LIVRE II, CHAP. 3, DfJ CULTE. l
Voilà donc le culle de l'islam ; si Ton y ajoute \ aumône, le jeûne et le pèlerinage/ Se peut -il un Rituel plus innocent ; à moins de professer le déisme pur, et de de'cre'ter, comme fit la Convention, que «le culte digne de l'Être-Suprême esl la pratique des devoirs de l'homme?» Nous ne parlons pas de l'ennui des prières corporelles, de la véritable fatigue de tout cet équilibrisme votif qu'on vient de lire. Mais à part cela: qu'est-ce qu'un pareil culte doit empêcher en Turquie? Quel changement et quel progrès seront arrêtés par la prière namaz ? Car le Rituel islamique, c'est le namaz partout et le namaz toujours; en son particulier, en commun, chez soi, à la mosquée, les vendredis, et dans les fêtes de Beyram. Et le namaz; c'est une prière, tout au plus une prière. Dans aucune circonstance de la vie ni de la mort, l'islam ne fait plus que prier. L'oraison pour les morts est peut - être un peu plus sympathique , un peu moins professionnelle que le namaz des vivans. Mais la prière que dit l'imam, à l'instant solennel où la tombe s'est fermée sur le croyant, est-ce autre chose qu'une profession de foi? Et se peut - il une profession plus catégorique , à Tencontre de tout pouvoir spirituel sur la terre? « Tu as reconnu Dieu pour ton seigneur, l'hkfz
l34 DE I*A RELIGION, DOGME ET LOI.
misme pour ta religion, Mohammed pour ton prophète, le Courann pour ton IMAM. » Dieu et l'islam, Mahomet et le Coran; voilà tout. Nous nous trompons ; il y a encore le Keabè de la Mecque, et tout-à-1' heure nous y reviendrons. La mosquée et son imameth ne sont rien ainsi dans la croyance dogmatique ; le livre de Mahomet, voilà l'imaineth divin! Dans l'islam ; le prêtre, c'est l'Evangile*
En ce sens, nous avons pu dire que le dogme islamique s'était fait culte; et c'est l'exacte vérité, aux deux ou trois variantes d'une prière el à quelques cantiques près. L'islam n'a point d'autre culte en propre. L'aumône, le jeûne et le pèlerinage en soi, appartiennent à la religion du Christ. La régularité militaire des exercices pieux, ne saurait témoigner d'une croyance en particulier. La rigueur des conditions et la subtilité des distinctions pour une prière valide , témoignent de la pauvreté même du culte. La négation du rituel islamique éclate surtout, dans le caractère matériel d'exigences Durement physiques, dépourvues d'un sens religieux quelconque, à tel point qu'un homme impotent doit s'abstenir de prier. Nous passons les dispenses et les instructions de la loi rituelle, qui y montrent si bien la place vacante