‹ De l'Emploi de la Sonde à Demeure Après l'Uréthrotomie InterneChapitre 8 sur 19 · MONS · texte numérisé non relu

MONS

Nous avons déjà cité une foule d'exemples qui en affir-

ment l'exactitude : l’un des plus intéressants est sans con-

tredit celui de Maisonneuve cité par Reliquet; dans ce cas

le malade ayant pu s'empêcher d’uriner pendant 14 heures n'eut dans tout ce temps aucun accident, mais bientôt après que l’urine eût été en contact avec la blessure urétrale il ressentit de violents frissons.

De même, très fréquents sont les cas dans lesquels, après l'extraction de la sonde, une poussée de fièvre se produisit, la plaie de l’urètre n'étant pas encore suffisamment fermée,

La résorption de l'urine par la plaie ne laisse donc plus aujourd’hui aucun doute, et c’est à elle qu'est due la production de la fièvre.

L’expérimentation a d’ailleurs montré la possibilité de . cette résorption. L'étude de la physiologie des épithéliums faite par M. Ch. Robin, les expériences de Kuss et de Susini ont établi que lorsque l’épithélium de la vessie est intact, les liquides qu’elle contient ne sont pas absorbés. Ainsi l'urine, quelle que soit sa nature, ne peut provoquer d'accidents. Mais dès que l’épithélium vésical est lacéré en. un ou plusieurs points par un traumatisme, immédiatement l’urine qui baigne ces points dénudés est absorbée.

Tout ceci peut s'appliquer à l'épithélium de l’urètre qui est du reste bien plus facilement attaquable et bien moins résistant aux traumatismes.

Ainsi donc, cette théorie a, dès 1861, contenu en germe toute la vérité. L’idée de la résorption de l'urine est exacte, démontrée. Evidemment dans cette urine est un agent. noscif qui, une fois passé dans le sang, va donner lieu au

processus fébrile.

L'opee

Mais quel est cet agent? Il fallait préciser sa nature; c’est dans cet inconnu que les recherches modernes devaient faire une ample moisson de découvertes. $

L’avènement des doctrines microbiennes s’est fait sentir dans le domaine urinaire par la découverte faite par Van Tieghem; l’action du micrococcus ureæ dans la fermentation ammoniacale.

En 1875 Pasteur disait : « Si j'avais l'honneur d’être chirurgien je ne voudrais jamais introduire un instrument dans la vessie d’un malade sans avoir observé les règles de la prudence la plus sévère pour éviter d'introduire avec lui les germes de l’air. »

Et, en réalité, c’est par l’urètre que les microbes pénètrent en presque totalité, et le plus souvent grâce au passage d’un instrument. Comme le pensait Pasteur l'infection des organes urinaires est donc presque toujours chirurgicale. :

Une foule de microbes furent bientôt découverts dans les urines tels : la bactérie septique de Clado, la bactérie pyo-

gène, des bacilles, des staphylocoques, des microco- .

ques, etc.

[n’y avait donc plus désormais de doute, l'agent de la fièvre urétrale était un microbe, et cette fièvre devait être regardée comme une forme de septicémie.

Hartmann en 1889 a donné la preuve que la fièvre était due au passage dans le sang d’un microbe contenu dans l’urètre. Un de ses malades eut un frisson 3 heures après la

- première miction qui suivit l’ablation de la sonde. L’urine contenait presque à l’état de culture pure un microbe ana- Jogue à la bactérie septique de Clado. Dans le sang pris par

id 5

Cas a A

PERTE TE Ti TRE

une piqüre à l'index au début d’un frisson, Hartmann a retrouvé le même microbe. Une autre piqüre faite au même endroit pendant une période d’apyrexie a donné un liquide stérilet

Y a-t-il eu faute commise dans l’expérience? L'auteur convient lui-même que l’absence de toute observation analogue, la rareté des constatations des microbes dans le sang n'autorisent pas à conclure de ce cas unique. Il demande en tous cas vérification par de nouvelles recherches dans le sang des fébricitants. Il n’a rien d’impossible et ne fait qu'aflirmer une opinion qui même sans cette preuve directe, palpable, est déjà regardée comme indéniable.

Donc, de par les découvertes de la bactériologie la fièvre urineuse est due à une infection microbienne. C’est comme nous le disions une forme de septicémie.

Il en résulte que la théorie de la phlébite, la seule qui explique la production de la fièvre urineuse avec celle de la résorption urineuse, doit elle-même entrer dans cette dernière. Les cas de phlébite ne sont en effet que des cas de résorption urineuse mais l’agent microbien qui passe dans le sang y exerce une influence toxique beaucoup plus considérable qu’à l’ordinaire; il amène d’une part l’inflammation des veines péri-urétrales, c’est-à-dire la phlébite, d’au-, tre part une infection purulente grave s’accompagnant d'abcès, de suppurations viscérales, articulaires, etc.

Les formes graves ou phlébitiques de la fièvre urineuse sont donc dues à la résorption urineuse.

Doit-on expliquer les formes très légères par cette même résorption? Cela est certain; la théorie du schock est inad-

missible.

Prod

Quant à certifier que dans ces formes ce soit le microbe lui-même qui passe dans le sang nous ne saurions l’affirmer, quoique la bénignité de l’accès puisse s'expliquer par le peu de virulence de l’agent noscif, suivant sa nature, l’âge de .sa culture vésicale, l’état plus ou moins favorable à son développement du liquide urinaire; l’état du terrain, c’est-àdire l'organisme malade n’est pas lui-même sans influer sur cette virulence et certains sujets atteints de cystite ancienne jouissent d’une immunité peut-être due à de lointains accidents fébriles ayant produit une sorte de vaccination. (Hallé.)

On peut supposer que dans ces formes les effets de l’urine

absorbée sont dus à des produits toxiques produisant sur les centres nerveux un effet hyperthermique. Cela n'a rien d'impossible. Hayem a bien parlé à l’Académie des Sciences à propos des recherches de Rousny, un de ses élèves, d’uné substance pyrétogène douée d’une telle activite que l'introduction dans la circulation d’une dose minime suffirait à produire l’accès de fièvre le plus intense.

Pour ce qui est de supposer que l’urine à elle seule, sans puissance toxique microbienne, en qualité de déchet organique, de poison, soit capable de provoquer par son passage dans le sang des accès fébriles, nous n’y croyons pas. La toxicité urinaire, non microbienne, est en effet relativement faible, Qu'on songe à la quantité minime d’urine qui a le temps d’être absorbée pendant le passage du liquide, encore que celui-ci soit sous pression, et l’on verra que cette hypothèse est inacceptable, D'ailleurs Marx a pu en 1861 injecter de l'urine dans les veines de chiens sans provoquer d’ac-

ne plai

tée dépassait ù

injec

té

re \ÿ

& être absorbée que

> est la th

Page 1