NÉCESSITÉ DU CONTRÔLE BIOLOGIQUE DES ALIMENTS IRKRA- DIÉS
La fragilité des vitamines, la diversité d’origine et de mode de conservation de ces agents thérapeutiques concourent à rendre très variable leur efficacité réelle.
80 % des huiles de foie de morue du commerce sont inefficaces contre le rachitisme exuérimental. L'activité
des aliments activés est encore plus inconstante. Il est | nécessaire pour employer utilement une préparation contenant des vitamines d’en contrôler la teneur par les méthodes de l'analyse biologique.
Lesné et Clément proposent de réaliser « l’étalannage en unités physiologiques pour chaque vitamine, l'unité physiologique étant la dose quotidienne nécessaire et
suffisante pour protéger un animal de poids déterminé mis au régime carencé correspondant ».
La valeur antirachitique diminue par le vieillissement, il est indispensable de connaître la date limite de l’emploi de la substance éprouvée comme pour un sérum ou un vaccin.
Une autre cause réclame encore le contrôle par l’analyse biologique, c’est la détermination du temps optimum de l’irradiation. On sait en effet que l’activité d’une substance convenablement choisie, soumise à l’action des rayons ultra-violets croît d’abord avec le temps d’irradiation, puis passe par un maximum pour diminuer ensuite rapidement.
- Ces différentes raisons rendent évidente la nécessité de r’étalonnage biologique pour les substances activées du commerce; sans lui de véritables fraudes sont possibles.
Une autre nécessité du dosage biologique des médicaments contenant des substances activées est leur toxicité. De très nombreuses expériences effectuées eu Allemagne et en Amérique ont montré que l'absorption d’une trop grande quantité de vitamine D amène des troubles très graves: cachexie, hypercalcification des épiphyses, infiltration calcaire des différents parenchymes (rein, poumon, foie, etc.) et des vaisseaux et, dans certains cas, mort. Outre des susceptibilités individue!les, il existe une sensibilité propre à chaque espèce; c’est ainsi que le chat et le cobaye sont fort sensibles à la vitamine D, les oiseaux domestiques le sont fort peu au contraire,
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Dosage de la vitamine antirachitique dans les aliments k irradiés On choisit de jeunes rats blancs de 25 à 30 grammes, en bonne santé; on les soumet à un régime rachitigène tel que le régime 85 de Pappenheimer:
ParinertderDIéR ein ERR 80,9 AIDUIEEN ET d'ŒUTE TIENNE TRE 10 BOUTDÉBINE ES Re à PRE EU. 5 NICIDHOE EU PPS TANT de Me 4,1
Le mélange salin est ainsi composé:
Chlorure de potasse ........ 0,85 Carbonate de soude .........- 0,85 Carbonate de magnésie ...... 0,286 Pactiales de fers ea ie Craie ne MeP Line rene Se 0,1 lodure de polassiuim":. 4... 0,0002 Sulfate de manganèse ........ 0,00078 Fluorure de sodium ........ 0,00024 Sulrate de potassél 1% 0,00024
Les animaux en expérience sont maintenus dans l’obscurité complète. Les témoins présentent des lésions rachitiques macroscopiques et histologiques en 21 jours.
On ajoute à ce régime la substance irradiée qu’on veut éprouver, de manière à déterminer l’unité physiologique de la vitamine considérée.
TRAITEMENT DU RACHITISME CLINIQUE PAR LES SUBSTAN- CES ACTIVÉES. — S'inspirant des travaux de Rosenheim et Webster, Windhaus et Pohl, les cliniciens allemands
me
{raitèrent, dès 1927, de petits malades par les aliments activés. En même temps, les médecins français utilisaient en particulier le lait sec, malgré le goût désagréable communiqué à cet aliment par l'activation en présence de l'air (jécorisation). Les méthodes actuelles d'irradiation dans le vide ou dans une atmosphère inerte (azote) permettent d'éviter cet inconvénient.
Les témoignages de l’activité antirachitique des substances irradiées affluèrent. Mouriquand conclut de ses études sur les fixateurs de calcium (en collaboration avec Leulier, Bernheim et Mile Schæn) que l’actinothérapie indirecte est bien la meilleure méthode, de beaucoup préférable même à l’actinothérapie directe dont on doit redouter certains effets dangereux.
Plus tard on utilisa des levures de bière, des cholestérols ergostérinés activés. Les résultats furent remarquables.
L'amélioration rapide obtenue avec le traitement par les substances irradiées porte sur l’état général, la gaîté revient, l’atonie musculaire disparaît,
Les symptômes de tétanie, le laryngospasme, le signe de Trousseau qui caractérisent les formes les plus graves de rachitisme, régressent en 15 jours.
En même temps, la trame cartilagineuse s’imprègne de sel de chaux, l’image radiographique est presque normale après un traitement de quelques semaines. Les déformations osseuses sont naturellement plus lentes à disparaître.
Lan EXAMEN DU SANG.
Le phosphore et le calcium se relèvent à leur taux normal.
La proportion normale du phosphore minérai dans le sang de 5 milligrammes pour 100 centimètres cubes tombe chez tous les rachitiques aux environs de trois milligrammes. Celle du calcium n’est guère diminuée que dans les formes graves avec tétanie. Le traitement par l’ergostérine irradiée ramène {rès vite ces taux à leur valeur normale et même pour un temps à une valeur supérieure.
RÔLE DE LA VITAMINE ANTIRACHITIQUE,
Elle assure la bonne calcification du squelette, malgré le déséquilibre phosphocalcique important de la ration.
L'irradiation par les ultra-violets peut compenser l’absence de la vitamine antirachitique dans les aliments: c'est sans doute qu'elle agit en activant l’ergostérine des tissus cutanés et surtout celle que Dejust, Mlle Van Stolk et Dubreuil ont mis en évidence dans le sang. Cette dernière hypothèse expliquerait parfaitement le caractère général de l’action thérapeutique obtenue par une irradiation restreinte d’une surface quelconque du corps.
Le sang est donc le véhicule certain de la vitamine antirachitique. L'étude très complexe des troubles humoraux dans le rachitisme et de leur amélioration par le traitement spécifique à l’ergostérine irradiée, n'a pas abouti à une explication définitive du mode d'action de la vitamine antirachitique. On connaît la relation exis-
- tant entre la réaction alcaline du plasma et la valeur
respective des taux du phosphore et du calcium (Blum, Delaville et Van Caulaert) dans les tissus, les conditions qui rendent possible la fixation calcique sur le chondroïde. Or, ies modifications des humeurs à la suite du traitement sont certaines: Leenhardt et Chaptal ont vérifié sur l'enfant l'élévation de la réserve alcaline qui s’oppose aux manifestations du rachitisme et de l’hypothrepsie, et Ederer a mis en évidence une augmentation de la viscosité du sérum.
Le rachitisme est en relation bien connue avec les sécrétions internes. Même dans les cas où on l’a produit expérimentalement par une intervention sur une glande endocrine, les aliments activés conservent tout leur pouvoir curateur.