LIVRE II, CHAP. 3, DU CULTE. l
d'un sacerdoce. Comment parler de prêtres et d'Eglise pour l'islam, quand les croyans peuvent prendre l'iAlAM qu'il leur plaît de choisir; quand ce choix n'est subordonné, par la loi, qu'à des convenances de lecture et de musique, de piété, d'âge, d'éducation, de prestance, de beauté, de modestie, de naissance, de propreté dans les vétemens? Car il n'y a point de différence sérieuse entre l'imam de la prière publique à la mosquée , et l'imam de la prière en commun chez soi. L'imam public et l'imam privé ont le même titre religieux absolument. Il est vrai que l'imam public est choisi d'ordinaire, par l'administrateur d'un wacouff de la mosquée, selon la volonté rigoureuse du premier donataire ou propriétaire venu. Après*quoi, l'approbation du scheik-ul- islam est entièrement nominale (i). Mais la différence, à cet égard, serait encore en faveur de l'imam privé, qui aurait du moins la garantie d'une réunion de
(i) Ce que nous disons des imams? s'applique aux muezzims et aux cayims, bien entendu ; et l'approbation même du scheik-ul-islam n'est nécessaire à ces ministres de la religion que dans la capitale. Dans les provinces, Romélie on Anatolic; c'est aux kasi-askers que les imams et autres desservans de la mosquée s'adressent directement.
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fidèles plus ou moins nombreuse. Du reste, l'on choisît un imam en Turquie , pour sa famille ou pour soi, pour un voyage ou pour un temps donné, pour sa campagne ou sa maison de ville ; comme l'on prend dans la chrétienté un homme de confiance, un lecteur, une dame de compagnie.
Si la manifestation rituelle du dogme islamique se réduit à cela ; il faut bien convenir que l'islam n'a pas un dogme exigeant. Un pareil culte, encore une fois, n'est pas autre chose que la croyance pure et simple ; malgré les formules sacerdotales d'une version systématique. Faut -il mentionner le sacrifice pascal, lequel ne se fait pas même par un ministre quelconque de la religion ? Chacun l'accomplit pour soi, dans sa maison ; et le sultan (i) ne s'en acquitte
( i) L'identité du sacrifice par l'imam suprême ou les croyans, mérite d'être particulièrement remarquée; et c'est M. d'Ohsson qui en témoigne. « Chaque père de famille, en revenant delà mosquée, immole sa victime au milieu de la cour de sa maison. Ensuite il en coupe un morceau, le fait rôtir, en goûte avec sa famille et distribue le reste aux pauvres. Quelquefois les Grands et les personnes d'un certain âge, se font remplacer par leurs enfans ou les intendans de leur maison. » — « Le sultan remplit ce devoir en personne, toujours