DU CHLORURE DE MÉTHYLE
Le chlorure de méthyle est un gaz mcolore, d'une odeur agréable, d’une saveur sucrée. Liquéfié, il bout à — 23°. L'eau en dissout quatre fois son volume à 15°. Il est très soluble dans l'alcool. Le chlorure de méthyle, soit à l’état gazeux, soit en dissolution, présente une réaction neutre.
Avec un excès d'oxygène, 1l détonne, il se décompose en produisant de l’eau, du gaz acide carbonique, de l’acide chlorhydriqre et quelques traces de chlore.
Avec le chlore, sous l'influence de la lumière, il se forme des produits de substitution, dont le plus important est le chloroforme.
Chauffé avec une dissolution concentrée de potasse caustique, il se change en alcool méthylique et en chlorure de potassium.
Sa vapeur se décompose, en passant dans un tube
Ve
de porcelaine chauffé au rouge, en acide chlorhydrique, gaz des marais et autres carbures d'hydrooène.
La densité et les coefficients de dilatation du chlorure de méthyle ont été déterminés par MM. C. Vincent et Delachanal pour les températures de — 30°
Préparation.— Le chlorure de méthyle, jusqu’iet, n'avait été préparé que par le procédé de MM. Dumas et Péligot, quil’avaient découvert en 1834.
On chauffe dans une cornue une partie d'esprit de bois ou alcool méthylique avec trois parties d'acide sulfurique et de chlorure de sodium. L’acide chlorhydrique naissant donne, avec l'alcool méthylique, du chlorure de méthyle et de l’eau. L'acide sulfureux, l’oxyde de méthyle et l'alcool méthylique contenus dans le mélange gazeux sont enlevés par un lavage à l'eau alcaline, et le gaz est recueilli sur le mercure où condensé dans un tube entouré d’un mélange réfrigérant de glace et de chlorure de calcium cristallisé. Mais ce procédé ne permettait pas d'obtenir le chlorure de méthyle à l’état de pureté à un prix assez peu élevé pour qu'on püt lemployer industriellement. Dès 1877, M. Camille Vincent (2) faisait connaitre un procédé produisant du chlorure de méthyle en abondance et à l'état de pureté. M. C. Vincent prépare ce produit par la décomposition
(4) Bulletin de lu Socielé chimique de Puis, année 1879, &. XXXI (1e semestre).
@) Comples rendus de l'Academie des sciences, t, 84-85, 1877.
AT Rs pyrogénée du chlorhydrate de triméthylamine, qu'on obtient au moyen des vinasses de betteraves. Le chlorhydrate de triméthylamine se décompose en triméthylamine libre, ammoniaque et chlorure de méthyle : un lavage à l’eau acide permet d'enlever toute trace d'alcali, et le gaz, après avoir passé sur de l'acide sulfurique concentré et sur du chlorure de calcium pulvérisé, pour se dessécher, est liquéfié par compression.
C'est par ce procédé que MM. V. Brigonnet et fils, à Saint-Denis, fabriquent ce produit sur une vaste échelle, pour la fabrication de produits multiples (transformation du violet de Paris en vert lumière), pour produire du froid (1) et pour extraire les parfums des plantes odoriférantes.