‹ De l'empire Ottoman, de ses nations et sa dynastie, 1841-1845Chapitre 84 sur 245 · DE LA PROBITÉ · texte numérisé non relu

DE LA PROBITÉ

La probité , l'intégrité , la droiture , doivent être l'âme de toutes les actions d'un musulman. Il ne peut jamais rien acquérir que par des voies légitimes. La jouissance de tout bien acquis injustement, est tellement criminelle et odieuse aux yeux du Créateur, qu'il n'est pas même permis de rien recevoir en présent de quelqu'un reconnu pour un homme vénal , injuste et concussionnaire.

DE LA PUIJEUR.

Les lois de la pudeur défendent à tout musulman de jeter les yeux sur certaines parties du corps , soit de l'homme , soit de la femme , à moins d'une nécessité indispensable.

Hors de tout ce que la pudeur doit couvrir d'un voile épais , l'homme peut regarder l'homme , et la femme peut regarder la femme ; mais si leur imagination vient à s'égarer, ils doivent aussitôt fermer les yeux pour ne pas exposer leur cœur aux dangers de la 1. ii

tentation. L'homme cependant ne pèche pas, s'il voit à découvert sa femme ou son esclave légitime.

11 est néanmoins de la décence de détourner les regards de certaine partie du corps. Akché avoua ellemême s'être lavée souvent au bain avec le prophète son mari , tous deux se servant de Peau de la même urne; mais sans que ni l'un ni l'autre, disait-elle, nous nous fussions jamais pus. Voici d'ailleurs ce que le prophète ordonne : Lorsque vous vous approcliez de oos femmes, couvrez-vous l'un et l'autre, autant qu'il vous est possible , car les regards alors énervent l'âme et en affaiblissent les facultés (i).

Malgré les droits légitimes qu'un patron a sur ses esclaves, il est tenu aux mêmes réserves. On sait qu'il peut avoir commerce avec elles, quand même il serait marié avec quatre femmes de condition libre. Cette loi en faveur des patrons est appuyée sur l'exemple de notre saint prophète, qui, quoique marié à plusieurs femmes, habitait aussi avec ses esclaves. Ibrahim fut le fruit de son commerce avec Meryem.

11 n'est pas interdit au musulman de regarder sa fille , sa sœur , sa tante , enfin toute proche parente , mafihrem, qui serait à un degré prohibé pour le mariage, lorsqu'elles sont vêtues décemment.

A moins d*être très -proches parens, il est défendu aux femmes de se montrer aux hommes, et aux hommes de regarder les femmes.

L'homme ne doit jamais toucher la main, moins encore le visage d'une femme.

(1) Il y a loin de là, comme Ton voit, à tout ce qu'on a imaginé sur le harem islamique.

1JVRE II, CHÀP. ^ DE LA MORALE. l63

Les femmes ne peuvent entreprendre aucun voyage, sans être dans la compagnie et sous la garde de leurs époux , ou d'un proche parenl. Les esclaves y sont également obligées.

Un esclave ne doit jamais se permettre de voir le visage de sa maîtresse. Les eunuques, /toussa, et même ceux qui sont entièrement mutilés, medjhboub, ne doivent jamais avoir aucune fréquentation avec les femmes.

Enfin les hommes eux-mêmes doivent être scrupuleusement attentifs àtie se permettre jamais entre eux, rien de contraire aux lois de la chasteté et de la pudeur.

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