‹ De l'emploi de l'éther comme anesthésique généraleChapitre 3 sur 17 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Lorsque nous sommes venus à Paris, après avoir terminé nos études médicales en Angleterre, et lorsque nous nous sommes mis au courant de la pratique chirurgicale hospitalière de cette ville, nous avons constaté un fait qui nous a vivement surpris : Nous étions habitués à voir nos maîtres, les chirurgiens de Cambridge et de Londres, employer ordinairement l’éther pour obtenir l’anesthésie générale des malades, beaucoup plus rarement le chloroforme.

Or, dans aucun service de chirurgie de Paris, on ne pratique les inhalations d’éther pour endormir les malades; partout, et pour ainsi dire toujours, on se sert du chloroforme comme anesthésique général.

Cependant, dans un service, celui du professeur Le Dentu, à l'hôpital Necker, l’usage de l’éther n’est pas méconnu comme il semble lêtre ailleurs. Le professeur Le Dentu, après des essais nombreux et répétés, d’anesthésie à léther, vient de décider de l’employer d’une manière systématique pour anesthésier les malades de son hôpital.

Aussi nous sommes-nous adressé à lui, désirant écrire un travail sur l’emploi de l'éther dans les pratiques chirurgicales ; il nous a prodigué ses conseils

TR

avec sa bienveillance habituelle, et nous a engagé à en faire le sujet de notre thèse.

Ce sujet présente de l'intérêt à bien des points de vue : D'abord, à mesure que le domaine de la chirurgie étend ses limites, à mesure que les opérations augmentent de fréquence et de nombre, les accidents par les anesthésiques deviennent eux aussi plus nombreux. La question des anesthésiques n’est pas tranchée définitivement; elle a encore été longuement débattue à la Société de chirurgie il y a deux ans. Et puisque l’on ne possède pas encore d’agent capable de produire l’anesthésie sans danger pour la vie du malade, il y a intérêt à rechercher quelle est la substance la moins dangereuse qui soit actuellement à notre disposition.

Pour nous, notre conviction est faite, et nous tàcherons d'établir que, dans la majorité des cas, l’éther doit être préféré au chloroïorme. Notre appréciation dans cette question a été facilitée par l'expérience personnelle que nous avons de l’éthérisation, et par notre connaissance de la langue anglaise, qui nous a permis de consulter aisément les statistiques anglaises et américaines. Nous souhaitons que nos conclusions intéressent les chirurgiens français, puisque Paris est l’un des centres où la chirurgie ait fait les plus grands progrès dans ces dernières années.

Nous voulons traiter ce sujet à un point de vue pratique, et après avoir indiqué les moyens d’endormir les malades à l’éther, nous décrirons les effets produits sur l'organisme par cet agent, et les accidents auxquels il peut donner lieu, en passant rapidement sur les théories émises à ce propos. Puis nous discuterons les

objections faites à lPéthérisation, et nous nous efforcerons de poser nettement les indications de ce procédé d’anesthésie.

Mais avant d'entrer en matière, qu'il nous soit permis d'exprimer notre profonde gratitude à Monsieur le Professeur Le Dentu, qui nous a suggéré l’idée de ce travail, et a bien voulu accepter la présidence de notre thèse; c’est pour nous un très grand honneur, auquel nous sommes particulièrement sensible.

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