‹ De l'Emploi de la Sonde à Demeure Après l'Uréthrotomie InterneChapitre 3 sur 19 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

LES PARTISANS ET LES DÉTRACTEURS DE LA SONDE. — LES OBSERVATIONS POUR ET LES OBSERVATIONS CONTRE,

L'usage de la sonde après l'opération de l’urétrotomie interne, date déjà de longtemps, mais elle a été, dans les débuts, employée dans un tout autre but que celui pour lequel elle est encore utilisée de nos jours. Les anciens chirurgiens la plaçaient dans le but d'empêcher les lèvres de la plaie faite par l’instrument tranchant de se souder. Aujourd’hui nous la considérons comme un préservatif de l'infection urineuse. |

On s’est, en eflet, bientôt aperçu de l'inutilité d'un instru ment dilatateur placé dans l’urètre après l’incision d’un rétrécissement à l'effet d'empêcher sa reproduction rapide. Comme l’a dit Guyon, l’élasticité si parfaite de la muqueuse urétrale amène l'écartement définitif des bords de la section. Il n’est pas besoin pour que cet écartement se maintienne et que la cicatrisation de la plaie ne se fasse pas bord à bord de maintenir mécaniquément à distance et encore moins

d'écarter de force les lèvres de l’incision, L'action des fibres élastiques suflit pour que la cicatrisation s'opère en surface, c'est ainsi que se réalise l'élargissement du canal.

La sonde n'étant d'aucun besoin pour le maintien du calibre urétral, on eut tôt fait de la supprimer, d’autant plus facilement que son emploi à demeure dans bien des circonstances ayant amené des accidents (le plus grand nombre dus au défaut complet d’antisepsie à cette époque), on la considérait comme irritante. | 3

Reybard, fut un des premiers à la proscrire, mais il eut de nombreux accidents fébriles.

Maisonneuve et aussi Sédillot firent tout d’abord de même et paraissent n'avoir pas eu à se plaindre de leur détermination. Les observations de Sédillot, publiées par Gaujot dans les mémoires de médecine et de chirurgie militaire de 1860, ne contiennent qu’un cas fébrile sur 11 urétrotomies ; encore l'accès arriva-t-il le cinquième jour chez un malade qui avait gardé une sonde à demeure à cause d’une fistule, les autres opérés chez lesquels l'emploi de la sonde avait été supprimé n’eurent aucune élévation de température. Mettant alors sur le compte de la sonde à demeure les accidents observés lors de son emploi, Sédillot dit, dans le même mémoire : « La présence d'une sonde sur la plaie expose à des infections suppuratives et grangreneuses, et le meilleur moyen de les prévenir est de s’opposer aux infiltrations d'urine et de laisser le sang recouvrir, en s’y incorporant, les surfaces divisées ».

On revint vite decetengouement passager, quand on vit le

nombre des accidents fébriles post-opératoires augmenter

et quand, surtout, Saint-Germain, dans sa thèse, en 1861, eut,

exposé les idées de Maisonneuve sur la possibilité de mettre par l’usage de la sonde, la plaie à l'abri du contact de l'urine, contact qui, seul, devait être incriminé dans la pathogénie des complications fébriles. Ce même Sédillot, dont nous citions tout à l'heure les paroles hostiles à son emploi, concluait, dans une note à l'Académie des sciences, en 1861, à la sonde à demeure pendant 24 à 48 heures, après l’urétrotomie, disant qu'avec cette précaution on ne voyait jamais survenir de frisson. :

Tous les chirurgiens marquants de l'époque se rangèrent. à cet avis, sauf Maurice Perrin qui proclama l’inutilité de la sonde aussi bien dans le but d'empêcher les accidents febriles que dans celui de maintenir le calibre de l’urètre. Sur 14 malades opérés sans elle, il ne constata que 4 accès de fièvre dont un seul violent qui n’entraina pas la mort.

À considérer quelques statistiques, telles que celle de Dolbeau qui, en 1863, sur 37 opérations, eut 37 fois de la fièvre malgré l'emploi de la sonde, on pouvait, certainement, hésiter entreles deux opinions etse demander quelle était la vraie. À l’heure actuelle, de telles statistiques n’ont pour nous qu’un intérêt historique mais ne peuvent avoir aucune valeur dans la solution du problème. Il est évident, surtout quand l’on considère que, sur ces 37 cas, Dolbeau observa 4 fois des abcès dans des régions diverses, une fois de la pneumonié, une fois même la mort, il est évident, disonsnous, que ces accidents ont été dus, pour la plupart, à un manque total de précautions antiseptiques, même les plus élémentaires,

Reliquet, en 1865, rapporte deux séries d'opérations faites . par Gosselin. Dans l’une, comprenant 9 cas, la sonde à

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