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A MONSIEUR LE PROFESSEUR CHARLES PORCHER

Directeur de l'Ecole vétérinaire Officier de la Légion d'honneur

À MES MAÎTRES DE L'ÉCOLE DE Lyon

- Avant-propos

Des recherches extrêmement nombreuses ont été réalisées ces dernières années sur la fixation du calcium dans l'organisme animal, et le rôle des rayons ultraviolets dans ce processus. Ces travaux ont conduit à des découvertes du plus haut intérêt dont la thérapeutique humaine a déjà largement bénéficié. Les troubles de la fixation calcique sont également très fréquents chez nos animaux domestiques, en raison d’abord des conditions d'alimentation souvent fort défectueuses que commande la nécessité de les entretenir économiquement. En outre, leur exploitation intensive, artificielle, pour la production de la viande, du lait, des œufs, du travail, etc., crée pour l’organisme des besoins auxquels une ration très étudiée est seule susceptible de répondre. C’est pourquoi il nous a semblé utile de rechercher les applications des nouvelles acquisitions concernant l’irradiation des aliments par les rayons ultra-violets, à la thérapeutique vétérinaire et à la zootechnie.

De l’emploi des substances activées par les rayons ultra violets contre les troubles de la fixation calcique chez les animaux et en particulier chez le cheval

Introduction

La complexité apparente de la ration alimentaire 4 été réduite par les physiologistes du xix° siècle à un petit nombre de principes nutritifs, répartis de la façon suivante: matières minérales, matières azotées ou protides, matières grasses ou lipides, hydrates de carbone ou glucides. | 1

La valeur dynamique de la ration appréciée en calories, la nécessité de fournir en outre les matériaux correspondant aux besoins plastiques de l'organisme reconnue, l’analyse chimique semblait avoir décelé tous les principes alimentaires utiles à la vie. Magendie et von Voit soupçonnèrent à ce moment tout l'intérêt de constituer une ration synthétique avec les éléments chimiques purs. Les tentatives nombreuses aboutirent à de très médiocres résultats; elles se succédèrent surtout de 1905 à 1914: l'organisme ne se contenta pas des aliments purifiés qu'on lui offrit quand bien même on les

eût soigneusement dosés pour composer une ration complète en apparence. Les besoins qualitatifs apparaissaient au moins aussi impérieux que les besoins quanñtitatifs et calorifiques. L'importance de certains acides aminés fut reconnue, en particulier du tryptophane, mais leur présence ne permit qu'une survie plus prolongée des animaux d'expérience. Falta et Nœggerath supposèrent l'absence dans les rations synthétiques de « substances inconnues indispensables ». Mac Collum attribua ses insuccès à la monotonie des régimes.

Ces ‘expériences eurent l'heureux effet de mettre en lumière l'importance de l'analyse biologique qui utilise comme réactif l’organisme, animal; elles déclenchèrent la curiosité de nombreux chercheurs. Ceux-ci aboutirent à la découverte et à l'étude des « infiniments petits chimiques » de G. Bertrand, puis à celles d'éléments analogues par leur action puissante mais différents par leur nature, « les Vitamines » de Funk.

Les observations célèbres publiées par Eijkman, en 1897, sur le béribéri et la polynévrite aviaire, les expériences de Stepp, Osborne et Mendel localisèrent les vitamines dans une partie en apparence négligeable de la ration. Funk obtint le premier une petite quantité (moins d’un demi-gramme) d’une de ces mystérieuses substances. Dès 1914, ce grand précurseur soupçonna la multiplicité des vitamines, leur spécificité, et émit l'hypothèse que le béribéri, le scorbut, le rachitisme et la pellagre étaient des maladies par carence, des avitaminoses. Son opinion ne fut pas adoptée sans discussions; elle déclencha dans le monde entier des expé-

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riences de contrôle qui ont fait l’objet de plus de dix mille publications jusqu’en 1927.

Les travaux de l’école médicale lyonnaise (Weil, Mouriquand et leurs élèves), ont contribué beaucoup à développer la notion de carence. Celle-ci s'applique à tous les facteurs très actifs de la ration sels minéraux, acides aminés et vitamines, mais on a tendance à la restreindre à ces dernières, à cause de leur importance toute particulière.

Les avitaminoses se manifestent sous des formes très variables suivant leur degré et leurs associations. Les accidents qu’elles entraînent sont plus ou moins graves suivant leur intensité, plus ou moins complexes suivant le nombre des carences pouvant entrer en jeu (carences multiples, carences chevauchantes).

La vitamine D, ou vitamine antirachitique, celle qui règle le métabolisme du calcium est celle qui, ces dernières années, a donné lieu aux travaux les plus nombreux. Ceux-ci ont conduit à une conception nouvelle et fort curieuse du problème de la fixation du calcium. Ces découvertes ont pu être utilisées avec succès dans la pratique médicale.

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