêtemens. Les premières de ces qualités doivent prévaloir graduellement sur les autres ; et si différens sujets se trouvent à la fois les posséder au même degré , l'assemblée a pour lors la liberté de choisir parmi eux l'imam qu'il lui plaît. C'est à l'imam à commencer la prière, en entonnant à haute voix le Tekbir. Tout le reste de la prière doit se faire également à haute voix, dans les Namaz du matin, du soir et de la nuit, comme dans l'office public des vendredis et des deux fêtes de Beyram. Mais la seconde et la troisième prière du jour doivent se dire à voix basse. L'imam doit être attentif à réciter lentement le Cour'ann dans le premier rikath de la prière , mais particulièrement dans celle du malin; afin de donner par- là pins de temps aux fidèles pour se réunir dans le temple du Seigneur. Le peuple doit écouler en silence cette récitation du Cour.'ann, et ne pas répéter les mêmes paroles. L'imam doit même se régler sur l'état et la position de l'assemblée, et se dispenser, dans le besoin , de faire une longue récitation du Cour'ann.

Le Namaz fait par une assemblée de femmes, sous la direction d'une autre en qualité d'imam, serait un acte blâmable aux yeux delà religion, quoique d'ailleurs valide et légal. Dans ce cas, il faut toujours que la femme qui présidera la prière, se place, non pas à la tête, mais au centre de l'assemblée. Les femmes ne doivent point prier avec les hommes, encore moins se trouver avec

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