OBSERVATION XXXIV
Le nommé Philippe C..., âgé de cinquante-quatre ans, modeleur, entré à l'hospice du Perron le 15 février, salle St-Lazare, lit n° 24. Service de M. le professeur Teissier, (Myélite chronique diffuse des cordons postérieurs et antérolatéraux. Symptômes d’ataxie et de parésie des membres inférieurs.) Résumé.
Début de l'affection, il y a vingt ans, par de la faiblesse des membres inférieurs ; à cette époque, pas de douleurs ni contuses, ni fulgurantes, seulement crampes fréquentes dans les muscles de la nuque et de l'abdomen. Son état s'est aggravé peu à peu, et, depuis 1883, le malade est obligé de garder le lit, la marche est tout à fait impossible. Dans la station verticale, il s'appuie seulement sur la pointe des pieds, et se trouve pris immédiatement d'une forte trémulation. Lorsqu'il est couché, on trouve un peu de contracture des membres inférieurs. Les mouvements volontaires sont limités, il ne
peut élever sa jambe de plus de 40 centimètres. Un peu d’incoordination dans les mouvements des membres inférieurs. Le réflexe rotulien parait exagéré des deux côlés. La sensibilité de la jambe et du pied est un peu diminuée. La sensibilité au froid et à la chaleur est beaucoup augmentée.
La vision est complètement perdue. Coloration nacrée de la papille.
Un peu d'incontinence de l'urine et des matières fécales. Troubles digestifs.
Au mois d'avril 1885, le malade éprouve une aggravation dans son état. Tous les symptômes précédents s’accentuent, il éprouve de violentes douleurs. Huit jours avant sa mort une pulvérisation de chlorure de méthyle pratiquée sur la colonne diminue sensiblement les douleurs ; une seconde, réclamée par le malade, est faite trois jours avant le décès et le soulage notablement.
10 mai 1885. — Mort.