‹ De l'emploi des pulvérisations de chlorure de méthyleChapitre 25 sur 34 · OBSERVATION XX VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XX VI

La nommée Madeleine Q..., âgée de trente-quatre ans, domestique, entrée le 18 mars 1884, salle Ste-Clotilde (Croix-Rousse), lit n° 40. Service de M. le professeur agrégé Perret. (Lumbago.)

Cette malade est en traitement pour une affection cardiaque (rétrécissement mitral).

Il y a deux ans, elle fit une chute sur la région lombaire. Depuis ce moment, elle n’a cessé d’éprouver en ce point des douleurs qui s'irradient dans les membres inférieurs et entrainent une claudication légère du côté gauche pendant la marche. Il n'y a pas de troubles de la motilité. Un peu de diminution des forces, mais pas de paralysie. On ne constate pas non plus de troubles de la sensibilité en aucun point. Sensation continuelle de chaleur, surtout pendant la nuit. Les réflexes sont conservés sans être exagérés.

La malade ne peut ni rester dans la station debout, ni dans la station assise sans éprouver de vives douleurs. La marche est excessivement pénible ; elle ne peut ramasser un objet à terre. Lorsqu'elle se déplace, elle est obligée de mesurer avec soin tous ses mouvements ; elle ne se trouve dans un état supportable qu'étendue dans son lit et immobile.

Vésicatoire avant l'entrée à l'hôpital dans la région lombaire. Légère amélioration pendant deux ou trois jours seulement.

Durant une année, de mars 1884 au 24 mars 1885, on applique à dix reprises différentes des pointes de feu sur la région lombaire.

Le soulagement éprouvé par la malade ne dure en moyenne qu'une huitaine de jours ; les douleurs apparaissent aussi intenses au bout de ce temps. Les injections de morphine ne soulagent que pendant quelques instants.

Pas d’atrophie. La mensuration donne un même résultat pour les deux membres inférieurs. Faiblesse dans le membre inférieur gauche.

24 mars 1885. — Même état. On fait une pulvérisation de chlorure de méthyle dans la région dorsale. Un peu de vésication. Les douleurs disparaissent complètement.

15 juillet. — La guérison s’est maintenue. La malade peut marcher, rester debout, assise. Elle se baisse avec la plus grande facilité et tous les mouvements lui sont permis. Il ne persiste qu'une légère claudication et un peu de faiblesse dans le membre inférieur gauche ; d'ailleurs, pas d’atrophie.

OBsERvVATION XX VII

Le nommé Eugéne M..., àgé de trente-neuf ans, man œu vre, entré le 21 avril 1885, salle St-Irénée (Croix-Rousse), lit n° 35. Service de M. le D' Vinay. (Lumbago.)

Au printemps 1871, le malade fut atteint d’une douleur qui dura trois mois et qui siégeait dans les masses musculaires sacro-lombaires. Cette douleur rendait la marche impossible et nécessitait le séjour au lit.

Deuxième atteinte, il ya sept ans ; pendant deux mois, le malade eut beaucoup de peine à marcher, les douleurs siégeaient à peu près dans les mêmes points que précédemment.

Il y a quinze jours, nouvelle atteinte qui débute par des douleurs dans la région lombaire. Depuis trois jours, elles ont beaucoup augmenté et le malade ne peut marcher qu'en s'appuyant sur une canne et le tronc pliéen deux. Les masses

ue

fibro-musculaires de la région lombaire sont douloureuses. Pas d'irradiation douloureuse le long du nerf sciatique.

23 avril. — Première séance de pulvérisation au chlorure de méthyle, que l'on étend à toute la région douloureuse. 24 avril. — Il y a eu vésication en quelques points tou-

chés parle chlorure de méthyle. Le malade affirme avoir subi une grande amélioration ; les mouvements du tronc sont beaucoup plus faciles et les douleurs spontanées ont disparu.

29 avril. — Deuxième pulvérisation. La douleur est beaucoup moins étendue et beaucoup moins forte.

27 avril. — Les douleurs ont disparu. Le malade demande

à se lever. Un peu de vésication, sans eschare, due à la pulvérisation.

29 avril. — La guérison persiste. Les douleurs, soit spontanées, soit provoquées par la marche ou les mouvements ont totalement disparu depuis deux jours.

8 mai. — Le malade sort guéri.

Page 1