LUE
Le 4 mars 1932, un électrocardiogramme montre une tachycardie sinusale à 96, régulière, sans autre altération qu’une onde T négative, dans les dérivations I et II.
Le 18 mars 1932, l’adonidine que nous lui prescrivons, sur les conseils de M. le professeur ÉTIENNE, lui apporte un soulagement plus prolongé.
Cependant, l’anasarque reparaît, et, à la suite d’une deuxième série d’injections de convallatoxine, une ascite l'accompagne, nécessitant deux ponctions de 5 à 6 litres pendant l'été.
En 1932, une série d’injections de Neptal usuel à 9,2 % (en ampoule de 1 ce. 5), entraine une débâcle avec asséchement de l’ascite. Une deuxième série d’injections, en novembre 1932, associée au traitement cardio-tonique classique, assure à la malade un équilibre circulatoire satisfaisant.
Cet état de détente persiste pendant plus d’un an.
En 1933, on ne note plus de crises nocturnes de dyspnée paroxystique avec toux spasmodique et ràâles œdémateux aux bases; les jambes ne sont plus œdématiées, malgré la persistance du bruit de galop et d’une hypertension variable. On note les chiffres de 17/11, 18/10, 20/9.
En septembre 1933, le Dr BaunoT note, outre un signe d’Argyll-Roberston et une hémianopsie homonyme droite, une iridocyclite aux deux yeux, avec légère baisse de l’acuité visuelle, sans lésions des fonds d’yeux.
Au traitement tonicardiaque, on joint l’usage d’un traitement hydrargyrique par voie buccale. Néanmoins, au début de 1934, les accidents hyposystoliques réapparaissent.
Mne Ki... refait, en février 1934, de la dyspnée nocturne, avec réapparition des œdèmes. Le 3 mars, une injection intraveineuse d’un quart de milligramme d’ouabaïne ne modifie pas le taux habituel de la diurèse (1.250 environ). Le 5 mars, injection intraveineuse d’un quart de milligramme d’ouabaiïne, et injection intramusculaire d’un tiers d’ampoule de Neptal à 2 %. La diurèse s'élève à 3 litres dans les vingt-quatre heures suivantes.
Même traitement le 7 mars, sauf que l’on injecte les deux
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tiers de l’ampoule de Neptal à 2 % ; la diurèse quotidienne se maintient à 2 1. 500, puis à 2 1. 250.
Le 9 mars de même; l’ampoule de Neptal est injectée tout entière. La diurèse atteint encore 2 1. 250 dans les premières : vingt-quatre heures, et s’abaisse le lendemain à 1 1. 500. Le même traitement, pratiqué le 11 mars, ne modifie plus le taux des urines qui dépasse à peine 1 1. 500. Tout œdème et tout malaise ont d’ailleurs disparu.
Après un répit de deux mois seulement, réapparition de l’infiltration œdémateuse, et même sans doute d’un peu d’ascite.
Le 23 mai, la diurèse est de 1 litre environ; après injection d’une ampoule d’ouabaïne et d’une ampoule de Neptal à 3 %, elle remonte à 3 1. 500 le lendemain, et à 2 1. 500 le surlendemain.
Même traitement le 25 mai, suivi du même taux de la diurèse. Le 29 mai, même injection; diurèse de 2 I. 500, puis de 1 1. 750. Enfin, dernière injection le 2 juin, suivie d’une diurèse de 2 litres le premier jour et de 1 1. 500 le deuxième jour. ,
La malade, dont les œdèmes ont fondu, a retrouvé son souffle; mais il est à craindre que l'effet du traitement ne se prolonge plus aussi longtemps qu’antérieurement.
Mme Ki. présente à nouveau, en octobre, de la dyspnée avec œdème et ascite.
Une série de six injections intraveineuses de Neptal-ouabaiïne fait disparaître tous les malaises, et par une diurèse de 3 litres après chaque injection, fait résorber les œdèmes et l’ascite.
Fin mars 1935, l’équilibre hydrique et cardio-musculaire est normal avec tension artérielle de 17/8.
OBsErRvATION N° II. Malade atteinte d’artérite pulmonaire syphilitique, en pleine insuffisance cardiaque. Échec de la thérapeutique habituelle; elle est traitée depuis 1931 avec succès par le Neptal à 9 %,; puis secondairement par les solutions faibles. (L. Marnieu. Revue Médicale de l'Est, 17 septembre 1934.)
Est adressée par M. le D' Tuirier, le 26 mars 1931. La malade se présente sous l'aspect d’une cardiaque noire, en état de dyspnée telle qu’elle ne peut respirer qu’assise. Infiltration
MR No
œdémateuse formidable. Malgré les traitements toni-cardiaques classiques et toute la gamme des diurétiques usuels, oligurie extrême avec urines foncées ne contenant d’ailleurs que de légères traces d’albumine.
Mise au régime hydrique, elle urine 300 cc. dans les premières vingt-quatre heures; injection au Neptal usuel qui amène une débâcle de 5 1. 250 le jour suivant et de 2 1. 400 le surlendemain; après quoi, la diurèse quotidienne retombe successivement à 900, puis 200 et 500 cc.; elle se relève à 2 1. 600 après une deuxième injection de Neptal, et dès lors se tient aux environs de 2 litres avec un régime végétarien déchloruré et restriction des liquides au-dessous d’un litre.
Elle rentre chez elle le 15 avril; tout œdème ayant disparu et avec une grosse diminution de la cyanose. L’auscultation du cœur est absolument normale.
Revue le 22 mai 1931, elle a conservé une bonne diurèse; les œdèmes n’ont pas reparu, la cyanose reste encore marquée, surtout au moindre effort. La tension artérielle est de 15/10. Le volume du foie est normal.
L’orthodiagramme montre une ombre rappelant l'aspect du cœur en sabot, avec légère augmentaiton de ses diamètres.
Le seul diagnostic possible est celui d’artérite pulmonaire syphilitique. |
L'analyse du sang (décembre 1934, effectuée par M. le Dr VE- RAIN) donne les chiffres suivants.
Numération globulaire : globule rouges : 4.660.000; globules blancs : 8.400, hémoglobine : 95 %.
Urée : 0,37.
Acide urique : 0,061.
Cholestérol : 1,62.
Albumine : 91,25.
B. W. : Bauer-Hecht : positive faible.
Calmette-Massol : positive (fixe 5 unités).
Jacobstahl : positive.
Kahn : positive faible.
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L’année 1932 se maintient excellente.
En décembre seulement, l’œdème reparaît, très marqué. La tension artérielle est alors de 15/9; il existe un bruit de galop au niveau de l’appendice xyphoïde; la cyanose est extrême; les urines contiennent une grosse quantité d’albumine, le foie déborde d’un travers de main.
Le repos, avec un régime strict et une série d’injections intramusculaires d’ouabaïne (Dr Tairier) amènent une nouvelle détente et vers le 16 janvier 1933, la malade est revenue à son état antérieur.
Les six premiers mois de 1933 sont à nouveau bons. A partir du 15 août, l’œdème reparaît aux membres inférieurs ainsi qu’au bas-ventre. Les insomnies et la dyspnée s’accroissent.
Le 22 septembre 1933, on constate l'existence d’extra-systoles, d’un bruit de galop à l’appendice xyphoïde; le premier bruit est roulé à la pointe, où l’on perçoit un léger souffle diastolique. Cyanose très accentuée, œdème des jambes et du pannicule sus-pubien; gros anneau d’albumine; aucun signe de stase pulmonaire. Le foie déborde de 2 à 3 travers de doigts.
Mme To... entre à la pension Fournier. Le 15 mars 1934, dans un état presque superposable à celui qui l’y avait amené en 1931 : cyanose extrême, œdème considérable au-dessous de la ceinture; double souffle sur le sternum, à la hauteur de la troisième côte.
. La diurèse n’est que de 100 cc. et de 300 cc. respectivement pendant les deux premières journées, malgré la prise de 2 gr. de théobromine par jour.
Le 17 mars, une injection intramusculaire d’une demiampoule de Neptal fait remonter la diurèse à 1 litre. Abaïssée à 1 L 230 le 18, elle redescend à 300 ce. le 19; sous l'influence d’une ampoule de Neptal complète, elle remonte à 3 litres le 20 et à 2 1. 900 le 21 mars. Une troisième ampoule de Neptal lui fait atteindre le plafond de 3 1. 900, puis de 3 litres. Avec une quatrième ampoule, elle se tient à 2 1. 500 pendant deux jours.
Les œdèmes ont alors complètement fondu.
Rare
La cyanose a beaucoup diminué; le souffle diastolique est devenu moins intense.
Mne To... entre à nouveau à la pension Fournier le 21 octobre 1934, en état d’anasarque, à l’œdème formidable se surajoute une ascite considérable. La cyanose est extrême, et le cœur irrégulier. La diurèse oscille aux environs de 1/2 litre par vingtquatre heures malgré la digitale et la théobromine.
Une injection de Neptal à 3 % n’entraine qu’un relèvement insignifiant de la diurèse à 800 cc.
Le 25 octobre, on retire par ponction d’ascite environ 8 Hire de liquides séro-sanguinolent; sous l'influence de linjection intraveineuse de deux ampoules de Neptal à 3 % les 26 et 28 octobre, le taux de la diurèse atteint en moyenne 1.300 éc. pour retomber à 500 cc. le 30 octobre.
L’injection intraveineuse simultanée d’une ampoule d’ouabaïne et d’une ampoule de Neptal'la fait remonter à 1.100 cc. le lendemain, mais elle retombe aussitôt à 200, puis à 100 ce.
Les injections analogues pratiquées le 1er, le 3, le 5 et le 7 octobre déclanchent finalement une diurèse variant de 1.300 à 1.800 ce.
Le 8 novembre, la malade quitte la clinique débarrassée à nouveau de la majeure partie de ses œdèmes; mais son état reste précaire. |
Son cœur mou est en arythmie complète.
OBSERVATION N° III. — Ancien syphilitique présentant une myocardite et aortite avec crises répétées d’angor, ne pouvant plus supporter un traitement spécifique actif. Se voit très amélioré par le Neptal à 2 et 3 %.(L. Marnieu. Revue Médicale de l'Est, 1 septembre 1934.)
M. Ci.., 64 ans, m'est confié le 23 novembre 1933 par M. le Doyen SPILLMANN dans les circonstances suivantes :
Syphilitique de vielle date, ne s’est traité depuis plusieurs années qu’à intervalles éloignés.
Depuis deux ans, il ressent à la marche une douleur constrictive dans la région rétrosternale, l’obligeant à s'arrêter;
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