‹ De l'Emploi de la Sonde à Demeure Après l'Uréthrotomie InterneChapitre 6 sur 19 · LEON CRE · texte numérisé non relu

LEON CRE

Quatre grandes théories ont eu cours pour expliquer l’apparition de la fièvre après l'urétrotomie interne.

1° La théorie de la phlébite.

2° La théorie du retentissement nerveux.

3° La théorie des lésions rénales. |

4° La thdrie de la résorption urineuse.

Chacune a eu sa période de vogue, mais une seule a gardé de nos jours une importance considérable; c'est la dernière.

La théorie de la phlébite émise par Chassaignac, soutenue par Icard en 1856 attribue les accidents fébriles à une phlébite du tissu spongieux périuréthral et des plexus veineux uréthro-prostatiques. Ils se rattachent donc aux infections purulentes d’origine vasculaire.

De tels faits existent, mais ils sont absolument exception-

nels, surtout de nos jours. À l’époque où l’antiseptie chirurgicale était une inconnue pour les opérateurs ils étaient cer- . tainement moins rares; la mort en était le plus souvent la terminaison; mais la guérison s’est aussi observée : tels les cas où Dolbeau a noté en même temps qu'un mouvement fébrile continu des phlegmasies dans les membres ou sur le tronc, d’autres fois dans les articulatious marchant rapidement vers la suppuration.

Le retentissement nerveux, le schock, défendu par Reybard, Bonnet de Lyon et Brou, Dolbeau, etc.., peut, s'il existe, n’expliquer que des accidents exceptionnels bien différents des vrais accidents urineux, mais il ne saurait produire les accès fébriles.

C’est cette théorie que Dolbeau et bien d’autres avaient adoptée pour expliquer toutes les formes de fièvre urétrale

HER EEE même les plus graves. La fièvre serait liée à une action réflexe de la moelle provoquée par l'excitation dont l'urètre a été le siège. Les accidents locaux seraient dus au relâchement des nerfs vaso-moteurs et à l’hyperthémie des petits vaisseaux qui en est la conséquence. Ces phlegmasies ellesmêmes entraîneraient un mouvement fébrile continu. Drôle de pathogénie de nos jours!

Pourtant en 1890 c'était encore l’opinion de Leborde, non que tous les cas, mais que les formes légères d'hyperthémie étaient dues au nervosisme de l'individu facilité

par l’irritation de la muqueuse urétrale enflammée.

Verneuil, Philips, Mauvais, Marx, Dolbeau, Malherbe incriminaient les lésions des reins, qui déjà plus ou moins désorganisés par une néphrite antérieure deviennent sous une influence réflexe ayant son point de départ dans l’intervention chirurgicale, le siège de modifications congestives passagères. Si ces lésions jouent un rôle dans les accidents urineux, les favorisent, les compliquent, les suivent, elles ne peuvent suffire à expliquer leur apparition.

La théorie de la résorption urineuse a été pour la première fois formulée par Velpeau en 1840 ; c’est au passage de certains principes de l’urine dans le torrent circulatoire sous l'influence de l’intervention que sont dus les accidents.

Perdrigeon en 1850, Civiale, admettaient cette théorie.

Mais elle n'eut un grand rétentissement et une influence profonde sur la pratique chirurgicale qu'après le travail où Saint-Germain exposait les idées de Maisonneuve à ce sujet, Maisonneuve appuie la théorie de l’absorption urineuse sur les considérations suivantes :

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