LIVRE II, CHAP. 3, DU CULTE. l5l
où la discipline n'est plus de rigueur. Il y a tout autour de l'enceinte sacrée , et des deux côtés île la pierre noire, quatre mosque'es pour les quatre cultes dissidens qui vivent côte à côte dans l'islam. Voilà celte unité' qui a trompé tant d'observateurs vulgaires, et que Ton prend encore aujourd'hui pour la preuve d'un dogme tout-puissant.
Si les mosquées n'ont pu réaliser un culte spirituel , et par conséquent n'ont que peu ou n'ont point de culte ; sont-elles riches et puissantes comme l'on a dit, l'ont -elles été du moins? La chose était impossible encore. Sans parlerici des différens wacouffs, que l'on a confondus pour le plus grand profit du culte , comme s'il n'y avait pas de wacouffs pour tout en Turquie ; la mosquée n'a jamais eu qu'une possession nominale de ce qui était donné ou acquis, même pour l'entretien particulier de l'édifice rituel et de ses ministres. Les possesseurs
de ces quatre rits réputés orthodoxes. Ce sont, pour ainsi dire, quatre différentes chapelles, desservies chacune par quatre Scheicks, douze Khatihs, quinze Imams, soixante Muezzims et cent Delils. Ces derniers remplissent, dans le temple de la Mecque, les mêmes fonctions dont s'acquittent les cayims dans toutes les autres mosquées de l'empire.
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réels étaient le Metewelly et le Nazir, deux
personnages inhérens à tout wacouff, et librement choisis par Fauteur de chaque fondation. Le produit, capital ou revenu, restait ainsi trop souvent , aux mains de Y Administrateur et de Y Inspecteur au wacouff. Mais à supposer le vœu du fondateur fidèlement accompli, la mosquée n'en était guère plus riche au fond ; elle avait seulement plus d'imams, plus de muezzims et de cayims, jusqu'à des khatibs et des scheiks en plus grand nombre; elle était mieux entretenue peut-être ; car chaque wacouf avait d'ordinaire sa destination fixée d'avance, comme ses représentons déterminés par l'acte institutif. Si l'on ajoute à cette double loi du wacouff : i° que l'imameth n'a presque jamais été l'objet des choix individuels, ni pour Y administration ni pour Y inspection, à cause de la place infime des imams dans le corps des oulémas ; 2° que les prétendus biens des mosquées ont servi aux « écoles , aux bibliothèques , aux hôpitaux , et à d'autres établissemens qui entourent l'édifice rituel et quelquefois en dépendent ; on comprendra que les mosquées n'aient pu être ce qu'on a dit, à aucune époque de l'empire ottoman. On le comprendra d'autant mieux , que nous avons déjà expliqué, comment le collège