‹ De l'emploi des chlorures d'oxide de sodium et de chauxChapitre 2 sur 4 · PRÉFECTURE DE POLICE · texte numérisé non relu

PRÉFECTURE DE POLICE

Paris ? le 19 octobre i8a3.

Nous, Conseiller d’État , Préfet de Police, Vu le Rapport du Conseil de Salubrité, duquel il résulte que des expériences multipliées, faites successivement dans diverses localités et notamment à la Morgue , ont démontré 1 efficacité de l’emploi du Chlorure de chaux comme moyen de désinfection d apres les procédés du sieur Labarraque , pharmacien à Paris, rue Saint-Martin, n°. 69 ,

Avons arrêté ce qui suit :

ARTICLE PR.EMIER.

Il sera établi des appareils désinfectans de l’invention du sieur Labarraque , à la Morgue et chez chacun des Commissaires de Police ciaprès désignés , etc. , etc.

INSTRUCTION sur la Maniéré de se servir du Chlorure de Chaux d apr'es le procédé indiqué par le sieur Labarraque , pharmacien.

Des expériences réitérées ont démontré que le Chlorure de chaux étendu dans l’eau a la propriété de désinfecter l’air et de ralentir d’une

manière sensible la putréfaction.

L’emploi de ce procédé peut devenir utile

dans une foule de circonstances, on se bornera, dans la présente Instruction , à en fane l application aux deux cas les plus fréquens.

Il sera facile, par analogie, de se servir du même procédé toutes les fois que l’on croira a propos d’y recourir.

Levée et Inspection d'un Cadavre.

Avant d’approcher d’un cadavre en putréfaction , il faudra se procurer un baquet, dans lequel on mettra une voie d’eau ( lities), on versera dans cette eau un flacon (un demi-lulogramme) de Chlorure de chaux et l’on remuera

bien le mélange.

On déploiera ensuite un drap, que l’on trempera dans l’eau du baquet , de manière à pouvoir retirer ce drap avec facilité , et sur-tout à pouvoir l’étendre très - promptement sur le cadavre.

A cet effet , deux personnes ouvrent le drap, le placent dans le liquide , en tenant les bouts qui sont posés sur les bords du baquet; on porte celui-ci à côté du corps en putréfaction , et au même instant le drap mouillé est retiré du baquet et étendu sur le cadavre.

Bientôt après l’odeur putride cesse.

S’il s’est écoulé sur le sol du sang ou tout autre liquide provenant du cadavre, on versera dessus ce liquide un ou deux verres d’eau chlorurée ; on remuera avec un balai , et l’odeur fétide disparaîtra.

Cette opération , toutefois , ne devra pas être exécutée ainsi dans le cas où les liquides répandus sur le sol pourraient devenir l’objet d’une analyse chimique : alors on en recueillera avec soin la plus grande quantité possible , et ce ne sera qu’après que l’on devra procéder à la désinfection du sol , ainsi qu’il a été dit plus haut.

Si l’infection s’est répandue dans les pièces

voisines , dans les corridors , escaliers, elc., ou arrosera les lieux infectés avec un ou deux verres de Chlorure de chaux liquide , et la féti-

dité cessera.

On aura soin de faire arroser souvent avec le liquide contenu dans le baquet le drap qui recouvre le cadavre : on empêchera ainsi l’odeur

putride de se reproduire.

Aussitôt que le corps aura été enleve, le drap qui aura servi à la désinfection devra être lavé à grande eau , sèche et ployé.

Désinfection des Latrines, Baquets a urines

et Plombs.

On versera sur deux onces de Chlorure de chaux trois à quatre pintes d’eau , on agitera le tout; on tirera à clair, et l’on répandra la solution sur et dans les latrines, baquets à urines et plombs.

Si la mauvaise odeur n’est pas promptement détruite, on réitérera l’opération au bout de huit à dix minutes.

Si l’infection provient en totalité ou en partie d’urines ou de matières fécales répandues

sur le sol, on arrosera également celui-ci avec la meme solution.

Vu et approuvé par nous Conseiller d’État , Préfet ,

Signé G. DELA VAU.

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EX TRAJ T du Procès - Verbal de la

Société d Encouragement pour l’industrie nationale y séance générale du 3 o octobre 1822.

La Société d’Encouragement pour l’industrie nationale, en couronnant mon Mémoire dans sa séance générale du 3o octobre 1822, s’exprime ainsi : « i°. attendu que la première et « principale question , celle proposée par le » Conseiller d’État, Préfet de Police, et pour » laquelle le prix a été fondé, se trouve com- » plétement résolue par M. Labarraque , au- » teur du Mémoire n°. ier., la Commission vous » propose de lui adjuger le prix entier (i), en

(1) La Commission était composée de

MM. le comte Berthollet, membre de l’Académie des Sciences $

Bréant, vérificateur des essais à la Monnaie j DakceTj membre de l’Académie des Sciences j

„ lui imposant néanmoins une condition, a la- « quelle il se soumettra très-volontiers, c’est » celle de rédiger un précis de son procède ,

» de le mettre à la portée de tout le monde ,

» et d’en suivre avec zèle l’exécution dans les » différens ateliers. Cette mesure , si l’on veut » mettre à profit la découverte de M. Labar- » raque, nous paraît indispensable. »

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OBSERVATIONS sur V Emploi des Chlorures de Chaux et d’ Oxide de Sodium , par A. -G. Labarraque ,

pharmacien .

Je me suis empressé de remplir la condition

MM. Dartigues, membre du Conseil général des Manufactures *

Desfretz , professeur de chimie à l’École Polytechnique *

Mérimée , secrétaire perpétuel à l’École royale des Beaux Arts 5

Pelletier , professeur à l’École de Pharmacie ;

Roard, membre duBureau consultatif des Arts et Manufactures ;

Thénard, membre de l’Académie des Sciences *

Vauqueein, membre de l’Acadérnie des Sciences*

P a yen , manufacturier *

et le professeur Robiquet, 'Rapporteur.

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