INTRODUCTION
Pendant plus d’une année, en 1899 et en 1900, nous avons suivi à l'hôpital Saint-Antoine l’enseignement dela radiologie médicule donné si clairement et d’une facon si intéressante par M. le docteur Béclère, un des apôtres de ce nouveau et merveilleux moyen de diagnostic,
Nous avons suivi les trois parties de cet enseignement, nous avons en eflet écouté les conférences techniques du dimanche, assisté aux examens radioscopiques des malades et pris part aux exercices pratiques de radiographie du laboratoire.
Dans ces conférences, le maitre a souligné ce que doit connaître un médecin praticien qui veut se servir des rayons de Rœntgen.
Il à insisté sur un point que nous avons noté et auquel nous consacrons ces pages :
« Il n’est pas nécessaire, dit-il, pour pratiquer la ra- « dioscopie et la radiographie, de posséder des appareils « compliqués, coûteux et encombrants, ni des notions « difficiles à acquérir. Le médecin de campagne, peut et « doit, dans son cabriolet, porter au domicile de ses « malades, un appareil très simple lui permettant de les
en
« soumettre facilement à l'examen radioscopique et de « les radiographier non moïns facilement. »
Cette proposition nous a d'autant plus frappé que ce n'est pas une simple vue théorique, mais qu'elle est appuyée par l'indication d'un matériel parfaitement étudié, agencé et combiné, que M. le docteur Béclère, après des recherches et des perfectiognements, a mis, pour le moment au point, et a fait construire par son habile ingénieur M. Drault.
Ce matériel simple, transportable et relativement peu coûteux sera décrit dans cette thèse.
Bien des gens, surtout dans le monde, s'imaginent que les rayons de Rœntgen sont dangereux par essence.
Eh bien, avant de continuer, nous devons dire ici que jamais, pendant tout le temps que nous avons passé dans le service du docteur Béclère, nous n'avons vu le moindre accident du fait des examens radioscopiques et radiographiques.
Avec la machine statique dont il sera question plus loin, les accidents sont pour ainsi dire impossibles.
Avec la bobine, il ne s’en produit pas quand l'examen est fait par un opérateur prudent et qui connait le maniement de ces rayons.
Ïl est un fait certain, c'est que beaucoup de médecins se privent du grand moyen de diagnostic qu'ils auraient à leur disposition avec les rayons de Rœntgen, parce qu'ils ne les connaissent pas, parce qu'ils les croient difficiles à pratiquer, coûteux, encombrants.
Nous ne parlons pas seulement des médecins de cam-
Ia
pagne, mais aussi d’un grand nombre de médecins de ville, voire même de grandes villes, telles que Paris.
Nous en connaissons ici qui répondent quand on leur demande s'ils emploient les rayons X : Non, nous ne les employons pas ; lorsque nous avons un malade que nous voulons voir aux rayons X, nous l’envoyons à un confrère qui est installé pour cela, à une clinique, à une consultation d'hôpital.
Mais la plupart de ces mêmes médecins n’envoient cependant pas leurs malades à un confrère pour les ausculter ou les percuter.
S ils se privent des rayons X,c’est parce qu ils ne croient pas possible d'en faire eux-mêmes, et en cela, ils se trompent.
Ils ont vu dans certains lieux d'examen des appareils compliqués (bobine, interrupteur, rhéostat, tableau, condensateur, batteries d’accumulateurs, etc.), qu’on leur a dit coûteux, ils ont vu que ces appareils tiennent beaucoup de place, qu'il leur faut un local spécial, quelquefois assez vaste, que si on fait usage d’accumulateurs, il faut employer des acides, des liquides corrosifs, qu'il y a une manipulation salissante, jusqu'à un certain point dangereuse et ils se sont dit que leurs ressources ne leur permettraient pas l'emploi de ce mode d'investigation, que leur cabinet trop exigu ne pouvait recevoir une telle installation, et ils ont renoncé au grand avantage qu'ils
auraient pu tirer de ce genre d'examen.
Quelques-uns en ont été éloignés par les constructeurs
eux-mêmes qui recommandentsurtout les appareils coû-
To es
teux qu’ils croient indispensables, nécessaires dans tous les cas.
Ainsi, il nous est arrivé d’aller chez un de ces constructeurs à Paris, de le questionner sur la possibilité d’une installation productrice desrayons X avec une machinestatique, c'est-à-dire d’une installation simple, peu encombrante et peu dispendieuse, et de nous entendre dire qu’on ne peut pas fairegrand’choseavecune machine statique et qu’il n’en conseillait pas l'emploi.
Comment veut-on que dans ces conditions, la plupart des médecins soient fixés sur la possibilité de cette production facile, simple et à bon compte? En un mot, ils ne savent pas.
Le docteur Béclère veut les éclairer. C’est lebut qu'il s’est proposé dans ses conférences à l'hôpital Saint-Antoine et aussi dans ses écrits.
Il démontre que, contrairement à l'opinion répandue et entretenue par les intéressés, on peut avoir un appareil producteur de rayons X, simple et pas plus cher qu’un microscope, il en conseille un qui répond parfaite-
ment à ces conditions : la machine statique à 4 plateaux -de M. Drault.
C'est cet appareil radiogène que nous allons présenter en exposant ce qui est nécessaire au médecin praticien pour s’en servir avec fruit.
Ceux qui ont entendu les conférences de l'hôpital Saint-Antoine, et ceux qui nous liront se sont rendus compte et se rendront compte de la possibilité du diagnostie par les rayons X, sans avoir des connaissances con-
sidérables en électricité, sans encombrement et sans faire de grands sacrifices pécuniaires.
Pour 7 à 800 francs on peutse procurerla petite machine et les accessoires nécessaires. Transportable, mue à la main, le docteur Béclère l'appelle l'appareil radiogène par eæcellence du médecin de campagne. Avec cet appareil on peut faire tous les diagnostics permis aux rayons X,et aussi les radiographies de toutes les parties du Corps.
Nous avons énuméré quelques pages plus loir tous les cas dans lesquels les rayons de Ræœntgen peuvent être utiles. Dans tous ces cas, l'appareil suffit, et, de plus il n'ajamais donné lieu aux troubles trophiques que l’on a quelquefois observés, quoique rarement, dans l'emploi de la bobine.
Nous diviserons ainsi notre sujet :
Préliminaires. Historique rapide dé la découverte de Rœntgen ; des deux procédés d'ecploration(radioscopte et radiographie) auxquels elle a donné naissance, des applications de ces deux procédés au diagnostic médical et chirurgical.
Cuapirre I: La production des rayons de Ræntgen.