‹ De l'emploi de l'acide chlorhydrique à hautes doses dans certaines affections de l'estomacChapitre 7 sur 32 · Partie expérimentale · texte numérisé non relu

Partie expérimentale

De la discussion sur la nature de l’acide du suc gastrique rien de bien précis ne s’était dégagé. Après Bidder et Schmidt beaucoup tenaient pour l’acide chlorhydrique: mais douze auteurs plaidaient encore pour l’acide lactique et deux pour l’acide phosphorique.

On étudia alors l'action d'HCI sur les phénomènes chimiques de la digestion et on chercha à savoir en plus de quelle façon il influençait le fonctionnement de l’estomac au point de vue de la sécrétion et de la motricité.

Les expérimentateurs furent nombreux ; mais leurs conclusions se contredisent fréquemment.

C’est en Allemagne que les premières études furent entreprises.

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Jaworsky (1) le premier recherche l’action des acides sur les fonctions de l’estomac.

L'auteur a expérimenté avec HCI sur sept personnes. Pour cela, il introduisait de 100 à 500 c. c. d’eau acidulée à 3 0/0 dans un estomac à jeun : dans un cas, il a même employé 12 gr. d'HCI diluës dans 400 gr. d’eau.

Jaworsky conclut que l’emploi d'HCI provoque la sécrétion de la pepsine; que le pouvoir digestif atteint son maximum quand l'acidité est considérable. Expérimenté dans des cas d’hypersécrétion, HCI à amené la diminution de la sécrétion de l'acide.

Bourget (2), deux ans après, d’après l’observation de 63 malades, conclut aussi à la nécessité de HCI pour accomplir la digestion des albuminoïdes et à son action certaine sur la sécrétion de la pepsine:

Dans des estomacs atteints, de carcinome, il a toujours vu la digestion se faire et la pepsine sécrétée, alors qu’il faisait absorber une solution d’'HCI à 8 0/0. De même, dans 40 cas de gastrite subaiguë ou chronique.

Pour Jui c'est avec des solutions à 2,5 ou 3 0/00 d’'HCI qu'on obtient les digestions les plus complétes et les plus rapides.

L. Georges (3), dans ses expériences propres à éclairer la thérapeutique de la dyspepsie, fait ressortir la nécessité d’un suc gastrique acide. Le but de ses recherches consistait surtout à déterminer quelles

(1) Zeit. f. Klin. med.; Bd XI, 1886.

(2) Rev. de la Suisse romande.

(3) Archiv. de Méd. expérimentale, 1890.

s sont les proportions de pepsine, d’acide nécessaires pour obtenir le mélange le plus digestif.

Il conclut : « Pour obtenir artificiellement une « bonne digestion de l’albumine de l’œuf cuit dur et « de la chair musculaire cuite et crue, il faut em- « ployer un suc digestif renfermant une forte pro-

:« portion d’'HCI et une quantité minime de pepsine. « HCI doit être employé en solution diluée ; et le suc « artificiel ainsi composé en quantité assez considé- « rable. »

La solution préconisée est celle à 4 0/00. Dans une deuxième série d'expériences, il analysa des liquides gastriques de malades et donna HCI dans les cas où ce dernier manquait. 142 liquides provenant de 69 malades furent examinés.

Sur 21 liquides gastriques provenant de 8 malades chlorotiques, 18 fois le liquide ramené n'avait aucune puissance digestive; deux fois, un pouvoir digestif léger ; une seule fois, un nouvoir digestif suffisant. L’addition d'HCI à ces liquides a été favorable dans 12 cas et ce sont les solutions à 4 et à 6 0/00. qui ont eu l'effet le plus utile.

De 9 individus atteints d’ulcère rond, 29 liquides furent examinés : 19 avaient un pouvoir digestif excellent ; 10 fois ce pouvoir était nul. L’addition de HCI à 4 0/00 a amené 6 fois une digestion où il n’y en avait plus.

Seul HCI peut avoir dans certains cas une action curative certaine dans la dyspepsie d’ordre chimique, primitive ou secondaire,

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Thoyer (1) confirma les conclusions de Georges et démontra que la digestion commence avec des solutions à 4 ou 5 0/00, est très accentuée avec une solution à 10 0/00, mais diminue et n’a plus ïieu avec des solutions plus fortes.

MM. Hayem (2) et Gilbert ont fait des recherches sur le chien. Ces auteurs introduisaient 200 c. c.. d'une solution d’HCI à 8 0/00 en même temps que 200 gr. de viande dans l’estomac d’un chien à fistule gastrique.

Dés le premier quart d’heure, on constate une excitation du processus stomacal, qui se poursuit jusqu’au bout de la première heure; T. C. A. sont augmentés. L'augmentation de A n’est pas due à H, qui reste nul, mais aux combinaisons acides du chlore.

Au bout d’un quart d'heure, HCI a déjà disparu.

Après la première 1/2 heure, le liquide est abondant, puis il diminue progressivement. M. Hayÿem a aussi constaté chez des hypopeptiques, auxquels il avait ordonné des dilutions faibles d’'HCI à ingérer peu de temps après le repas, un relèvement du processus digestif caractérisé par une augmentation de la chlorurie et un accroissement dans la formation des produits chloro-organiques.

Quand HCI libre fait défaut, on ne le voit pas réapparaître ; mais sa proportion est susceptible d'augmenter dans le cas où elle est simplement très affaiblie.

(1) Soc. de biologie, 1891.

(2) Lecons de thérap., {. IV.

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L’acidité totale est irréguliérement influencée. Chez les malades, on observe habituellement, après une cure plus ou moins prolongée, une augmentation dans la sécrétion stomacale.

Du Mesnil (1) fit absorber des solutions d'HCI à des sujets dont l’estomac était sain en même temps qu'un repas d’épreuve d'Ewald. Il note une exagération de la sécrétion chlohydropeptique ; mais il ne faut pas dépasser 12 gouttes en moyenne : à dose plus forte, l’acide entrave la sécrétion peptique.

Riegel (2) a vu dans un cas l'acide chlorhydrique réapparaître au bout de six semaines de traitement par HCI.

‘André Petit (3) a vu les troubles digestifs cesser presque complètement chez un malade atteint de carcinome gastrique et la nutrition générale se relever sous l'influence du traitement chlorhydrique.

Reichmann et Mintz (4), dans leurs expériences sur 5 malades, ont vu chez les uns une augmentation de la sécrétion, chez les autres une diminution.

Khigine (5), recherchant quel était le stimulant de la sécrétion gastrique, introduisit chez des chiens 300 c. c. de solution d'HCI depuis 0,100 0/0 jusqu’à 0,511 0/0. Il fit sept expériences ; quatre fois, il y eut une faible sécrétion. Celle-ci commençait toujours très tard et durait en moyenne 36 minutes.

Deutsch. med. woch., 1889. na

) ) Loc. cit.

) Gaz. hebd. de méd. et de chirurgie, 1888.

t. LIL, 1895.

Ne

Le suc gastrique pur (acidité 0,529 0/0) n’amena aucune sécrétion, excepté du mucus.

Il conclut que ni HCI, ni le suc gastrique ne possèdent la faculté de provoquer la sécrétion du suc gastrique. Les effets qu’ils produisent Dents même pas ceux de l’eau distillée.

Pour Wolf (1), l’ingestion de solution d'HCI n’augmente pas l'acidité de l'estomac dans le cas d’insuffisance d'acide mais aide à la peptonisation.

L'influence d’'HCI sur la motilité de l'estomac a donné lieu à de nombreuses recherches et, là encore, les avis sont différents. Le mécanisme de l’évacuation de l'estomac n’est du reste pas très connu. Si pour Ch. Richet, l'estomac évacue son contenu brusquement et d’un seul coup, pour Cahn, Hirsch, Ewald, Boas, l’évacuation se fait à intervalles plus ou moins rapprochés; pour Gallois, d’une façon continue.

On sait que le maximum de l'acidité du contenu stomacal est atteint vers la 2e ou 3e heure après le repas. Ewald et Boas ont noté que l'augmentation de l'acidité gastrique paraît exciter l'estomac ; cependant — Riegel a fait la même observation — un degré d’acidité trop fort retarde notablement le passage du chyme. Pour Hirsch, c’est surtout la consistance liquide des aliments chymifiés qui semble provoquer l'ouverture du pylore.

Jaworsky (2) avait noté dans ses expériences que

(1) Archiv. [. Klin. med., bd. XVI.

(2) Loc. cit,

l'acidité du contenu de l'estomac provoquait des mouvements de cet organe et du duodénum.

Klemperer (1) a introduit dans l’estomac une quantité de magnésie suffisante pour neutraliser toute trace d’acide : dans ces conditions, les mouvements de l’estomac ont êté icut aussi énergiques. « J’ai constaté en outre, dit-il, qu’une trop grande acidité pouvait entraver les mouvements de l’estomac. »

Leube, essayant d'obtenir le passage dans le duodénum du contenu de l'estomac après la 7° heure, en augmenta artificiellement l'acidité. Sur des chiens, il tripla l'acidité normale du suc gastrique : le pylore resta immobile.

Pour Oppenheimer (À) la dilatation du pylore serait une fonction de l'intestin.

Le type des mouvements de l'estomac sollicita les recherches d’un grand nombre d’auteurs.

Schiff (3) Hofmeister et Schütz (4) Pfungen (5) Rossbach (6) Moritz (7) établirent que l'estomac ne présente pas un type unique de mouvement et que celui-ci varie dans les diverses régions. Les différences sont légères en ce qui concerne les portions du cardia et du fond, maïs le mouvement prend dans l’antre pylorique un type essentiellement individuel.

(1) Soc. de méd. int., Berlin 1888.

(2) Deutsch. med. Woch.; 1892, n° 49.

(3) Leçons sur la physiologie de la digestion ; Paris, 1868, t. 11 (4) Archio. f. exp. Path., XX, 1886.

(5) Centralb. f. Phys., 1887, vol. 1.

(6) Deutsch-archiv. [. Klin. med.; 1889, V, XLVI.

(7) Zeit f. biol., 1895.

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Ducceschi (1) outre le type des mouvements, étudia l’effet les excitations chimiques sur la muqueuse stomacale.

Il employa HCI en solutions de 1 à 5 0/00, en quantité de 30 à 50 c. c.

« Aux régions du cardia et du fond, mais plus « spécialement dans la première, HCI a des effets « excito-moteurs très évidents, strictement propor- « tionnels au titre de la solution et qui peuvent arri- « ver jusqu’à la production de mouvements péris- : « taltiques typiques.

« À l’antre pylorique, les résultats sont très diffé- « rents. L'introduction de quelques c. c. d'HCI à 1 0/0 « détermine déjà un ralentissement dans le rythme «des contractions ; les solutions, jusqu’à 4 0/0, en « désordonnent en outre le cours et en affaiblissent « l'intensité toujours d’une mauière proportionnelle « à leur titre : un liquide contenant 5 0/0 d’HCI peut « arriver Jusqu'à amener l'arrêt des contractions, uni « ou non à un abaissement du tonus. Assez souventon « observe, même avec des solutions relativement lé- «gères, l'apparition de mouvements du type antipé- «ristaltique.

Ce mode antagoniste de se comporter de l’antre du pylore, comparativement aux autres régions, à la suite de l'excitation produite par l’HCI, est constant.

Battelli (2), pour sa Thèse inaugurale, entreprit

(1) Archiv. ital. de biol.; t. XXVII, 1897.

(2) Thèse, Genève 1896.

At l'étude des substances qui peuvent avoir une influence sur les mouvements de l'estomac.

Dans les recherches sur l’action de l'acide chlorhydrique, il s’est servi d'animaux à jeun pour que dans la cavité stomacale il n’existât pas de suc gastrique actif. « L'acide chlorhydrique produit une « certaine élévation du tonus musculaire de l’esto- « mac, maisil est incapable de produire de vrais « mouvements péristaltiques. Cette contraction des .& parois stomacales est passagère et se produit « même quand les nerfs pneumogastriques sont « sectionnés, ce qui ferait supposer que l'HCI agit par irritation locale.

« L’excitabilité des nerfs vagues ne paraît pas mo- « difiée par l'introduction d'HCI dans l'estomac.

MM. Ch. Roux et Balthazard (1) étudièrent après Battell (2) les mouvements de l'estomac en employant les rayons Rœntsen. Pour ces auteurs, la région pylorique est vraiment l’organe moteur de l’estomac ; par des mouvements péristaltiques violents et périodiques de cette région, les matières accumulées dans l’estomac sont peu à peu chassées dans le duodénum.

Recherchant les causes qui peuvent provoquer ces mouvements, MM. Roux et Balthazard firent quelques essais avec une solution d'HCI à 3 0/00. Comme avec une solution de peptone, 1l se produit immédiatement une sécrétion abondante persistant jusqu’à ce que le contenu de l’estomac soit réduit en une pâte

{1) Soc. de biol., 1897, et Archio. de phys. norm. et path., janvier (2) Académie des Sciences, juin 1896.

re Ne homogène. La solution de peptone fait apparaitre les contractions de la région prépylorique au bout d’un quart d'heure tandis que la solution d'HCI ne les provoque qu’au bout de trois quarts d'heure environ.

Voici quelques expériences rapportées par les auteurs dans leur travail :

Expérience du 4 juin

Grenouille à jeun reçoit 1/2 centim. c. d’albumine coagulée à 5 h. moins 20 m.

A 5 h., l'estomac étant immobile, on fait avaler un c. c. d’une solution d'HCI à 1 0/00.

À 5 h. 10 m., contractions énergiques de la région prépylorique ; l’estomac commence à s’évacuer.

Une grenouille témoin, qui avait reçu 1 c. c. d’eau au lieu de la solution d'HCI, ne présente aucun mouvement de l’es-

tomac.

Expérience du 24 juin

Chien à jeun reçoit, à 3 h., 50 gr. de viande crue, hachée, mêlée à 15 gr. de bismuth

20 minutes après, l'estomac ne présente ni contraction, ni évacuation. On fait alors ingérer 100 c. c. d’une solution d'HCi à 3 0/00.

Jusqu'à 4 h., pas de contractions, mais couche de liquide, apparue aussitôt après l’ingestion de la solution et qui augmente progressivement de hauteur.

A 4 h., les contractions de la région prépylorique apparaissent ; l'évacuation commence, les contractions persistent et l'évacuation continue de la même manière.

Expérience du 25 juin

Chien à jeun reçoit, à 3 h., 50 gr. de viande crue, hachée, mêlée à 15 gr. de bismuth.

A 3 h. 15 m., on lui fait avaler 15 gr. de peptone dissous dans 100 c. c. d'HCI à 3 0/00.

Cinq minutes après, couche de liquide surnageant la viande.

A. 3 h. 30 min., les contractions apparaissent, la couche de liquide s’est encore accrue.

A 3 h. 50, l'évacuation commence, la couche de liquide diminue.

À 4h. 10, les contractions, qui ont cessé pendant 5 min. reprennent plus nettes. La couche de liquide s’efface de plus en plus, à mesure que le contenu de l'estomac devient plus pâteux.

À 4 h. 35 m., le liquide a disparu, le contenu de l’estomac forme une masse pâteuse.

À 4 h. 45, les contractions et l'évacuation continuent.

En résumé les expériences dans lesquelles on a été amené à conclure que l’HCI augmente la motricité stomacale sont moins nombreuses que celles dans lesquelles on à été amené à admettre qu'elle la diminue.

Mais ce que tous s'accordent à reconnaître à HCI, c’est son action antiseptique, antifermentescible. Remarquée par Spallanzani cette propriété est la seule qui fasse préconiser par tous l’acide chlorhy-

ER TE drique dans les dyspepsies s’accompagnant de fermentations secondaires.

Cohn a étudié l’action du suc gastrique sur la fermentation acétique et lactique. En présence de traces d’'HCI, la fermentation acétique s'arrête.

Plus de 0,7 070 d’HCI suffisent pour empêcher la fermentation lactique.

Buckholtz a noté qu’à 0,66 0/0, HCI retarde le développement des bactéries et le supprime à 1,32 0/0.

Strauss et Wurtz ont étudié l’action du suc gas-: trique sur les microbes de la tuberculose, du charbon, du choléra, de la fièvre typhoïde.

L’injection sous-cutanée de culture de tuberculose soumise à l’action du suc gastrique de chien pendant 18 à 36 heures ne détermine plus aucune lésion

Le bacille du charbon, les spores sont détruits au bout d’une demi-heure; le bacille d'Eberth au bout de deux heures, de même la spirille du choléra.

Gilbert (1) a remarqué que l’action d’une solution d’'HCI n’est plus la même si on la fait agir sur le microbe ou sur un bouillon de culture. Expérimentant sur la bacille d'Escherich, il note qu’une solution d’'HCI à 0,193 0j0 le tue en un quart d’heure ; dans le bouillon, une solution à 0,240 00 gêne seulement son développement, et il se développe abondamment avec une solution à 0,209 O0. L'auteur en conclut que, la plupart du temps, le milieu stomacal n’est pas une défense suffisante contre les microbes pathogènes.

(1) Soc. de biol. 1894.

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Alapi (1) a constaté que l’estomac d’un homme sain ne contient Jamais les germes vivants de la suppuration. Lorsque le contenu stomacal est rendu alcalin, les microbes passent tout vivants dans l’intestin.

Hamburger (2) a constaté que les sucs gastriques contenant HCI libre ont sur les bactéries pathogènes de la fièvre typhoïde et du choléra une action antiseptique notablement plus énergique que ceux dont tout l’acide est combiné. Si on neutralise l’acidité du suc gastrique on constate qu’il perd tout pouvoir antiseptique.

Kabrehl (3) a noté que les solutions d'HCI ontune action bactéricide énergique sur le bacille typhique et surtout sur celui du choléra. Si on ajoute à ce suc gastrique artificiel de Palbumine sous forme de fibrine, HCI s’y combine et le pouvoir bactéricide du milieu est bien moindre.

A. Charrin (4) a étudié l’action des sucs digestifs sur les poisons microbiens, entre autres l’action d’HCI sur le bacillle de Léœffier.

1re Expérience. —Il fait agir durant 48 h. à l’étude HCL à 3 010 sur le produit du bacille de Leeffler. |

On voitse former un précipité que la neutralisation redissout

(1) Sem.med., 1889.

(2) Centralb. f. Klin. med,, 1890.

(3) Archiv. f. Hygiene, 1890.

(4) Les défenses de l'organisme. — Archiv. de physiol. norm. et pathq.; janvier 1898.

On injecte à un cobaye ce produit ainsi traité : ce cobaye succombe 24 h. après le témoin.

Re Expérience. — Un cobaye reçoit sous la peau le dépôt que détermine HCI, dépôt formé dans un volume de sécrétion bacillaire cinq fois supérieur au volume qui tue en une à deux journées : Ce cobaye six jours après est vivant, alors que le témoin a succombé dès le surlendemain de l'injection.

« Ces résultats semblent indiquer que cet HCI a « une légère infiuence modificatrice dans le sens de « l’atténuation ; ils paraissent en outre révéler le peu « de toxicité du précipité provoqué par HCI.

Malgré ces expériences, l’acide chlorhydrique ne jouissait pas d’une grande faveur dans la thérapeutique stomacale. Si les Allemands se montraient très enthousiastes, en France les savants étaient indécis et HCI n’était guère ordonné que dans les dyspepsies avec fermentations secondaires, surtout après les remarquables travaux de M. le professeur Bouchard.

En plus, la digestion stomacale perdait beaucoup de son importance.

On considère aujourd’hui le travail de l’estomac surtout comme un trayail préparatoire ; c’est l’intestin qui doit achever et parfaire un travail qui n’a été qu'ébauché. L’affaiblissement marqué du pouvoir digestif de l'estomac n'est grave que lorsque la sécrétion stomacale est sous la dépendance d’une lésion destructive des glandes, qu'il est difficile de supposer isolée de toute lésion des tuniques musculaires, de l'appareil digestif, intestin et pancréas (Mathieu).

A l'appui de ces vues nouvelles, on extirpa l’estomac chez des chiens qui continuëérent à se bien porter et l’on fit remarquer que l’on rencontrait assez fréquemment une bonne digestion chez des personnes saines quoique leur suc gastrique fût d’un faible pouvoir digestif.

A la clinique du professeur Krænlein, de Zurich, M. Schlatter vient d’extirper totalement l'estomac d’une malade atteinte de carcinome.

L'opération réussit; la malade a repris 6 kilogs depuis son opération et, d’après M. Hofmann, les échanges sont tout à fait normaux (1).

La digestion intestinale supplantant la digestion stomacale, c'est de ce côté que se portèrent les recherches contemporaines.

Le suc gastrique ou plutôt le chyme élaboré dans l'estomac n'avait-il pas une action sur la sécrétion des sucs intestinaux grâce à son acidité.

Déjà Tiedmann, Gmelin, Leuret, Lassaigne, Brachet avaient vu constamment le suc intestinal, la bile, le fluide pancréatique affluer abondamment, lorsqu'ils appliquaient une substance irritante, telle que l’eau vinaigrée, sur la surface muqueuse et près des orifices des conduits cholédoque et pancréatique.

Boas en 1890 insiste sur les troubles que les altérations chimiques du suc gastrique pouvaient appor. ter dans la digestion intestinale. Quand il y a excès d'acide dans le suc gastrique, cela entraine la pré-

(1) Sem. méd., 1898.

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cipitation de la trypsine et des acides biliaires, d’où entrave considérable à la digestion intestinale des graisses. De même la digestion des matières amylacées est aussi très défectueuse.

Quand il y a anachlorhydrie, si, en même temps, il y a formation d'acides gras dans l'estomac, la bile se putréfie rapidement par suite de l’absence d'HCI ; de là météorisme, diarrhée ou constipation.

Becker en 1893 montra que l'introduction dans l'estomac des solutions alcalines détermine constamment une moindre sécrétion du suc pancréatique.

Gottlieb en 1894 fit ressortir que l’ingestion dans le tube gastro-intestinal des lapins d’irritants locaux, tels que huile de moutarde, solutions plus ou moins concentrées d'acides etc., détermine un accroissesement sensible et parfois fort prononcé du travail sécrétoire du pancréas.

C’est à Dolinsky, qu’il appartenait de démontrer l'influence certaine du chyme acide sur la sécrétion du principal liquide intestinal, le suc pancréatique.

En même temps que Khigine donnait la peptone comme excitant de la sécrétion gastrique; Dolinsky démontrait que les solutions, les aliments ou le chyme acides provoquaient toujours l’activité sécrétoire du pancréas. (1)

(1) Archiv. des Sciences biol. de l'Inst. imp. de St-Pétersbourg ; t, III, 1895.

Solutions acides

Sur des chiens en expérience, Dolinsky créa une fistule du conduit pancréatique et fit absorber à ces animaux bien rétablis et assez alertes des solutions d'HCI de différents degrés d’acidité.

La sécrétion du suc pancréatique est plus active ei sa quantité dépend manifestement du degré de l’acidité de la solution introduite.

Le suc pancréatique sécrété pendant une heure se chiffrait ainsi :

Sol. à Sol. à Sol. à 0,5 0/0 0,1 0/0 0,05 0/0 1° quart d'heure 70,8 c. c. » »

Les limites de l’acidité du suc gastrique n’avaient pas été dépassées et l’auteur fait observer qu’en élevant avec précaution l’acidité même au-dessus de 0,5 0/0 on pourrait aboutir à une sécrétion pancréatique encore plus active.

Dans tous les cas sans exception, la sécrétion du suc pancréatique a été augmentée et la quantité du suc sécrêté a dépendu du degré d’acidité de l'agent introduit.

La glande pancréatique semblait indifférente à la nature de la matière alimentaire ingérée dans l’es-

bi = tomac mais elle était loin de rester indifférente au dégré de son acidité.

Le suc gastrique provoqua une sécrétion pancréatique très énergique qui ne céda point à celle qui suit l’ingestion d’HCI.

Les aliments neutres ou alcalins n’eurent aucune influence sur la sécrétion du pancréas.

L’acidité du contenu stomacal provoquant la sécrétion du pancréas, Dolinsky fit la contre épreuve en rendant neutre ou alcalin le chyme.

Chaque fois qu’on neutralisait, au milieu de la sécrétion pancréatique la plus active, l’acidité du contenu stomacal, la quantité de suc pancréatique diminuait considérablement.

L'appareil nerveux de laglande pancréatique possèderait donc en fait d’irritants, spécifiques laréaction acide, stimulant très énergique.

Schirokikh confirma les résultats obtenus par Dolinsky (1).

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