‹ De l'emploi des pulvérisations de chlorure de méthyleChapitre 32 sur 34 · OBSERVATION XX XV · texte numérisé non relu

OBSERVATION XX XV

La nommée Marie B..., âgée de quarante-huit ans, tisseuse, entrée, le 23 mai 1881, à l'hospice du Perron, salle Ste- Marguerite, no 28. Service de M. le professeur J. Teissier. (Coxalgie.)

Résumé de l'observation :

La malade a toujours été très nerveuse; les pleurs étaient faciles à la moindre contrariété. À trente-huit ans, elle fut soignée à la Charité, pendant deux mots, pour une affection

abdominale (sensation de poids dans le bas-ventre impossibilité .

de se baisser, de lever les bras, pertes blanches). A cette époque déjà, elle dit avoir eu des douleurs articulaires aux poignets, aux genoux et aux chevilles. Elle avait aussi de la gastralgie et des points de côté. Dix jours après, au sortir de la Charité, elle ressentit tout à coup, en se réveillant une nuit, de vives douleurs au niveau de la hanche gauche, et la

er Ne marche devint à peu près impossible. Douleurs dans le genou et gonflement. Les souffrances augmentérent et devinrent intolérables.

Successivement, la malade fait un séjour à la Charité et à l'hôpital de la Croix-Rousse (six mois et un an). Après être restée chez elle, gardant le lit pendant deux ans, elle se décide à entrer à l'hospice du Perron.

Depuis qu'elle est à l'hospice, la marche est possible, sans béquilles, mais pendant un temps limité, la jambe gauche se lassant rapidement. On constate, à l'examen des membres inférieurs, un raccourcissement apparent de 2 centimètres du côté gauche. Pas de raccourcissement réel. Rotation de la cuisse gauche en dedans ; flexion légère encore possible, dans ce mouvement, l'ensellure lombaire devient moins prononcée. La pression exercée sur le fémur de bas en haut n’a rien de douloureux.

Si l'on presse sur la hanche malade, la douleur provoquée est encore supportable: il y a cependant un point douloureux au niveau du grand trochanter. Les mouvements du genou sont pénibles pour la malade, dès qu'ils dépassent une certaine mesure; quelques craquements légers pendant la flexion et l'extension. Le pied est dans la rotation en dedans et dans l'extension forcée.

La sensibilité est normale dans tout le membre.

Du côté droit, il y a des douleurs spontanées, exagérées par les temps humides. Un point douloureux existe de ce côté à la partie interne etsupérieure du genou.

5 juin 1885. — Fluxion du côté de l'articulation ; douleur intense.

Depuis la date de son entrée, la malade a éprouvé de très vives douleurs qui ont nécessité cinq fois des pointes de feu dans l'espace de douze à quinze mois. Chaque fois, la malade éprouve un léger soulagement et la marche est rendue plus facile.

1° juillet 1885. — La malade ayant éprouvé des douleurs très intenses se propageant sur le trajet du sciatique, on

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pratique une pulvérisation de chlorure de méthyle sur la région sacrée et sur la partie postérieure de la fesse et de la cuisse. La pulvérisation, faite avec la plus grande prudence, ne dure pas tout à fait une minute.

Le soulagement éprouvé par la malade se fait sentir dès le lendemain. La marche est devenue bien plus facile et einq ou six jours se passent sans la moindre douleur. Depuis une dizaine de jours, les douleurs apparaissent de nouveau par intermittence, mais tout en étant moins vives que précédemment.

25 juillet. — Pas detraces de la pulvérisation précédente ; il s’est produit seulement une desquamation épidermique.

On pratique une nouvelle pulvérisation avec un jet très modéré sur les parties déjà pulvérisées : durée, 55”.

La malade déclare que le soulagement obtenu par le chlorure de méthyle est bien supérieur à l’action exercée par les pointes de feu.

OBsERVATION XXX VI

Le nommé B ., tisseur, hospice du Perron, salle Saint- Lazare, lit n° 26. Service de M. le professeur Teissier. (Amputation de cuisse. Myélite dorso-lombaire consécutive à un traumatisme. Névrite ascendante probable. Contractures et tremblement involontaire. Douleurs dans le moignon, soulagées par la pulvérisation du chlorure de méthyle).

Résumé de l'observation :

Le malade a éprouvé des douleurs rhumatismales, il y a quarante ans, pour la première fois, et a toujours souffert depuis, à des intervalles plus ou moins éloignés.

En 1859, amputation à la suite d’une fracture compliquée du fémur gauche. Deux ans après, nouvelle amputation de cuisse, le bout de l'os étant trop saillant.

Il y a trois ou quatre ans, à la suite d’une chute dans la-

quelle la colonne dorsale porta assez rudement sur le sol, Le

malade vit survenir une parésie musculaire, sans douleur notable dans le membre inférieur du côté droit, avec affaiblissement graduel de ce côté.

Raideur dans les articulations de ce membre, quelques douleurs lors des variations de la température. Ni rougeur ni gonflement. Sensibilité intacte. Le malade à souvent des contractures, ainsi que du tremblement involontaire. Réflexe rotulien exagéré.

Douleurs abdominales fréquentes, sans caractère bien défini, rien du côté des organes génito-urinaires. Pas de troubles trophiques des membres inférieurs ; le membre inférieur droit, conserve sa force et son volume.

Depuis la chute, les douleurs sont devenues de plus en plus violentes dans le moignon et dans l'abdomen. Pendan deux ans, chaque mois application de pointes de feu.

Le malade continuant à souffrir, le 1° juillet, on fait une pulvérisation très complète sur la région sacrée et des deux côtés, le long des fesses, sur le trajet du sciatique. Le soulagement obtenu est bien plus marqué que par les pointes de feu. Le "malade était en très bonne voie, lorsqu’en tombant il se fait une entorse ; séjour au lit. Les douleurs reviennent un peu. Le 12 juillet, une deuxième pulvérisation amène un soulagement très notable. A la date du 25 juillet, l’amélioration a persisté, quand le malade est assis, il ne sent plus de douleur. Les pulvérisations ont laissé aprés elles un peu de pigmentation.

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