‹ De l'empire Ottoman, de ses nations et sa dynastie, 1841-1845Chapitre 79 sur 245 · LIVRE II, CHAP. 3, DU CULTE. l · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAP. 3, DU CULTE. l

des oulémas fournissait la plupart des administrateurs et des inspecteurs. Il est clair que de tout temps, le Professorat a dépouillé l'Imameth.

Cela montre bien, du reste, par où le professorat même et le corps entier des oulémas ont manqué la puissance, qu'on leur a si unanimement accordée dans tous les livres de l'Europe. Point d'administration générale et centralisée des wacouffs ; à chaque petite fondation, son Nazir et son Metewelly. Point de personnification légale des oulémas, qui possède, dispose et capitalise ; pour tel besoin, telle chaire, tel professeur, tel scheik, tel édifice en ruines, il y a un wacouff chargé d'y subvenir. Quant à l'excédant de la recette sur la dépense, comme l'on dit en Europe; personne n'avait rien à y voir, entre le Nazir et le Metewelly qui s'en arrangaient. Le collège des oulémas, sans doute, aurait eu plus d'un moyen de faire rendre gorge aux administrateurs ou inspecteurs infidèles. Mais d'une part, le choix de ce double personnage a été le plus souvent, une donation individuelle de ce qui restait après l'objet de la fondation rempli. D'autre part; les principaux oulémas jusqu'au mouphty inclusivement, n'avaient rien à se reprocher entr'eux, et s'acconw

luodaient à merveille de ce régime traditionnel des wacouffs. Les familles aiusi ont pu s'enrichir, il s'est fait de grandes fortunes parmi les oulémas; pendant que la corporation vivaitau jour le jour, recevant à grandpeine le nécessaire. On a vu des collèges dépérir presque à légal des mosquées (i), et leurs nombreux Nazirs ou

(i) On ne faisait plus même aux grandes mosquées de Conslantinople, les réparations nécessaires ; et cela depuis fort long- temps, bien avant l'administration impériale. M. Blanqui n'en signale pas moins avec la splendeur du culte, une mosquée bien entretenue dans chaque village. Ceci est un fait matériel sur lequel il n'y a point à discuter. Nous n'avons jamais visité aucune mosquée de village ; et nous croyons que M. Blanqui a fait une imprudence, en se risquant à pareille visite. Mais nous avons souvent et librement visité les mosquées de la capitale, que tous les voyageurs oni pu voir au surplus. Nous en appelons à leurs souvenirs, sur le délabrement de ces édifices, sur la pauvreté même de leur ornementation Nous en appelons notamment à leurs souvenirs, sur ces misérables chandeliers de cuivre que l'on retrouve partout ; sauf peut-être à la droite et à la gauche du mihhrab de Sainte-Sophie, où l'on peut voir deux énormes candélabres d'or massif, pris dans le Sac de Bude par Soliman. Et M. Blanqui appelle cela un culte splendide, dans un pays où la moindre cadine a toujours eu un écrin magnifique!

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