‹ De l'emploi de l'acide chlorhydrique à hautes doses dans certaines affections de l'estomacChapitre 6 sur 32 · D URA · texte numérisé non relu

D URA

OBSERVATION A. Ewald (Berlin. Klin. Woch., 1892) Atrophie de la muqueus? gastrique. — Anachlorhydrie

Jeune homme 29ans.Troubles gastriques depuis 2 ans 1/2.

Jamais son estomac ne contient ni HCllibre ni pepsine, ni peptone ; il rend tel quel le repas d'épreuve.

A la suite d’un traitement comprenant un régime alimentaire approprié, la faradisation interne de l'estomac et l'ingestion quotidienne de 1/2 à 3/4 de litre d’une solution d'HCI à 5 0/09, les forces sont revenues et il a augmenté en poids de 21 kgs.

Malgré l'administration, AR ans {/2, de 3 à 4or. d'HCI par jour l’absence de sécrétions glandulaires est toujours aussi absolue quels que soient les aliments ingérés. Il y a anachlorhydrie totale.

Plessner, Hitzig (1), chez des morphinomanes privés de leur poison, avaient remarqué que tous accusaient entre autres symptômes un sentiment de brûlure dans le dos. Les auteurs admirent que le passage continu de l’alcaloïde dans l’estomac altérait les sécrétions de la muqueuse et que la cure d’abstinence les modifiait brusquement en sens contraire. Il y aurait alors une suracidité du suc gastrique, mais une suracidité relative.

Ils ordonnèrent HCI.

Sur 15 morphinomanes traités par Plessner, le résultat fut bon. Exc2pté chez un malade, qui avait un ulcère de l’estomac, cette médication a eu pour

(1) Berl. klin. woch.; déc. 92, fév. 93.

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résultat de faire disparaître la mauvaise bouche, la tendance à vomir, les éructations et d’exciter l’appétit.

En France, quoique HCI fût ordonné dans certains cas, on ne suivit pas la pratique des doses données par les auteurs allemands.

Bouchardat (1), dans la dysrepsie due à l’insuffisance des acides, donnait 2 à 4 gr. d'HCI dans un litre de quinquina ou encore la boisson chlorhydrique de Caron.

M. Glatz (2) recommande HCI dans le catarrhe.

Il donne 6 à 10 gouttes d'acide dans un demi-verre d'eau trois quarts d'heure après le repas. M. Germain Sée (3) réduit à deux les maladies qui ramènent HCI au minimum. Mais, de ce que HCI manque, ce n’est pas une raison pour que tout soit perdu, car la digestion intestinale peut remplacer ia digestion stomacale. En présence d’une affection gastrointestinale, trois médications peuvent se discuter. Ces 3 médications sont la chlorhydrothérapie, l’alcalinothérapie, les évacuants mécaniques et physicochimiques.

Pour M. Sée, le véritable domaine de la chlorhydrothérapie est la dyspepsie avec peu d’acide ou bien la dyspepsie où prédominent les acides organiques ; elle est donc indiquée dans la dyspepsie muqueuse ou bien encore dans les dilatations.

(1) Bull. gén. de thérapeutique, 1879.

(2) Lyon med., 1887.

(3) Acad, de méd., janvier 1888.

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Pour M. Hayem (1), HCI peut être prescrit dans l’hvpopepsie avec sécrétion chlorurée faible et production insuffisante d'HCI actif. Il est surtout utile lorsqu'il y a retard des digestions et fermentations anormales. Dans l'hypopepsie intense et dans l’apepsie, il est d’une utilité faible ou nulle.

Recherchant les indications de l’emploi de HCI, M. Hayem a noté ceci : chez les hypopeptiques l'usage de dilutions faibles d'HCI, ingérées peu de temps après le repas a pour conséquence un relèvement du processus digestif. On note une augmentation de la chlorurie par un accroissement dans la formation des produits chloro-organiques, beaucoup plus rarement par une élévation de la valeur net

Quand HCI libre fait défaut, on ne le voit pas réapparaître; mais sa proportion est susceptible d'augmenter dans les cas où elle est simplement très affaiblie.

L'acidité totale est irrégulièérement influencée.

Chez les malades on observe habituellement, après une cure plus ou moins prolongée, une augmentation dans la sécrétion stomacale.

M. Hayem fait prendre l'acide à petites doses, 1/2 heure après les repas. Sa formule est 2 gr. d'acide pour 200 gr. d’eau, une cuillerée à bouche 2 à 3 fois par Jour.

Il prescrit encore HCI aux cancéreux, quand il n'y a pas d’obstacle à l’évacuation stomacale.

(1) Lecons de thérapeutique, t. IV,

ire

M. le professeur Bouchard préconise HCI surtout dans les cas de dilatation avec fermentations anormales comme antiseptique. Il donne un à 2 demiverres, à la fin des repas, d’une solution à 4 0/00.

M. Mathieu (1) donne HCI aux hypochlorhydriques, alors qu'il existe une inappétence accentuée ou une tendance marquée à la stase et aux fermentations secondaires. Dans le premier cas, il ordonne 10 à 20 gouttes en plusieurs fois après le repas : quand il y a fermentation, on peut en donner 20 à 30 gouttes et plus, après chaque repas, en trois ou quatre fois, à 20 ou 30 minutes d'intervalle, par périodes interrompues de 8 à 10 jours. On obtient de bons effets dans ces conditions. Mais la principale indication d'HCI est la dilatation atonique intermittente à paroxysmes avec hyperacidité organique.

M. Coutaret (2), tout en reconnaissant que HCI à une utilité incontestable dans les dyspepsies avec acides organiques anvrmaux, préconise, à l'instar des Anglais, les acides minéraux forts, 10 à 30 gouttes et même plus à la fin des repas.

Pour M. Huchard (3), HCI agit comme eupeptique et antiseptique et il est naturellement indiqué dans tous les cas où il y a ana ou hypochlorhydrie. Il préconise la solution 3 gr. pour 300 d’eau : une cuillérée à soupe à la fin du repas. Comme antiseptique, HCI doit être administré longtemps après le repas dans la période de vacuité.

(1) Thérap. des mal. d'est., 2e 6d., 1895.

(2) Bull. gén. de thérap., 1892.

(3) Rev. gén. de clin., février 1895.

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Hénoch, Moncorvo, Tordeus ordonnent HCI dans les troubles dyspeptiques chez les enfants.

Moncorvo (1) a fait la remarque suivante : de la naissance À la fin de la 8° année, l'insuffisance gastrique est presque invariablement due au déficit ou à l'absence d'HCI libre du suc gastrique.

M. Bouveret (2) recommande l’acide chlorhydrique dans le: cas suivants :

1° Dans la gastrite chronique, il ordonne d’une solution à 3 ou 5 0/00 deux ou trois doses de 1/2 verre après le repas. « Je crois, dit-il, que si l’on « veut obtenir un résultat appréciable, il faut au « moins 1 gr. 1/2 à ? gr. d’'HCI pendant des semaines « et même pendant des mois avec périodes d’inter- « ruption pendant quelques jours. »

2° Dans l’atrophie de la muqueuse, sürtout si avec la diminution d'HCI existe une ectasie.

3° Dans le cancer, un demi à un verre d’une solution, 3 ou 4 0/00 en plusieurs fois en commençant 20 à 30 minutes après les repas.

4 Dans l’anachlorhydrie sans lésion chronique existant à titre de névrose — la dyspepsie nerveuse avec catarrhe etectasie. — M. le professeur Soulier(3) recommande HCI dans toutes les dyspepsies plus ou moins anachlorhydriques, dans la gastro-rctasie. De plus, comme Sydney-Ringer, Talma, il adopte complétement l’idée de le donner dans l’hyperchlorhydrie avant le repas.

(1) Sur Les troubles dyspep. dans l'enfance, etc. 1891. (2) Traité des mal. d’est., 1893.

(3) Traité de thérap.

En résumé, en Allemagne l'acide chlorhydrique est donné comme eupeptique et antiseptique. On l’'administre d’après des indications certaines et les doses formulées sont plus fortes que celles habituellement ordonnées par les praticiens jusqu’à ce moment.

En France, quoique n’obtenant pas la même faveur, l'acide chlorhydrique est surtout considéré comme un agent antiseptique. À la suite du professeur Bouchard, on le formule surtout alors qu'il existe dans l'estomac des fermentations anormales.

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