DU TRAVAIL
Le travail est prescrit à l'homme, comme un moyen de gagner sa vie et de pourvoir à ses besoins. Nul mortel n'en est exempt. Les prophètes eux-mêmes ont rempli cette obligation, chacun dans un genre différent.
Adam, notre premier père, était agriculteur, Noé était charpentier, et Abraham tisserand. David faisait des cottes de mailles, et Salomon des corbeilles de dattier. Zacharie faisait aussi le métier de charpentier; et Ebou-Beker le premier des caliphes, celui de tisserand.
Orner travaillait les cuirs ; Osman faisait le tftfic des comestibles ; enfin Aly, cousin et gendre du prophète, fut lui-même, dans son enfance, aux gages d'un maître pour gagner son pain. Ce devoir imposé à tout le genre humain, a d'ailleurs pour fondement cet oracle sacré : O mon serviteur! meus ti main, et les richesses y descendront en abondance. Cependant le travail, ou l'art
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d'acquérir les choses nécessaires à sa subsistance, offre à l'homme plusieurs carrières, les'unes plus excellentes que les autres. Elles forment quatre classes générales, selon Tordre de leur prééminence aux yeux de la religion, savoir:
i° L'art militaire , état qui a pour objet la défense et la propagation de la foi.
a0 Le commerce , profession chérie el estimée par le prophète qui a dit: le commerçant droit et juste est au rang des âmes les plus éleoées par la piété.
3° L'agriculture, également distinguée et encouragée par ces mots de l'apôtre céleste: l'agriculteur est récompensé par son dieu.
Et 4-° Les diffère n s arts et métiers, qui ne composent qu'une classe, et qui sont également recommandés à l'homme, surtout à l'indigent, par ces paroles sacrées : le travail, l'art, l'industrie, garantissent l'homme de la pauvreté»
Tout homme est obligé de se procurer, par le travail, le nécessaire pour soi, pour l'entretien de sa famille, et pour satisfaire à ses dettes religieuses et civiles* Il convient ensuite d'acquérir même du superflu pour se mettre en état de soulager les pauvres, et surtout d'assister ceux de ses parens et de ses proches qui languissent dans l'indigence.
Ces actes d'humanité sont recommandés par le prophète en ces termes : Le peuple est la famille de Dieu sur la terre ; et le fidèle le plus chéri à ses yeux, est celui qui est le plus utile à cette famille.
11 est enfin permis d'augmenter ses profits et sa for-
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tune , afin de pouvoir ajouter à une vie déjà aisée et commode, quelques agrémens extérieurs.
Rien de plus odieux que des trésors amassés par des voies malhonnêtes et injustes, et que l'emploi des biens à des objets de luxe, d'ostentation et de volupté ; quand même ces biens seraient légitimement acquis.
Voici la menace du prophète contre ces vicieux et mauvais riches : Celui qui accumule les biens de la terre dans un esprit de vanité ou de volupté, trouvera Dieu à son approche plein d'ire et de vengeance.
L'homme de bien qui gagne sa subsistance dans fa crainte du Seigneur, doit éviter les extrêmes : il doit se tenir dans un juste milieu entre la profusion et une économie sordide pour soi ou pour sa famille. Enfin, si un homme manque absolument de moyens pour gagner sa vie, il doit alors mendier plutôt que de s'exposer à mourir de faim.
Ce n'est cependant qu'à la dernière extrémité qu'il doit prendre ce parti affligeant C'est ainsi que pensait l'apôtre céleste, lorsqu'il disait : La mendicité doit être la dernière ressource de Vltamme. Réduit à cet état , on ne doit y attacher aucune idée de honte nî de déshonneur; attendu que plusieurs prophètes ont été dans le cas de mendier leur subsistance. Le coriphée des saints personnages, Mohammed lui-même, ne se vit-il pas un jour obligé de recourir à la table d'un de ses disciples ?