‹ De l'emploi des chlorures d'oxide de sodium et de chauxChapitre 3 sur 4 · IO · texte numérisé non relu

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qui rn’a été imposée par la Société d’Encouragement, et même dans le Mémoire imprimé le mois suivant, j’ai mentionné les cas où les puissans désinfectans que je faisais connaître dans cet écrit recevraient des applications utiles et très-étendues. Ainsi je formais le vœu que les salles de dissection , la Morgue , et tous les ateliers où l’on traite les matières animales, fussent désinfectés par ces moyens. L’Autorité, après de nombreuses expériences suivies d’un succès toujours constant , a donné des ordres convenables pour en faire l’application. Je recommandais sur -tout l’emploi indispensable des Chlorures dans des cas d’exhumation , pour examiner judiciairement le corps d’un individu inhumé depuis plusieurs semaines. La vérité de mon assertion a été justifiée par M. le professeur Orfila sur un cadavre inhumé depuis trente-deux jours, et dans la saison la plus chaude de l’année (i).

(1) Rapport sur une autopsie cadavérique faite à la requête du Procureur du Roi, le ier. août 1823 , par MM. Orfila, Hennelle, Gerdy et Lesueur; rédigé par M. Hennelle.

« Le 1er. août 1823, à la requête de M. le Procureur 53 du Roi, M. le professeur Orjila et MM. Lesueury 33 Gerdy et moi , nous nous sommes rendus au cimetière

Cette autopsie remarquable, opérée après la destruction subite de la fétidité , a mis en évidence les désinfections qui avaient été opérées devant les savans.

C’était sans doute une chose très-heureuse

33 du Père-Lachaise , pour y faire l’examen du corps du 33 nommé B***, mort depuis un mois, A sept heures et 3> demie du matin , on procéda à l’exhumation du cada- •» vre : il exhale une odeur infecte *, il reste jusqu’à dix 33 heures et demie sur la terre et hors de son cercueil,

33 les personnes qui doivent en constater l’identité n’étant 33 pas encore arrivées. La température est de ly à 18 de- 33 grés du thermomètre centigrade. Alors le corps est 33 transporté dans un endroit vaste et bien aéré, pour qu’on 33 puisse en faire l’examen aussi commodément et aussi 33 salubrement que possible. L’odeur est devenue plus 3> insupportable encore , et le cadavre s’est gonflé d’une 33 manière très-manifeste depuis l’exhumation ; il est 33 donc important , dans un cas semblable , d’en faire 33 l’examen le plus promptement possible. On commence 37 par faire des aspersions sur le sujet avec du Chlorure 33 de chaux dissous dans l’eau : cette liqueur, qui a été 33 proposée par M. Labarraque , pharmacien ( voyez >3 le tome Ier. des Archives ) , produit un effet merveil- 33 leux , car à peine a-t-on fait quelques aspersions, que 33 l’odeur infecte est instantanément détruite, et qu’il de- 33 vient possible de commencer l’opération. >3 (Extrait du tome II des Archives générales de médecine , p. 58 1.

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que d’avoir arreté la décomposition animale, et annihilé, pour ainsi dire, plusieurs causes de mort: car qui ne connaît la funeste influence des matières animales putréfiées répandues dans l’air qu’on respire , et portant avec elles le germe de maladies mortelles ? Mais il restait quelque chose de plus heureux encore , c’était de trouver la possibilité d’enchaîner la décomposition sur le vivant. J’ai eu le bonheur de voir opérer ce prodige par l’emploi du Chlorure d’oxide de sodium sur les plaies ainsi le charbon a été arreté dans ses ravages , et guéri (i); la pourriture d’hôpital la plus intense (2), les ulcères vénériens dégéné-

(1) Observation d’une affection gangreneuse de la joue, guérie par le Chlorure d’oxide de sodium de M. Labarraque , communiquée à l’Académie royale de médecine, dans sa séance du 10 avril 1820, et insérée dans la Revue médicale , par M. Rey, docteur-médecin.

'2) cc Observations relatives à des ulcères vénériens com- « pliqués de pourriture d’hôpital , guéris au moyen du 33 Chlorure d’oxide de sodium, parM. Gorsse, docteur en 33 médecine , chirurgien principal d’armée , et chirurgien >3 en chel de l’hôpital militaire de Picpus , à Paris. (Mé- 33 moire lu à la section de chirurgie de l’Académie royale 33 de Médecine, séance du 24 juillet 1828) , et insérées 33 dans le tome X1Y du Recueil de Mémoires de médecine y 33 de chirurgie et de pharmacie militaires, publié par ordre

rés (i), et enfin les plaies gangreneuses ou offrant un mauvais caractère, ont marché rapicle-

» de S. Ex. le Ministre de la Guerre. » Cet ouvrage ne se trouvant pas (fans le commerce , je crois utile de faire connaître la première de ces observations.

« P**, caporal au 16e. régiment de ligne, entra à l’hô- « pital militaire de Picpus, le 29 janvier 1822, pour un » chancre au prépuce et un bubon dans l’aine droite. H » fit un traitement par les frictions : le bubon abcéda 33 au bout de quelques jours, et fut ouvert avec le bis- 33 touri. Le chancre guérit très-bien, mais la plaie du » bubon , qui était de peu d’étendue , resta stationnaire 33 pendant plus de cinq mois, maigre les soins géneiaux 33 et locaux les mieux appropriés.

33 Au bout de ce temps , les organes gastriques et pui- 33 monaires furent le siège d’une vive irritation ; la plaie 33 du bubon se changea en un ulcère rongeur, qui s’en- 33 flamma et devint douloureux : la suppuration en était 33 fétide et très-abondante, la pourriture d’hôpital s’en 33 empara enfin, et en peu de jours l’ulcère envahit une

(1) (Mémoire lu à l’Académie royale de Médecine.) Notice sur l’emploi de la liqueur connue sous le nom de réactif, de M!. Labarraque, dans le traitement local de certains ulcères, par Mb Cullerier, docteui en chirurgie, membre de l’Académie royale de Médecine. \ oyez Archives générales de médecine y t. I7 p. 4^8$ et ^es Anriales de ta médecine physiologique . Avril 182b.

ment vers la cicatrisation. Le cancer a été désinfecté , et les expériences se continuent sur

grande partie de la peau de l’abdomen : le malade fut » isolé des autres.

33 L’inflammation des voies gastriques ne résista ce- >3 pendant pas à un traitement convenable 5 mais la pour- 33 riture d’hôpital continua ses ravages. Tous les moyens 33 employés en pareil cas étant mis en usage, l’ulcère re- 33 prit un assez bel aspect.

33 Le traitement mercuriel, qui avait été supprimé, fut 33 repris, et tout alla assez bien pendant quelque temps.

33 Peu après, les mêmes accidens reparurent avec beau- 33 coup plus d’intensité, et mirent le malade à deux doigts 33 de sa perte. Les mêmes moyens, remis en usage , pro- 33 duisirent encore un mieux momentané 5 mais, à quel- 33 que temps de là, il survint un nouveau retour des ac- 33 cidens, qui furent encore calmés ; P**, en un mot, de- 33 meura pendant près d’une année entre la vie et la mort.

33 Le malade était dans l’état suivant, le 16 mai 1823, 33 jour de la première application du Chlorure de soude : 33 maigreur et faiblesse extrêmes 5 inflammation des or- 33 ganes gastriques et pulmonaires , gencives boursouf- 33 fiées et fongueuses, peau sèche et aride, constipation 33 et insomnie continuelles 5 l’ulcère s’étend d’une épine 33 antérieure et supérieure de l’os des îles à l’autre , en 33 passant sur l’abdomen, à deux pouces et demi de l’om- 33 bilic 5 il descend de chaque côté entre le scrotum et 33 les cuisses 5 son aspect est horrible , il occasionne d’atroces douleurs : les bords sont gonflés , dentelés, ren-

cette affreuse maladie, comme sur les dartres rongeantes. Des observations de guérison de la

» versés çà et là, et toute la peau qui les forme est dé- » collée. La suppuration, très-abondante, très-fétide,

33 est mêlée de sang que laissent échapper les vaisseaux 3> corrodés.

33 Ce malade est pansé trois fois par jour avec des plu- 33 masseaux trempés dans le Chlorure de soude, a la dose 33 de deux onces sur quatre onces d’eau. Le lendemain, 33 l’odeur du Chlore a remplacé celle de la pourriture 33 d’hôpital : on augmente d’une once la dose du médi- 33 cament , et l’on continue le même pansement ; le sur- 33 lendemain , il n’y a plus d’odeur fétide, piesque plus 33 de suppuration ; la surface de l’ulcere est très- belle , 33 les bords sont affaissés; la cicatrice marche de la circon- 33 férence au centre, et se montre à-la-fois sur divers 33 points de l’étendue de l’ulcère î les autres accidens in- 33 flàmmatoires ont disparu.

33 Le cinquième jour, le Chlorure est appliqué pur ; la 33 cicatrice marche toujours rapidement : le neuvième 33 jour , l’inflammation est trop intense^ l’emploi du Chlo- 33 rure est supprimé, et l’ulcère est pansé à sec : les chairs 33 fongueuses sont cautérisées avec le nitrate d’argent 33 fondu. On revient au Chlorure vers le quatorzième jour, 33 et au dix-huitième il ne reste plus que quelques petits 33 points ulcérés. P** a recouvré son appétit, il se pro- 33 mène avec des béquilles ; peu -à-peu ses forces revien- 33 nent, et il est aujourd’hui radicalement guéri. 33

teigne ont également été communiquées à TAcadémie royale de Médecine (i).

En général on peut déduire de tout ce qui a été observé dans l’emploi du Chlorure d’oxide de sodium sur l’homme, que cette liqueur convient pour faire cesser la fétidité des plaies , changer leur nature, et les faire passer à l’état de plaies simples ; quelle est sur-tout efficace dans les ulcères atoniques, les pourritures d’hôpital, gangrènes, etc., etc. On l’emploie pure, ou coupée avec une, deux, ou jusqu’à huit parties d’eau ; on s’en sert en lotions , et on a soin d’en recouvrir les plaies au moyen de plumasseaux de charpie humectés avec cette liqueur. Le pansement est fait deux fois par jour ; on doit cesser d’en faire usage lorsque la plaie est rouge et enflammée, et le pansement se fait dans ce cas avec les attentions prescrites dans les traités de chirurgie.

Pour l’ulcère à l’utérus, on doit étendre le Chlorure d "oxide de sodium de douze à quinze

(i) Observation d’une guérison de teigne faveuse , communiquée à l’Académie royale de Médecine par le docteur Roche. Cette affection avait résisté aux divers traitemens usités.

et même jusqu’à trente fois son poids d’eau pure, et s’en servir en injections.

La prudence vent que ce moyen soit dirigé par un homme de l’art, qui augmentera ou modérera son action , ou meme en suspendra 1 u-

sage au besoin.

Le Chlorure d’oxide de sodium est celui que j’ai fait employer sur l’homme ; l’action du Chlorure de chaux ne serait pas aussi efficace, quoiqu’il jouisse d’une force desinfectante aussi prononcée. Par exemple , on sera certain de détruire les miasmes qui se développent dans le lieu habité par des personnes affectées de maladies de mauvais caractère, si l’on a soin d’arroser la chambre avecun des deux Chlorures liquides, très-étendu d’eau pure, ou même en le laissant séjourner sur une assiette qu’on pose dans la chambre du malade; on renouvellera ce Chlorure matin et soir, ou quand il aura perdu son caractère odorant particulier.

Les médecins, ou autres individus donnant des soins aux malades affectés de maladies contagieuses , tireront un très-grand avantage du Chlorure liquide , si à l’attention de le respirer en approchant de ces malades , et d en mouiller leurs mains , ils joignent celle d en faire ré-

pandre sur le sol, et principalement autour des lits.

Les Chlorures de chaux ou d’oxide de sodium seront d’une grande utilité pour désinfecter l’intérieur d’un navire, et , pour cet effet , ou mettra une cuillerée de Chlorure dans une bouteille d’eau , et ce liquide servira à arroser l’intérieur dudit navire ; la dose devra être plus forte si la fétidité est considérable. Cette opération devra être renouvelée deux fois par jour.

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