‹ De l'emploi de l'eau en chirurgieChapitre 7 sur 7 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

L’histoire de la chirurgie, au point de vue qui nous occupe, prouve que, dès l’origine de l’art chirurgical , et même avant cette époque , l’eau a été l’agent auquel on a dû avoir recours instinctivement pour calmer la douleur.

Mais bientôt les eaux merveilleuses, les baumes, les onguents de toutes espèces, furent employés, et leur application fut exploitée, pendant une longue suite de siècles, par la barbarie et le charlatanisme.

Enfin la grande école de l’Académie de chirurgie fit justice de la polypharmacie , et tous ses efforts tendirent à simplifier les pansements; mais à de rares intervalles seulement, quelques chirurgiens entrevirent la supériorité de l’eau pour les pansements.

De nos jours, on s’est efforcé de préconiser l’eau; mais les anciennes méthodes ont prévalu , on ne fait guère que des irrigations, et encore leur usage est-il fort restreint , et pour ainsi dire exceptionnel.

L’eau , employée localement , a une température convenable , dans le traitement des affections chirurgicales , est le plus puissant antiphlogistique; c’est aussi le meilleur topique, le plus facile à se procurer partout et à appliquer; il nettoie, rafraîchit la plaie, et calme la douleur : c’est, en un mot , le meilleur baume et le vulnéraire par excellence , comme l’a dit Briot.

La méthode générale de l’emploi de l’eau comme topique comprend trois procédés principaux, auxquels peuvent se rattacher tous les autres; ce sont le pansement à l’eau, l’irrigation et l’immersion,

Le pansement à l’eau, comme nous l’avons décrit, c’est-à-dire convenablement humecté et renouvelé, est appelé à rendre de grands services en chirurgie.

L’irrigation est un excellent moyen, qui a déjà rendu beaucoup de services ; mais il est trop rarement employé , et il a été presque abandonné, à cause de la difficulté de l’appliquer, et du danger de l’eau froide, à laquelle on a presque toujours eu recours.

i\ous avons cherché à faire disparaître ces inconvénients, en indiquant des appareils plus simples et en insistant sur l’usage de l’eau tiède, qui nous parait devoir être préférée dans le plus grand nombre des cas ; toutefois nous pensons que souvent l’irrigation pourra être avantageusement remplacée par l’immersion et le pansement à l’eau.

L’immersion ou le bain local plus ou moins prolongé est beaucoup trop négligé, même pour les parties les plus faciles à immerger; c’est un moyen dont les résultats sont très-prompts et infiniment supérieurs aux cataplasmes, même aux irrigations et aux pansements à l’eau.

Par ces trois procédés, séparés ou combinés ensemble, on peut satisfaire à toutes les indications et obtenir des résultats vraiment merveilleux. Il suffit d’abord d’en faire usage dans les lésions des doigts et de la verge pour s’assurer de leur supériorité sur tous les autres modes de pansements , et je ne doute pas qu’on ne les applique ensuite aux lésions les plus graves, quel que soit leur siège.

Enfin j’ai cherché à établir dans ce travail, par les documents historiques et par l’expérimentation comparative , les avantages de l’eau sur tous les autres topiques ; et d’après les résultats si remarquables qui ont déjà été obtenus, j’espère que, dans un avenir prochain , cet agent thérapeutique occupera la première place en chirurgie comme topique antiphlogistique.

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