‹ De l'Emploi de la Sonde à Demeure Après l'Uréthrotomie InterneChapitre 10 sur 19 · VO AS · texte numérisé non relu

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lation de cette plaie ; la plaie urétrale, malgré la sonde, reste baignée d'urine. Dès lors, à quoi bon l’employer ? »

À cela, nous répondrons que le passage de l'urine entre la sonde et la plaie est, au contraire, mentionné comme une

rareté par tous les auteurs.

La préservation de la plaie est amplement démontrée dans les cas si nombreux où le malade n'ayant eu aucun accident fébrile pendant le premier, ou pendant le premier et le deuxième jour, c’est-à-dire pendant toute la durée du séjour de la sonde dans le canal, sont pris de frissons le deuxième ou le troisième jour, lorsqu'on enlève la sonde. Dans ces cas, on ne peut que se rendre à l’avis de Reverdin et de Thompson qui pensent que la plaie était encore dans des conditions favorables à l'absorption : la suppression de l'instrument protecteur a eu pour suite l’inoculation de la surface encore cruantée. |

Une observation de Desnos montre combien réelle est l’action préservatrice de la sonde. Dans un cas où une cystite et une pyélite existaient, l’état resta 48 heures apyrétique après l'opération. — Dès le retrait de la sonde, la première mictiôn fut suivie d’un frisson, de même que la seconde, 6 heures après, et ainsi de suite pendant 5 mictions consécutives, malgré une médication antipyrétique interne. — Desnos réintroduisit une sonde-bougie qu’il laissa à demeure et les accidents cessèrent. — Mais l’agitation du malade fit qu'elle se déplaça le jour même: les accidents reparurent aussitôt. — La sonde fut remise en place et le malade surveillé constamment, tout rentra dans l’ordre et, au bout de 6 jours, les accidents avaient disparu.

Loumeau ne se contente pas de traiter la sonde d’inutile,

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il la qualifie aussi dangereuse. Elle est quelquefois, dit-il, douloureuse. Nous en convenons- Dans ces cas, il faudra avoir recours, pour la faire tolérer, à Certains moyens que nous indiquerons plus tard. Une douleur intense et persistante s’observe, d’ailleurs, rarement. — Klle est, dit-il, susceptible de produire, du côté de l’urètre et de ses dépendances, des accidents irritatifs (urétrite, prostatite, cystite, orchite...), Mais, comme Loumeau l'avoue lui-même, ces accidents sont imputables à la présence de germes infectieux que préviendrait une antiseptie parfaite de l’instrument.

Eh bien ! pourquoi ne ferions-nous pas cette antiseptie ? Est-ce là un motif d'interdire la sonde? Autant vaut-il défendre l’ouverture du péritoine parce que le bistouri, les pinces, les fils doivent être bien aseptisés! Et quand on nous objecte le cas de Taylor qui, en 1887, pratiquait l’urétrotomie interne avec sonde à demeure sur un homme magnifique de 28 ans et « cela avec toutes les précautions antiseptiques ordinaires », à ce qu’il prétend, voyait, 4 jours après, le malade succomber à une septicémie gazeuse foudroyante, nous croyons pouvoir dire que si Taylor a introduit, bien à tort, dans l’urètre de son opéré, un instrument insuffisamment propre et a causé sa mort, ce n’est pas là une raison pour que nous bannissions à tout jamais la sonde.

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