‹ De l'emploi de l'acide chlorhydrique à hautes doses dans certaines affections de l'estomacChapitre 3 sur 32 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

« Les affections stomacales tiennent une telle place dans la pathologie humaine; elles sont si grosses de conséquences directes ou éloignées que tout ce qui les concerne présente un intérêt pratique de premier ordre. » (Hayem).

À partir de la communication de Kussmaul (1868) au Congrès des médecins allemands de Francfort, grâce à l’avènement de l’antisepsie qui a rendu plus faciles les opérations de fistules gestriques (Blondlot, CI. Bernard), l'étude du chimisme stomacal accapare l'attention de nombreux savants.

La nature du principe acide de l'estomac n'est plus guère contestée et l’acide chlorhydrique reste victorieux de ses nombreux concurrents.

Depuis longtemps déjà, on employait les acides et en particulier l’acide chlorhydrique dans le traitement des dyspepsies. Mais on était peu fixé sur son utilité ; les doses et son emploi étaient tout empiriques ; il régnait une grande incertitude sur son mode d'action.

L’acide chlorhydrique d’une façon générale donna de bons résultats dans certains états gastriques.

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Son mode d’action fut alors minutieusement étudié ; son utilité dans certains états pathologiques de l’estomac se dégagea des expériences entreprises ; seules, les doses à formuler divisèrent encore les auteurs.

Bientôt la digestion intestinale vint supplanter la digestion stomacale. La véritable digestion se fait dans l'intestin, on peut à la rigueur se passer de l'estomac.

Ceci peut être vrai théoriquement. Mais le tube digestif, ce long conduit qui va de la bouche à l’anus montre le long de son trajet des glandes à sécrétions bien spécifiées : une ampoule, l'estomac, à fonction déterminée, et les études nous prouvent que les altérations des sécrétions glandulaires non seulement amènent un trouble local, mais peuvent encore avoir une répercussion sur les sécrétions fcurnies par les glandes placées plus bas.

Cette action des sécrétions glandulaires les unes sur les autres ont montré la nécessité d’un chyme acide pour le bon fonctionnement des glandes sécrétoires dont les produits sont nécessaires à une bonne digestion intestinale.

Etudier la valeur du traitement de certaines dyspepsies par l'acide chlorhydrique ; mettre en évidence l'utilité de son administration, son mode d'action, tel est le but de notre travail.

Stagiaire dans le service de M. le professeur Lcpine, nous avions remarqué à différentes reprises les doses assez fortes d'HCI que l’éminent maître ordonnait. Notre attention, éveillée, fut entretenue par notre ami, le docteur Tournier, qui a bien voulu, pour notre tra-

vail, encouragé par lui, nous faire profiter de ses patientes recherches sur la patholocie stomacale.

Les observations que nous publions sont toutes celles de sa pratique à l'hôpital, dans l« service de M. le professeur Lépine, ou de sa pratique personnelle. Elles démontrent que l’administiation de l'acide chlorhydri que à certaines doses à une action curative certaine.

Après un historique de la question, nous étudierons le mode d'action de l'acide chlorhydrique sur la motricité de l'estomac, sur la digestion gastrique, sur les sécrétions, son influence sur la digestion intestinale.

Nous publierons les observations de différents cas traités.

Nous donnerons ensuite les indications ainsi que les contre-indications de l'emploi d'HCI en pratique et nos conclusions viendront terminer ce travail, que nous avons essayé de rendre aussi complet que possible,

Arrivé au terme de nos études, nous sommes heureux d’avoir l'occasion de témoigner notre reconnaissance à tous les maîtres qui ont contribué à notre éducation médicale.

Et d'abord que M. le professeur Lépine nous permette de lui exprimer notre gratitude pour la bienveillancé qu'il nous a prodigute comme stagiaire dans le service. En acceptant la présidence de notre thèse, il nous a donné une preuve nouvelle de l'intérêt qu'il porte à ses élèves et il nous a fait contracter une dette de reconnaissance que nous ne pourrons jamais acquitter:

Nous n'oublierons jamais les judicieuses démonstrations et nous mettrons toujours à profit l'enseignement

Da" précieux de MM. les professeurs Bondet, Ollier, Poncet, Gayet et Gailleton.

M. le docteur Tournier, ex-chef de clinique à la Faculté, après avoir été pour nous un maître aussi dévoué que bienveillant pendant tout le cours de nos études, a bien voulu nous inspirer le sujet de notre thèse inaugurale et nous aider de sa vaste érudition, sans laquelle nous n’aurions pu mener à bien notre modeste travail. Qu'il veuille bien croire à notre plus profonde gratitude.

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