‹ De l'emploi du bouclier dans la construction des souterrainsChapitre 17 sur 63 · SOUTERRAIN SOUS LA RIVIÈRE DE L'EST · texte numérisé non relu

SOUTERRAIN SOUS LA RIVIÈRE DE L'EST

Exposé. — En 1892, la East River Gaz C de Long Island City obtint l'autorisation de livrer du gaz à New- York. Cette compagnie résolut d'installer une usine à Ravenswood dans un terrain de 12 acres (45 hectares) qui borde la rivière de TEst sur 800 pieds (244 m.). L'usine complète devait pouvoir produire 50000000 pieds cubes (1 400000 m') par jour. En septembre 1893, une des sections de cette usine d'une production de 6 000 000 pieds cubes (170 000 m^) était prête à fonctionner.

Pour livrer le gaz aux habitants de New- York, il fallait faire franchir la rivière à trois conduites, deux de 36 pouces (0,91 m.) et une de 48 pouces (1,22 m.) On résolut de placer ces conduites» pour le passage de 2200 pieds (670,55 m.) sous la rivière, dans une galerie souterraine.

Cette galerie fut prévue en ligne droite (fig. 172); elle devait partir de Tusine de Ravenswood entre Hunter*s point et Astania et aboutir à la East 71* rue à New-Y'ork; dans le parcours elle devait traverser l'tle de Blakwell; sa longueur de puits à puits devait être de 2 510 pieds (766,86 m.), avec une légère pente de 12 pieds (3,66 m.) vers le puits Est. Son radier était prévu à 125 pieds (38,10 m.) au-dessous des basses eaux et son sommet au minimum à 41 pieds (12,50 m.) du fond du lit de la rivière.

Études préliminaires.— L'emplacement du souterrain, des puits et leur distance furent déterminés avec le plus grand soin en les rallachant par une triangulation ù une base soigneusement mesurée. Mais la détermination de l'alignement fut très laborieuse; car la rivière a une profondeur de 30 h (iîi pieds (9,ltm.

à 19,8 1 m.) et le courant une vitesse de 8 à 10 milles à l'heure (3,31 m. à 4,47 m. par seconde'. Des sondages au nombre de 20 de 2 pouces ;o,0^ m.) de diamètre purent néanmoins être faits sur la ligne du souterrain. On so servit pour cela dun burin hydraulique vissé à des tuyaux de 2 pouces dont les mandions ne faisaient aucune saillie. L'eau sous

pression entrait dans la tarière •'• "•"

(fig. 173} par un trou axial d'un

1/2 pouce (0,0127 m.) et ressortait Fig. I7i. — Plan gcnéiai.

par des trous latéraux, de manière

à chasser les débris du forage et à faciliter la descente. On ne pouvait travailler que vingt à trente minutes consécutives, pendant l'étalé entre deux marées ; aussi, pour ne pas perdre de temps, on vissait à l'avance GO pieds ;iK,29 m.; de tuyaux que l'on maintenait avec une I sonnette. Il y eut quelques accidents; des ruptures

(. de tuyaux obligèrent à abandonner quelques trous;

néanmoins on reconnut que le terrain se composait t3)*' de roche dure, surmontée de 2 & 3 pieds (0,01 m. à 0,91 m.) de gravier dans le bras de l'Est, et de quel- Fig. 173. ques pouces seulement dans le bras de l'Ouest. On '^dage.* '" Dcut d'ailleurs nulle part le temps de pénétrer dans la roche. Comme, d'autre part, on trouvait sur les deux rives et dans l'Ile de Blakwell, du granit b&tard à grains serrés, on crut pouvoir en conclure que le souterrain pourrait s'exécuter sur

EUPLOI DU BOUCLIER longueur dans la roche dure, et c'est sur cette base que l'on traita avec les enlrepreneurs, MM. Langhlen et Reilley.

DlBposttlonB générales des ouvrages. — La figure i74 donne la coupe de la rivière et le proRI du souterrain. Les puits étaient carrés et avaient 9 pieds (2,74m.) de côté.

Le souterrain (fîg. t7S; devait avoir S pieds 6 pouces (2,^9 m.) de hauteur et 10 pieds (3,0o m.) de largeur; le sommet et les angles devaient être arrondis et le sol revêtu d'un radier en béton. Sur les flancs et à la voûte le rocher devait rester apparent et brut, sous la seule condition de laisser entièrement libre le gabarit indiqué en traits ponctués.

Les ligures 176 à 178 donnent les coupes du souterrain dans la roche dure et la roche tendre et montrent la situation que doivent occuper les trois conduites. Ces conduites devaient être primitivement en tôle; mais on décida de les faire en fonte, de maniërequ'elles fussent assez lourdes pour ne pas être soulevées, si l'eau venait à envahir la galerie après son achèvement. On espérait éviter ainsi les frais d'un épuisement permanent et pouvoir se contenter de mettre à sec en cas de visite ou de réparation.

Fonçage des puits et attaque des galeries. — On implanta les puïls en mal 1892; le puits de

Ravenswood fut attaqué le 28 juin à 200 pieds (60,96 m.) de la rive et descendu à 148 pieds (45,11 m.). La descente se fit dans la roche dure, mais on eut à y faire des épuisements assez considérables. Le puits de New- York fut attaqué, le 7 juillet, dans une

Fij?. i75.

Profil type.

Fiif. i76.

Coupe dans la roche dure.

propriété, située à Tangle de la 71*^ avenue et du quai de la rivière de TEst et descendu à 139 pieds (42,37 m.) ; le rocher y était tout à fait sec.

On attaqua aussitôt les galeries; en raison de la faible section on ne pouvait pas mettre plus de dix hommes à la fois, mais le travail

Fig. 177. — Coupe en terrain tendre avec revêtement métallique.

Fig. 178.

Coupe dans la roche.

avait lieu sans interruption avec deux équipes travaillant onze heures chacune. Du côté de TOuest ou de New- York, le rocher était à sec et on avança facilement sans boisage. Du côté de l'Est ou de Long-Island, on fut un peu gêné par une grande quantité d'eau salée. On arriva ainsi en fin décembre 1892 à 338 pieds (103,02 m.) dans la galerie Ouest et à 285 pieds (86,87 m.) dans la galerie Est (fig. 179).

20i EMPLOI DU BOUCLIEB

Rencontre du terrain tendre. — Le 2Ô décembre, on rencootra, dans la galerie de New- York, une fissure fournissant un jet d'eau de 3 pieds. Le rocher en ce point était du gneiss dur, stratifié avec une inclinaison de 10" «h r la verticale, vers Long-Island et une direction Nord-Sud perpendiculaire au tracé. La roche s'amollissait graduellement, devenait de plus en plus micacée, lorsque à 20 pieds (i,l>9 m.) de la fissure elle fit brusquement place à une veine de terrain tendre olîrant les mêmes conditions de stratification.

Cette veine se composait de feldspath pourri, de couleur grise, s'efTrilant fuciloment; elle conservait encore l'aspect rocheux et

paraissait sèche tant que l'on ne l'attaquait pas; mais des qu'on y touchait, elle subissait l'action de l'eau qui l'aFTouillait. Cette veine tendre était en cfTet accompagnée d'une veine aquifère, particulièrement abondante à la surface de séparation de la roche dure et de la roche tendre. L'expérience montra qu'il en était toujours ainsi. S'il n'y avait pas eu d'eau, on aurait certainement pu traverser cette veine tendre sans air comprimé, quoique cela n'eût pas été bien prudent. Avant de prendre une décision, on essaya de faire une petite galerie de recherche de 4 pieds (1,22 m.} de largeur et S pieds 1 1 ,S2 m.^ de hauteur, afin de reconnaître le terrain et de déterminer l'épaisseur de la veine tendre. On construisait celte galerie par longueur do U pieds (iig. 180), en employant comme blindage de protection au ciel des tuyaux de 2 pouces (0,05 m.) que l'on poussait en avant horizontalement. Mais le terrain s'amol-

COMPAGNIE DE GAZ A NEW-YORK 20a

lissait rapidement. Il devait y avoir primitivement une petite poche ou fissure P, pleine d'eau, au point de séparation des deux natures de terrain. Quand la fouille fut faite en E, le terrain se trouva assez aminci pour céder sous la pression de Teau qui s'ouvrit un chenal B et coula dans le souterrain. Au bout d'un certain temps, un fragment de rocher G se détachait et des débris venaient obstruer le canal B, en laissant une poche P plus grande qui se remplissait de nouveau d'eau. Quand elle avait acquis une pression suffisante, elle rouvrait le canal B; mais les parois ramollies par l'eau s'éboulaient et un morceau G, en se détachant, venait à nouveau obstruer rissue et agrandissait la poche. Ce travail était accompagné d'un bouillonnement dû au déplacement de l'air et de l'eau dans la cavité. Ces écoulements, remplissages et affouillements successifs continuèrent en agrandissant la poche. Le bruit du bouillonnement devint de plus en plus alarmant, et on commença à craindre que la poche s'agrandît au point d'établir une communication avec la rivière. A chaque irruption d'eau, les ouvriers se sauvaient en courant, persuadés que c'était la rivière qui envahissait la galerie.

Le 3 décembre, on se décida à arrêter et à murer la galerie. Les éboulements avaient à ce moment produit un cube de 23 yards cubiques (19 m') et, comme on n'était qu'à 43 pieds (13,72 m.) du fond de la rivière, ce n'était pas sans motif que Ton craignait que la communication s'établit. La cloison provisoire fut bien bourrée de foin pour éviter que le mal s'aggravât, et on discuta le procédé à adopter.

Les entrepreneurs étaient d'avis d'abandonner la galerie et de repartir à nouveau du puits à un niveau inférieur, dans l'espoir que le terrain y serait meilleur. Ce procédé avait réussi au Croton aqueduct à la traversée de la rivière Harlem, où l'on avait dû, après deux ou trois essais malheureux pour traverser le terrain tendre, se reporter ISO pieds (43,71 m.) plus bas dans le rocher. Mais ici il s'agissait d'une veine et rien ne prouvait qu'elle ne se continuait pas plus bas; dans ce cas, on aurait eu à lutter contre une pression d'eau beaucoup plus forte qu'au niveau actuel. Aussi les ingénieurs s'opposèrent-ils au projet des entrepreneurs; il leur parut préférable d'essayer d'abord l'emploi de l'air comprimé et de

ne recourir au rejet de la galerie à un niveau inférieur, qu'en cas

d'échec, comme dernière ressource.

Premier travail à l'air comprimé. — Galerie Ouest. — Un prix nouveau fut faitavecles entrepreneurs pour la traversée decelerraÎD.

On installa tout d'abord un sas à air, à 40 pieds (12,19 m.) en arrière du front de taille, un peu avant le commencement de la roche tendre. On refouilla les parois de la roche sur8 pieds (2,44 m. ^ de longueur, de manière à porter le diamètre de la galerie à 15 pieds (4,57 m.). Celte fouille fut remplie par un mur en maçonnerie de briques et ciment, dans lequel fut scellé un cylindre de 6 pieds (1,83 m.) de diamètre et 10 pieds (3,03 m.) de longueur

(fig. 181), formé de tôle d'acier rivées de 3/4 de pouce (0,019 m.) d'épaisseur, avec des bouts convexes en acier, munis de porte de 3 pieds 2 pouces (0,96 m.) sur 3 pieds 8 pouces (1,11 m ) s' ouvrant contre la pression. Pour combattre l'effet de la poussée horizontale sur les bouts du cylindre, qui tendaient à le faire sortir de la maçonnerie, on riva sur les côtés du cylindre des goussets de 6 pouces (0,15 m.) de largeur et 2 pieds (0,61 m.) de longueur, formés de tôle et fers cornière, et situés dans un plan parallèle à l'axe. Ces saillies étaient enchâssées avec soin dans la maçonnerie de briques, de manière à bien répartir la pression. L'écluse fut munie de robinets de 1 pouce 1/4 (0,03 m.) pour l'admission et l'échappement de l'air et d'un tuyau hydraulique passant dans des boites & étoupe.

Dans l'installatioD de surface, on dut ajouter au compresseur logersoll déjà employé pour conduire les perforatrices un petit compresseur Rand. On introduisit l'éclairage électrique à peu près indispensable avec l'air comprimé, en raison de la fumée intense que donnent dans ce milieu les illuminants ordinaires; on installa eofin un téléphone reliant la cbambre de travail à la salle des machines , afîn d'aviser rapidement dans le cas où il deviendrait subitement nécessaire d'élever la pression.

Le travail fut repris dans la galerie le 2o février 1893 sous une pression de 3'6 livres (2,i60 kg.) qu'il fallut bientôt élever à 42 livres (3 kg.)

On employa, pour la traversée de ce mauvais terrain, à la voûte, un blindage composé de tôle d'acier de 3 pieds (0,91 m.) de longueur, 1 pied (U,30 m.) de largeur et 1/8 de pouce (n,UU3 m.} d'épaisseur garnies sur les bords de cornières rivées de 2 pouces 1/2x2 pouces 1/2 X 1 /* pouce (0,06 X 0,00 X 0,006). Ces plaques étaient mises en place et boulonnées dans une galerie de pieds (1,83 m.) de hauteur. On employait des planches de blindage provisoire (fig. 182) jusqu'à la pose des plaques et on blindait le front de taille.

Quand on eut fait environ 20 pieds ((», 10 m.), on porta ce faux toit (fig. i83 et 184'! a^ec des étais appuyés sur une semelle horizontale de 12 pouces X 12 pouces (0,30 m. X 0,30 m.) placée dans l'axe du souterrain. Ces étais avaient 6 pouces (0,13 m.) sur 6 pouces (0,13 m.) et étaient au nombre de 8 en éventail. Chaque série était espacée de 4 pieds (1,22 m.). Ce boisage empêchait naturellement de rouler les déblais que l'on devait reprendre à la pelle. A 10 pieils (3,05 m.) en arrière, on reprenait la fouille, en la

208 EMPLOI DU BOLXLIER

descen<lant d'abord sur les côlés et en respectant la semelle. On la réglait ensuite et on exécutait (lig. iSo) une maçonnerie circulaire de 4 rangées de briques d'épaisseur et de 10 pieds (3,05 m.) de diamètre iolérieur. La voûte se construisait sur des couchïs posés sur des cintres en fer à T, portés sur des étais radiaux. Ces cintres avaient une section de 4 X 6 X 3/8 pouce (0,10 m. x 0,15 m. X 0,01 m.], ils descendaient jusqu'à 6 pouces (0,15 m.) en contre-bas des naissances et se composaient de deux pièces réunies à la clef par deux plaques de 3/8 pouce (0,009 m.) d'épaisseur et boulons. Les étais qui portaient les cintres avaient 6 X f> pouces (0,15 m. X 0,15 m.] et les couchis 2 pouces (0,05 m.; d'épaisseur.

AlUque h seccion compllitc. Kioi^ulinn de la route en maçonnerie.

4 pouces (0,10 m.) de largeur et 9 pieds {'2,li m.) de long". La maçonnerie s'exécutait par anneaux de 10 à 12 pieds (3,05 m. à 3,60 m.).

Pendant l'exécution de ce travail, on éprouva beaucoup de difficultés, il fallut parfois élever la pression à 48 livres (3,375 kg.) ; on perdait d'ailleurs beaucoup d'air, qui s'échappait à travers le terrain, et faisait bouillonner la rivière. La boue qui s'écoulait était grasse et visqueuse, de la consistance d'une < soupe », disaient les ouvriers. Ce ne fut que le 8 avril que le dernier anneau de maçonnerie de briques en terrain tendre fut posé, après avoir traversé 29 pieds (8,84 m.) de terrain décomposé. On avait eu à traverser d'abord 9 pieds (2,'74 m.) de feldspath gris décomposé, une veine de 4 pouces (0,10 m.) de quartz dur, C pieds (1,83 ra.)

de feldspath pur blanc décomposé et enfin 14 pieds (4,27 m.) de feldspath et de chlorite floconneuse, vert foncé et grasse au toucher, qui coulait sous Faction de Teau que Ton retrouva en abor« dant la roche dure.

Galerie Est. — Sur la rive de Long-Island, le travail se poursuivit sur 250 pieds (76,24 m.) dans un gneiss dur stratifié, contenant de grandes quantités d'eau salée avec du fer, de la chaux et de la magnésie. On trouva ensuite un lit de 4 pieds (1,22 m.) de terrain tendre chloriteux, complètement sec, qui fut traversé sans grandes difficultés avec des boisages. On en trouva plusieurs semblables jusqu'à 285 pieds (86,87 m.) où après avoir traversé 2 pieds (0,61 m.) de rocher dur, on atteignit une chlorite tendre verte, tout à fait liquide, qui commença à couler avec force par les trous de sonde.

Ces trous de sonde furent bouchés ; mais on voulait connaître quel terrain on allait rencontrer. Comme on était à 100 pieds (30,48 m.) au-dessous de la rivière, on se risqua à essayer une galerie sans air comprimé. On commença par percer un certain nombre de trous, limitant une surface carrée de deux pieds (0,61 m.) de côté, jusqu*à la chlorite. Avant de faire sauter le bloc de rocher ainsi détaché, on prit la précaution de construire un mur à 40 pieds (12,20 m.) en arrière. Quand on eut mis le feu, il se produisit une irruption abondante, qui fut heureusement arrêtée par un bloc de rocher qui boucha le trou.

Après quelques essais désespérés, le travail fut abandonné à la fin de mars. Il y avait un jet d'eau de 4 pouces (0,10 m.) dans la galerie. On arrêta l'épuisement et on laissa le souterrain et le puits se remplir d'eau.

Emploi d'un revêtement en fonte. — Du côté New- York, quand on eut traversé la couche tendre, on continua à travailler à Tair comprimé dans un rocher, dont la composition était analogue et se composait de lits alternés de 1 pouce (0,025 m.) à 3/8 pouce (0,01 m.) de feldspath blanc, de chlorite verte et de veines de quartz. Ce rocher n'était pas pourri comme le précédent, mais il était encore très tendre, et, quoiqu'on dût y employer la mine, il

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était souvent nécessaire d'exécuter un revêtement. Quand la galerie eut été percée sur 69 pieds (21,03 m.], la compagnie décida d'enlever la pression. Mais à peine t'eut-on fait, que la maçonnerie de briques dans la partie tendre se montra si défectueuse qu'il fallut rétablir l'air comprimé. On décida alors de la doubler avec un revêtement en fonte, et comme, pour loger les conduites, on ne pouvait réduire la section, on fixa à 10 pieds 2 pouces (3,10 m.) le diamètre libre intérieur de ce revêtement, ce qui devait entraîner le refouillement de la maçonnerie exécutée avec 10 pieds (3,05 m.) seulement.

Le revêtement (fîg. 186) se composait d'anneaux de 10 pieds ,^^ 10 pouces (3,30 m.) de

diamètre extérieur et IC pouces (0,41 m.) de largeur. Ils se composaient de 9 segments de 3 pieds (0,91 m.) de développement et d'une clef de 8 pouces (0,20 m.), réunis par des boulons de .1 pouce (0,025 m.) de diamètre , au moyen de *• nervures venues de fonte

Fia;. 186. — Coupes IransTerBaU et longitudinale , , , , , . ,

* j ., , f , sur les bords et faisant une

du rcTetemenl en tonte.

saillie de 4 pouces (0,10 m.). Les nervures et l'enveloppe avaient une épaisseur de I pouce 1/4 (0,03 m.), sans compter quelques renforcemeols. Tous les joints étaient rabotés et les trous de boulons étaient alésés à la dimension de 3/16 pouce (0,0045), de façon à permettre l'ajustage. La clef pesait 100 livres (45,36 kg.) elles autres segments 350 livres (168,76 kg.). Le revêtement pesait donc environ 2 400 livres par pied courant (3600 kg. par mètre courant).

Deux des segments supérieurs de chaque anneau portaient UQ trou de 1 pouce 1/2 (0,037 m.), muni d'un bouchon vissé. On pouvait y introduire une lance et y injecter du mortier de ciment de Portland clair, avec une pompe à bras de 100 livres (7 kg.) de pression, pour remplir les cavités laissées derrière l'enveloppe. On

injecta ainsi deux barils (327 litres) par pied de souterrain (I m* par mètre courant) et on aurait pu en introduire une quantité presque indéfinie dans le terrain tendre.

On eut à faire quelques rectifications de direction. On insérait h cet efTet entre les anneaux des cercles en fer de 10 pieds 10 pouces (3,30 m.) de diamètre extérieur et 10 pieds 7 pouces lj2 [3,24 m,) de diamètre intérieur. Leur épaisseur étaitpar exemple de i pouce 1/2 (0,037 m.) d'un côté et un 1/2 pouce (0,0!3 m.) de l'autre, et ils présentaient deux faces foisant un angle très faible.

La figure 187 est une vue de la galerie avec son revêtement.

Reprise dn travail. — A ce moment les difQcultés avec l'entrepreneur s'aggravèren t et durent être portées devant les tribunaux. Il en résulta un arrêt du travail jusqu'au moment où la Compagnie put prendre possession du chantier et travailler avec ses propres agents.

On perdit beaucoup de temps à refouiller la maçonnerie hite pour y placer les anneaux, qui Vue i

furent prolongés sur une certaine distance de part et d'autre du terrain tendre et on bloqua les extrémités avec de la maçonnerie, de façon à bien relier et arrêter les injections.

Quand ce travail fut terminé, à la fin de juillet, on put supprimer l'air comprimé et reprendre l'avancement dans le rocher; mais à peine en eut-on traversé 10 pieds (3,03 m.) qu'on retrouva une nouvelle veine de terrain tendre à 80 pieds (24,39 m.) de la première. On fit un forage à 70 pieds (21,34 m.) sans rencontrer le terrain solide. Pour ce forage on se servit d'un tuyau en fer creux de 1 pouce ]/2 (0,037 m.) de diamètre que l'on faisait avancer à l'aide d'une perforatrice; àchaque allongement, on lavait les débris en introduisant un petit tuyau de 1/4 de pouce (O,00(j m.) de diamètre. Ce sondage donna la coupe suivante :

3 pieds (0,91 m.) de feldspath gris décomposé et chlorite,

11 — (3,35 m.) boue noire tendre, avec blocs de bois carbonisés,

19 — (5,79 m.) boue noire dure et sable avec nodules de pyrite,

22 — (6y71 m.) feldspath gris décomposé,

4 — (1,22 m.) feldspath décomposé et chlorite, 11 — (3,35 m.) feldspath gris décomposé;

L'eau réapparut sur la surface de séparation des terrains, mais on put la maintenir en grande partie avec Tair comprimé. Comme les sondages ne faisaient pas prévoir de difficultés nouvelles, on résolut de procéder comme pour la première veine. On employa toujours le revêtement métallique provisoire, seulement au lieu de le doubler en maçonnerie, on résolut d'y placer de suite le revêtement en fonte. On attaqua le 7 août; mais, deux jours plus tard, après s'être avancé de 6 pieds (1,83 m.) dans le terrain tendre, ordre fut donné de suspendre le travail pour des motifs d'ordre financier. Il eût été plus sage de ne pas laisser ouvrir cette galerie ; car le terrain, mis en mouvement, se ramollit sous Faction de Teau et une grande quantité de boue pénétra dans la galerie.

Pendant cette période d'arrêt, on fit un sondage dans la galerie de Long-Island. On sait que cette galerie avait été abandonnée après la construction d'une cloison en briques et d'un sas à air. En introduisant l'air comprimé on diminua la venue d'eau; mais on remarqua que, malgré la grande profondeur de la galerie audessous de la rivière, l'air commençait à se perdre à 0,7 kg. et qu'à 35 livres (2,4 kg.) des bulles d'air se dégageaient dans la rivière à 300 pieds (91 m.) de part et d'autre du souterrain. Cela semblait indiquer qu'il s'était formé, à la suite des éboulements, des vides qui s'étendaient à une faible distance du fond du lit.

Pour le sondage, comme on savait que la veine tendre contenait des blocs isolés, on employa des tuyaux de 2 pouces (0,05 m.) en acier creux, soigneusement accouplés et terminés par une arête tranchante en acier. On procéda, comme du côté de New- York, et après avoir traversé plusieurs veines de chlorite et de roche tendre, on atteignit le rocher dur à 32 pieds (9,75 m.). On continua le sondage, en introduisant un tuyau pointu de 1 pouce (0,05 m.)

passant dans le premier, jusqu'à une distance de 54 pieds (16,lSm.] et on reconnut une roche calcaire blanche.

Bmplol dn bouclier. — Il n'y avait de chance d'aboutir qu'en utilisant les amorces de galène déjà construites ; on résolut donc

Fig. ISS.

Elération arrière da

Fig. 1S9.

Coupe longitudinale du bouclier.

de recourir cette fois à une méthode sûre et on n'hésita pas, mal^é les grands frais d'installation et la perte de temps, à recourir au bouclier. Comme on ignorait sur quelle longueur la veine tendre

Détails de U queue du bouclier.

pouvait s'étendre, on construisit le bouclier de manière à pouvoir le démonter quand on aurait atteint le rocher, et on constitua un bouclier « portatif >. En outre, comme on ne pouvait sans danger supprimer l'air comprimé, il fallut l'apporter en morceaux assez petits pour pouvoir passer par les sas à air. On sépara donc la queue, qui sert au montage du revêtement, de l'avant-bec qui porte

le couteau et sert de chambre de travail, et chacune de ces parties comprit quatre morceaux.

Les figures 188 et 189 donnent une vue générale du bouclier en position avec une coupe du cuvelage. Le bouclier se composait d'un cylindre en acier de 7 pieds 6 pouces (2,29 m.) de longueur et il pieds 3/4 pouce (3,37 m.) de diamètre extérieur; il existait une cloison transversale, qui partageait la queue d'une longueur

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