‹ De l'emploi des Courants ContinusChapitre 15 sur 16 · DO · texte numérisé non relu

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La nuit qui suit la première application est un peu meilleure, mais les douleurs reparaissent le lendemain.

Deuxième séance le 23 mars: Intensité 70 mA ; durée, vingt minutes. À partir de ce jour, les douleurs articulaires diminuent considérablement et après dix séances espacées de deux jours en deux jours (intensité 60 à ro0 mA) le malade peut reprendre son service et monter à cheval et à bicyclette.

La guérison se maintient depuis deux ans; il faut dire que

l'intéressé suit un régime végélarien assez sévère.

OBSERVATION VI (Résumé).

(Dr Degouy).

B..., garçon boulanger, 52 ans, souffre beaucoup dans les articulations métacarpo-phalangiennes noueuses, empâtées et déformées ; le poignet et le coude droits sont également le siège de douleurs accentuées réduisant le patient depuis trois mois à un repos forcé et désastreux pour lui et sa famille, Il avait depuis ce temps usé des diverses médications ordinaires et même suivi les traitements extraordinaires qui se voient sur tous les quotidiens. Ce malade n'habitant pas Amiens et ne pouvant se payer des voyages bi ou tri-hebdomadaires, je lui conseille de se procurer une batterie transportable au bisulfate de mercure.

Par économie, il prend un appareil de quatorze éléments, évidemment trop faible et dépourvu d’instrument de mesure. Néanmoins je lui montre la façon de s’en servir, les deux mains étant plongées dans deux bains électrodes et lui donne le conseil de prendre tous les jours un bain électrique de longue

four, * durée (45 minutes à 1 heure),

Je fus assez surpris, je l'avoue, de revoir le malade cinq semaines après avec les mêmes déformations, c’est Vral, Mais ne souffrant plus et ayant recommencé à pétrir son pain. La longue durée des séances avait obvié à l'insuffisance de la source électrique (25 milliampères à peine).

Depuis ont reparu de temps à autre des douleurs que deux ou trois bains galvaniques successifs ont réussi à enrayer ; il

n’a jamais cessé de travailler.

ORSERVATION VII (Résumée).

(Dr Degouy).

L... P., 28 ans, habitant une petite localité près de Montdidier est atteinte de douleurs presque continues dans les articulations des genoux légèrement tuméfiées. Les mouvements provoqués révèlent l'existence de craquements entre les extrèmités articulaires épaissies.

Cette jeune femme, fille d’arthritique (mère atteinte de rhumatisme chronique déformant typique, mais en revanche indolore), a cherché tout l'hiver une guérison dans les divers traitements médicaux qui lui furent conseillés.

Je la vois pour la première fois le 5 mars 1905 ; le traitement par les courants continus proposé est accepté et commencé le jour même. Au moyen d'un conducteur bifurqué le courant est amené à deux plaques placées l’une à la face interne, l’autre à la face externe du genou : intensité 5o mA.., durée vingt minutes, deux fois par semaine. Au bout de trois applications, le

mieux est manifeste ; la malade ne souffre plus au repos et

commence à faire cent à deux cents mètres à pied sans se plaindre. Un mois après, toute douleur avait disparu. La guérison

se maintient depuis,

OBSERVATION VIT (Résumée),

(D: Jules Cheron, docteur ès sciences. — Gazette des Hôpitaux,

octobre 1869).

Adrien D..., mécanicien de chemin de fer, 5r ans, est atteint de rhumatisme articulaire chronique depuis quinze ans. Il en rapporte la cause à l'exercice pénible de sa profession. Depuis quatre ans il a abandonné son métier ; il travaille à la serrurerie, mais c’est avec grande difficulté qu’il gagne de quoi se suffire. Il a maigri et perdu ses forces, surtout depuis deux ans ; l'appétit s'exerce mal; il est incommodé par de fréquentes migraines. Les mains sont déformées en nageoires; les articulations métacarpo-phalangiennes qui, au dire du malade, étaient devenues, il y a quelques années, grosses comme des noix sont aujourd'hui considérablement atrophiées. La flexion n’est sensible qu'à demi, puisque le malade ne peut suffisamment rapprocher les doigts de la paume de la main pour maintenir un rouleau de bois de o m.02 de diamètre. La peau des mains est luisante, tendue et amincie ; l’articulation du poignet est déformée et les muscles superficiels de la face extérieure de l'avant-bras sont atteints de rétraction, l'articulation du coude est déformée et peu mobile, celle de l'épaule est doulou-

reuse.

Les pieds quoique déformés aussi sont moins malades que

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les mains. L’articulation du genou est fréquemment douloureuse, la marche est pénible.

J'applique d’abord deux larges excitateurs à éponges : l’un sur les articulations métacarpo-phalangiennes, l’autre sur l’articulation du poignet. Le pôle négatif est ensuite laissé sur la face dorsale de la main jusqu'à rougeur intense de la peau. Le courant est fourni par 24 couples de Remak.

Après deux mois d’un semblable traitement pratiqué trois fois par semaine pendant douze à quinze minutes chaque fois, les doigts peuvent atteindre la paume de la main et la presser avec une certaine vigueur ; les grandes articulations n'étant plus douloureuses peuvent exécuter des mouvements beaucoup plus étendus ; l'articulation du poignet qui était complètement immobile commence à exécuter un léger mouvement de flexion ; les jambes ne sont plus douloureuses.

Le traitement continué cinq mois encore a donné des résul-

“ tats satisfaisants au point que le malade débarrassé des douleurs

articulaires a recouvré des forces suffisantes pour exercer le métier de serrurier sans éprouver les difficultés qu'il éprouvait

antérieurement.

: OBSERVATION VIIT (Résumée).

(Dr Cheron. — Gazelle des Hôpitaux, 1869).

Mie B... 22 ans, est atteinte de rhumatisme articulaire chronique progressif. Le début de la maladie remonte à trois ans : une grande jointure, l'articulation tibio-fémorale gauche, fut

envahie d’abord et progressivement l'articulation tibio-fémorale

droite, les articulations des pieds et des orteils, celles des poignets et des doigts.

Au mois de juin 1868, je trouvai Mie D... dans l’état sui-

van :

L'’amaigrissement est considérable ; les articulations tibrofémorales sont tuméfiées, les muscles biceps crural, demi-membraneux et demi-tendineux sont rétractés ; les orteils présentent des ankyloses au niveau de la phalange avec la phalangine ; les mouvements des articulations tibio-tarsiennes sont bien moins étendus qu’à l’état normal, elles ne présentent pas

de déformations.

Les articulations scapulo-humorales ne peuvent exécuter que de faibles mouvements ; les mains déformées présentent le deuxième type décrit par Charcot, les phalanges ne peuventêtre fléchies sur les métacarpiens ; les tendons de l’extenseur commun des doigts durs et grossis par l’incrustation calcaire

font relief sur le dos de la main.

La jeune malade ne peut faire que quelques pas, fortement soutenue par deux personnes. Elle ne peut porter les aliments à sa bouche ; on la fait manger comme un petit enfant.

En présence de cet état, je donnai peu d’espoir à la famille,

mais sur ses instances commençai cependant le traitement élec-

trique.

La main droite plus malade que l’autre est soumise à l’action d’un courant ascendant de 24 éléments de Remak. Des courants ascendants de 30 éléments Remak, dirigés à travers les muscles contracturés de l’avant bras, donnèrent assez de jeu aux articulations pour permettre à la malade de porter les ali-

ments à sa bouche, et peu de temps après elle peut porter à

FA 67 di ses lèvres un verre plein jusqu’au bord. Un traitement semblable est dirigé sur le bras gauche avec le même succès.

Après la onzième séance Mlle B... peut se servir des deux mains et ne plus emprunter le secours de personne pour manger. Les articulations des doigts sont assez mobiles pour permettre de saisir un objet un peu volumineux et de toucher du piano. Mais la déformation persiste, et la flexion dans les articulations métacarpo-phalangiennes résiste encore.

Notre attention se porte alors sur les jambes. Trois séances de vingt minutes avec un courant ascendant formé par 30 éléments Remak suffisent pour faire disparaître les contractures des fléchisseurs de la jambe et de la cuisse. Pendant quelque temps encore ce même courant, dirigé de la même façon, augmente le volume des muscles en même temps que leur vigueur et Mie B... peut marcher seule sans trop de fatigue.

Un mois de ce traitement, c'est-à-dire douze séances, appliqué aux muscles de la jambeet de la cuisse et à l'articulation tibio-fémorale permet à la malade de se lever de son siège et de marcher sans le secours de personne et de monter l’escalier

r = : À appuyée sur le bras de sa mère,

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