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spectre n'étaient pas efficaces, mais que seuls les rayons ultra-violets étaient actifs. En effet, Hess, Unger, Pappenheimer, en interposant une plaque de verre supprimèrent cette action curative, et on sait que les rayons ultra-violets sont arrêtés par le verre. La méthode fut immédiatement appliquée en clinique, et la découverte des lampes de quartz à vapeur de mercure permit sa généralisation.
Powers, Parck, Mal Collum précisèrent que les rayons ultra-violets étaient de courte longueur d'onde: moins de 310 millimicrons, soit 3.100 unités Angstrom. Les rayons X sont sans effet.
L'action des rayons ultra-violets pour traiter le rachitisme expérimental fut minutieusement étudiée, elle parut bien plus puissante que celle de la lumière solaire.
Découverte de l’activité des aliments irradiés par les rayons ultra-violets
On s’aperçut bientôt qu'au lieu d'exposer les animaux soumis au régime rachilique, il suffit d'irradier les aliments pour empêcher la maladie d’apparaître (Goldblatt et Soames).
De nombreuses substances soumises en couche mince à l’action de la lampe à vapeur de mercure acquièrent un pouvoir antirachitique considérable (Euler et Erikson, Stennbock et Black). Hess, Weinstock et Helman
ont mis en évidence l'activation par les rayons ulträviolets de corps très répandus et synthétisés dans le règne. animal et végétal, tels que le cholestérol et le phytostérol, et il semble bien que dans ce phénomène on ait assisté à la synthèse de la vitamine antirachitique avant d'en connaître exactement la nature.
Nature de la vitamine antirachitique
Les Américains, puis en France, Lesné, Mouriquand et leurs élèves employèrent les aliments irradiés pour traiter le rachitisme. Le lait, le jaune d'œuf, certaines huiles se montrèrent capables d'acquérir au plus haut degré la propriété antirachitique après l’action des rayons ultra-violets (Hume et Smith, Hess et Steenbock). Les corps gras seuls en général étaient capables d'acquérir ce pouvoir. L’attention des expérimentateurs se porta naturellement sur l'huile de foie de morue, médicament classique depuis Trousseau et Bretonneau.
On savait que ni les alcaloïdes qu’elle contient, isolés en 1888 par Gautier et Mourgues, ni son iode, n'interviennent comme principes curateurs du rachitisme. Son activité fut localisée dans la partie insaponifiable formée de cholestérine et de corps analogues.
On expérimenta la cholestérine irradiée par les rayons ultra-violets pendant une durée de 15 à 30 minutes pour enrayer et guérir le rachitisme expérimen-
ne on
tal: Hess et ses collaborateurs, Fabre et Simonnet y parvinrent, en employant la dose de 1 milligramme de cholestérine activée par jour et par animal. Ces résultats furent confirmés en Angleterre par Parsons; en Allemagne par Gyorgy et Hottinger, mais des travaux allemands démontrèrent que la cholestérine absolument pure n’acquiert aucune propriété curative sous l’influence des rayons ultra-violets, tandis que des stérols, qui lui sont toujours associés à l’état de traces dans la nature, subissent seuls l’activation.
Hess, Steenbock et Black (New-York), Rosenheim (Londres), Vindhauss (Gottingue) isolèrent un stérol sensible à la lumière ultra-violette, l’ergostérine découverte par Tanret dans l’ergot de Seigle en 4889, retrouvée par Gérard dans divers champignons et la levure de bière, et chez plusieurs algues. L’ergostérine est, en quelque sorte, une « Provitamine » que l’irradiation transforme en vitamine antirachitique ou en un corps jouissant de ses propriétés au plus haut degré.
On obtient l’ergostérine parfaitement cristallisée, C'est un corps à noyau polycyclique, non saturé, possédant trois liaisons éthyléniques et une fonction alcool secondaire, de formule C27 H# OH; elle diffère par l'absence de 4H de celle de la cholestérine. L’ergostérine est inerte si elle n’a pas été soumise à l’action des rayons ultraviolets. Irradiée, elle guérit le rachitisme à des doses infinitésimales.
Le rat blanc est très sensible aux avitaminoses. Si on soumet de jeunes rats à un régime rachitigène (régime 85 ou D de Pappenheimer par exemple, régime
3.143 de Mac Collum, régime de Mme Randoin et Lecoq), on obtient, à l'obscurité, en 20 jours, les lésions typiques du rachitisme: défaut d’ossification des cartilages épiphysaires, élargissement de tous les cartilages de prolifération, cyphose, chapelet chondro-costal, etc.
La vitamine A n’est pas en cause; son défaut produirait des hémorragies palprébrables et nasales, de la xérophtalmie et une cachexie très rapidement mortelle. Si on ajoute au régime un millième de milligramme d’ergostérine irradiée, (Rosenheim a même employé avec succès À vingt millième de milligramme, The Lancet, septembre 1927), on enraye et guérit les lésions, les cartilages de conjugaison s’ossifient, les épiphyses se soudent à la diaphyse, le poids des cendres qui varie comme celui du calcium tombé à 49,67 % du poids d'os sec, par l'effet du régime rachitigène, revient rapidement à la proportion normale de 62,76 %. Celui du phosphore, de 20,05 % remonte à 26,4 %.
Le pH du contenu intestinal s’abaisse. L’ergostérine irradiée est le véritable catalyseur du phosphore et du calcium.
Le sang d'animaux normaux traités à l’ergostérine irradiée se coagule beaucoup plus vite, les plaies saignent peu (Lelye).
La phosphatémie et la calcémie augmentent.
Les quantités de cholestérol ergostériné et d’ergostérine à employer dans le traitement du rachitisme sont très variables, d’où la nécessité de leur dosage biologique; nous y reviendrons d’ailleurs plus loin, |
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Répartition de l’ergostérine dans la nature
L'ergostérine existe dans les graisses animales et végétales, elle appartient au groupe des stérols qui en forment la partie insaponifiable. Dejust l’a retrouvée dans le sang humain circulant; Rosenheim et Webster ont démontré son existence dans la peau de porc, expliquant ainsi le mode d'action générale de la lumière et de l’irradiation directe.
Les bonnes huiles de foie de morue doivent leur action curative à l’ergostérine activée qu'elles renferment. Zucker a montré que les algues du plankton contiennent de l’ergostérine irradiée par les rayons ultra-violets des régions polaires. Ces algues sont mangées par des poissons qui sont eux-mêmes la proie des morues; l’activité anlirachitique est ainsi transmise aux lipoïdes du foie de ces poissons. Elle est très variable d’ailleurs suivant les saisons et les lieux de pêche, elle peut même être nulle.