CHAPITRE IV
Mode d’Administration de la vitamine D chez nos animaux
On peut actuellement lutter d'une façon pratique contre toutes les maladies qui se rattachent au syndrome rachitique en utilisant les substances irradiées fournies par certains laboratoires spécialisés. Le traitement se compose de l’addition quotidienne à la ration normale d'une dose variable d'aliments activés jusqu’à disparition de tous les symptômes.
L'actinothérapie directe n’est en effet guère utilisable chez les animaux à cause de leur fourrure et de leur pigmentation. On a pu réaliser des irradiations prolongées et à très courte distance sans provoquer d’accidents notables (traitement préconisé par Marotel et Pierron contre la démodécie du chien); c’est que les rayons ultra-violets sont à peu près incapables de traverser la peau des animaux.
Chez les grandes espèces, la méthode se heurte à des
difficultés d'application à peu près insurmontables du fait de l’indocilité des sujets.
On préfèrera également les aliments activés à l'ergostérine irradiée.
L'emploi de l’ergostérine irradiée pour traiter les troubles du rachitisme expérimental, ou pour obtenir en clinique une fixation plus active de la chaux, a mis en évidence des signes d'intolérance, et même des lésions très graves dues à l'usage de ce médicament.
Les différents auteurs qui se sont attachés à l'étude de son activité s'accordent à reconnaître que les effets peuvent dépasser le but recherché, qu'on doit l'utiliser avec beaucoup de précaution. C'est ainsi qu’on en revient à des formes moins concentrées de la vitamine D, telle que l'huile de foie de morue et les aliments activés, chaque fois que la cure ne peut être surveillée par le médecin directement.
En médecine des animaux surgit aussi un autre inconvénient; le prix de revient de l’ergostérine est bien trop élevé pour que son emploi soit possible. D'ailleurs, l'indocilité de nos malades rend l'administration des faibles doses de la solution particulièrement difficile; on ne sait jamais si elles sont absorbées, d'où l’incertitude du traitement.
Les aliments irradiés ont un autre avantage: ils correspondent mieux à la complexité habituelle des carences par leur composilion qui réunit plusieurs vitamines, des sels minéraux et diverses substances nutritives choisies; cet ensemble possède un pouvoir reconstituant tout à fait recommandable pour réparer l’état général déficient,