‹ De l'emploi de l'acide chlorhydrique à hautes doses dans certaines affections de l'estomacChapitre 9 sur 32 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Anachlorhydrie. — Motilité stomacale conservée. — Diarrhée lientérique.

Nov. 97. — Communiquée par M. le D' Tournier.

Mre L., Lyon, 32 ANS. — Pas d’antécédents héréditaires. Rien de spécial à relever dans antécédents personnels. La malade a toujours été un peu nerveuse, mais sans manifestations névropathiques. Il y a 2 ans, la malade a eu simultanément des ennuis et quelques manifestations vésicales pour lesquelles un médecin prescrivit du santal. Ce médicament fut mal toléré et détermina des troubles dyspeptiques : sensation de malaise et de poids immédiatement après les repas, et 2 à 3 heures après le repas, quelques crampes.

En août 96, c’est-à-dire peu après les troubles dyspeptiques, début de diarrhée qui, depuis ce moment jusqu’à aujourd’hui, n’a pas cessée, sauf parfois 1 à 2 jours sous l’influence de médicaments. La diarrhée, au début, était exclusivement matinale, avec 5 à 6 selles liquides. A plusieurs reprises, la malade a reconnu dans les selles des aliments, entre autres des parcelles de viande.

La diarrhée, depuis un mois 1/2, est plus accentuée ; elle survient également dans le jour après le repas de midi.

Amaigrissement de 18 kgs.

Les phénomènes gastriques ont cessé ; le seul phénomène morbide accusé est la diarrhée, qui s'accompagne de peu de coliques.

La malade n’a pas faim ; elle dort mal.

Duo

Elle a reconnu très nettement dans ses selles des fragments de chair musculaire.

La malade a été traitée très régulièrement par des médications multiples sans obtenir de résultat. Dans ces derniers temps, le traitement était électricité statique ; badigeonnages au collodion, bismuth, opium, etc.

Examen objectif. — Malade très amaigrie, très faible. Sang moyennement coloré, léger souffle anémique dans les vaisseaux du cou. Hypotension artérielle. — Pas de toux, poumons sains. Pas d’albumine. Pas de sucre.

Nervosisme à forme de neurasthénie sans stigmates hystériques.

Abdomen. — Le palper pratiqué 4 heures après le repas ne donne ni douleur, ni clapotage dans la région épigastrique. Le colon transverse est ressenti en état de spasme ; on perçoit de même le colon ascendant et descendant contracturé. Borborygmes. Nulle part empâtement péritonéal. La langue n’est pas blanche.

Le 11 novembre 97, la malade prend un repas d’essai.

RATE. M Rll0O 21:

MAROC CU REG O Dr:

BANANE Te RS 22Verres.

On introduit la sonde au bout de deux heures. Malgré de multiples tentatives, on ne peut rien retirer : la sonde est obstruée par des fragments musculaires absolument inattaqués par le suc gastrique.

Le 12 novembre, nouveau repas composé de pain, 2 œufs à la coque, eau. On retire 50 gr. d’une bouillie peu liquide qui donne

Acidité totale — 1,095 HCOTDre 0 HCI combiné = 0 phase de l’achroodextrine, pas de peptones.

Le diagnostic porté est : anachlorhydrie, motilité stomacale conservée, diarrhée lientérique.

On prescrit : régime composé essentiellement de potages, purées, œufs, viandes blanches.

Comme médicaments : élixir parégorique : L gouttes, 1/2 heure avant chaque repas, et 2 gr. le soir. HCI, deux doses de XV gouttes après chaque repas, soit soixante gouttes.

Compresses humides sur le ventre pendant la nuit.

La malade est revue le 23 novembre.

La diarrhée a cessé. La malade va bien et a repris de l’embonpoint. Plus de lientérie.

En décembre, sous l’influence d’un écart de régime, réapparition de la diarrhée ; deux selles seulement.

Le 29 décembre, la malade accuse quelques troubles gastriques consistant en pesanteur après les repas; quelques vertiges. A l'examen de l’abdomen, on constate du clapotage. La malade est soumise au régime lacts mitigé. Le 4 janvier 1898, on revoit la malade. Le régime lacté est très mal toléré ; la diarrhée a réapparu. On reprend le régime antérieur et la médication par HCI.

En ce moment, la malade ayant pris son acide chlo rhydrique chez un autre pharmacien, constate que la première solution employée était une solution au 1/10.

On fait usage d’une solution pure d’'HCI ; le traitement est continué régulièrement jusqu’au commencement de mars.

La diarrhée n’est pas revenue.

La malade n’ayant pas repris de l’embonpoint rapidement, on donne de la liqueur de Fowler. Au commencement de mars, la malade en ayant pris une dose trop forte, a quelques accidents. On supprima HCI.

À la date d’aujourd’hui (avril 98), la malade n’a pas de

Ed — diarrhée ; elle est encore maigre, un peu nerveuse. Après le repas, elle éprouve quelquefois une sensation de pesanteur, mais jamais de vomissements.

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