Le plomb y exiimpt de tout alliage, et parti
4;ulito|meiitd'argeDt| sert aux eoupdilations.
12. Cendres d'os. On l'emploie avec le ploiiibpour la coupeliatioQ des métaux ou miaerais qui contiennent de Tor ou de l'argent. Gahh avait pour cet objet de petites coupelles d'un quart de pouce en diamètre, qu'il serrait l'une contre l'autre dans un petit étui cylindrique. Le procédé suivant celui qui m'a paru le plus commode pour les essais de eoopellation. La cendre d'os doit être réduite en une poudre trùs-fme*, on en recueille les parties les plus ténues, par voie de lavage, et on les conserve sous cette forme dans la boîte aux réactifs $ lorsqu'on yeut s'en servir, on en prend une petite quantité sur la pointe d'un couteau , après avoir humecté celle-ci avec la langue , et on la pétrit dans la main gauche avee une très-petite dose de sonde , de manière à former une pâte consistante. On creuse ensuite un trou dans le charbon , cL on le remplit avec cette pâte dont on unit ia surface extérieure^ en la pressant sous le pilon d'agate. On la chautfo ensuite doucement au chalumeau ju»* qu'à parfaitede8siccation.(La soude n'est ici qn*un moyen de cohésion , et l'on peut s'en passer.) On met ensuite dans le milieu de la petite coupelle la matière d'essai préalablement fondue avec teplomb^ et Ton chauffe le tout à la flamme extérieure. Enfin le départ a lieu , et les métaux précieux restent
DO CHAUmAU*
sur la coupelle. Cette épreuve est si délicate qu'on peut extraire ainsi du plomb qu'on rencoiiti^ dans le commerce des grains d'argent percetrttblea à l'œil DU, saisissables même et malléables de fait.
JTai vu employer, en Angleterre , pour le même objet, des tuyaux de pipe d'argile sur la section transversale desquels on opérait la coupellation. Ces tuyaux ont Tinconvénient de n'absorber que très--peu Toxide de plomb, et ne permettent d'opé^ rer que sur des quantités très-petites de malicrc, ce qui réduit d'autant le volume du culot d'argent, rai essayé pendant un temps de me servir d^os cjr lindriques brûlés,* j'opérais la coupellation sur un bout , et j'enlevais chaque fois avec précaution la partie qui s'était chargée d'oxide de plomb. Mais eu égard à la fragilité extrême des os brûlés , le procédé que j'ai décrit en premier lieu est de beau-' coup préférable.
13. La silice telle qu'on l'obtient par les analyses de minéraux, et particulièrement du cristal de roche pulvérisé, forme avec la soude un verre trèsfusible, au moyen duquel on reconnaît la présence du soufre ou de l'acide sulfurique. Je me sers quelquefois de verre au lieu de silice; mais le verre se mêle moins aisément avec la soude que la silice pure. Pour le surplus, voyez ci-dessous l'article relatif aux sulfates.
Dl l'emploi
14. Voooide de cuivre set i a dénoter la présence de Tacide muriatique. Voyez 1 article relatif aux muriates*
15. Les papiers à réaction de tournesol, de fernambouc et de curcuma. On les coupe par petites bandes qae Toa serre dans un étui purtieuUer *
Règles générales pour les essais au, chalumeau» Dans ces expériences diverses, il arrive quelquefois que la pièce sur laquelle on opère et dont on s'est déjà quelque temps occupé » abandonne tout à coup le support, entraînée par le courant d'air que Ton forme en soufflant. Pour retrouver la pièce d'essai après un cas semblable^ Gahn plaça sous la lampe un grand plateau de I61e non étamée , terminé par un rebord d'un poueedehaut, et garni au fond d'une épaisse feuille de papier blanc. Ce .plateau est destiné à recevoir la pièce d'essai, et le papier blanc a pour objet de l'arrêter sur un point du plateau, et de la faire apercevoir plus promptement. Si le plateau était étamé, et la pièce d'essai incandescente , elle fondrait Fétain au point d'incidence > et pourrait subir des modifications sur lesquelles on n'aurait pas compté. En voyage, on peut remplacer la plaque de tôle par un plat de faïence ou de terre cuite , tel qu'on en rencontre partout; enfin, au défaut de cet ustensile, on met sous la lampe une feuille de papier dont les bords
W CHALUMIàlJ. 89
flont retroussés, k chaque nouvel essai on secoue le papier, et on a soin qu'il n'y reste aucun glo*
bulc de verre , alin d éviter LouL mélange de substances.
RelatiYement à la grosseur de la pièce d'essai , voici le principe sur lequel on doit se régler : la
pièce est assez grosse lorsqu'elle est telle qu'on peut voir distinctement la réaction à laquelle on veut la soumettrci et en général Ton est plus exposé à manquer son but sur une pièce trop grosse que sur une pièce trop petite.
VoH ËNoiSTROX veut que la pièce d'essai, supposée cubique, ait de pouce de côté. Cette dimension serait très-bonne dans le cas où Topération se ferait à la lampe d'émailleur; mais pour les essais au chalumeau elle est toujours trop forte. Bbrgmam assimile la grosseur requise à celle d'un giiun de poivre; il ajoute que l'on doit souvent opérer sur les plus petites parcelles. Cependant un morceau gros comme un grain de poiTre est bien des fois plus qu'il n'en faut dans tous les essais au chalumeau; il est rare que l'on réussisse à traiter convenablement au feu un volume aussi considérable, et même pour la vitrification qui se fait au moyen des fondants ce serait beaucoup trop. La grosseur d'un grain de moutarde pris parmi les plus forts de son espèce est presque toujours sulBsante.
Du reste f c'est de . rexpérience qu'on appremi à détermiiier le volume le plus favorable au Buccèe d'un eBsai , particulièrement lorsqu'ou cherche à
produire sur une petite quantité ce qui n'[\ pas réussi sur une plus grande^ mais lors même que l'épreuve peut réussir sur un gros morceau y elle exige toujours une insufflation plus forte et plus longue , et en définitive on juge tout aussi bien de la couleur et de la fusibilité sur une petite pièce que sur une grosse. Le seul cas où il y ait quelque avantage à opérer sur des pièces un peu plus fortes qu'un grain de moutarde, est celui de Textractioii des métaux , soit par la réduction au moyen de la soude» soit par la coupellation, parce qu'alors on obtient une quantité plus considérable du métal que l'on cherche, et que Ton peut ensuite l'essayer et le reconnaître plus facilement.
Avant de soumettre la matière d'essai à Taction des fondants» on doit examiner les phénomènes qu'elle présente d'elle-même au chalumeau. Cet examen se fait ainsi qu'il suit :
a) On chauffe la matière dans un petit matras sur la lampe à alcool » pour voir si elle décrépite, si elle dégage de l'eau ou quelque autre subsûmce volatile.
b) On la chauffe doucement sur un charbon à
la flamme de la lampe ordinaire activée par le clia-
DU CHALITMBAU. 94
lumeaui et ausaitôt après l'avoir tirée du fea on la flaire pour reconnattre la présence des addes volatils, del'arsenic, dusélénium ou du soufre, s'il y eu a. Oq compare Todeur développée par le feu d'oxidation avec celle que développe le feu de réduction , et Ton tient compte de la différence. Le premier feu rend plus sensible l'odeur du soufre et du sélénium; le second fait mieux sentir l'arsenic.
c) On examine la matière sous le rapport de sa
fusibilité. Si c'est une substance dont on n'a que des grains ronds, le mieux est de les mettre sur le charbon, nonobstant la facilité avec laquelle ils s'en échappent , lorsqu'ils ne sont pas très^fusibles. Mais si l'on a le clioix de la forme , on enlève sur réchantilion, à laide du marteau, une écaille très-mince, dont un bord est ordinairement tranchant; ou bien on choisit parmi les petits morceaux que le marteau a détachés une parcelle pointue ou lamelleuse que l'on saisit entre les pincettes de platine, et dont on expose la pointe ou l'arête à l'action de la flamme. Par ce moyen on Yoit tout de suite si la matière d'essai est fusible ou non. Les substances infusibles conservent toute la vivacité de leurs pointes et de leurs arêtes, ce que l'on reconnaît sur-le-champ à l'aide du microscope.
Les mômes parties s'arrondissent dans les substances qui se fondent difficilement; eufî.n les substances de facile fusion se convertissent en une
DB l'emploi
boule. Quant aux miDéraux qui ne fondent que très-diflicilement , j'ai coutume de les broyer avec
de l'eau, et do mettre sur le charbon une goutte du mélange I précisément comme pour les essais au moyen du nitrate de cobalt ; je sèche ensuite la masse étendue sur la surface du charbon, et je la chauffe au feu d'oxidation jusqu'à ce qu'elle ne tienne plus au support. Elle forme alors un tout cohérent , une sorte de gâteau , que Je saisis avec les pincettes de platine, et dont je soumets les parties extrêmes au feu le plus aidcul que je puisse produire. Ces parties se courbent ordinairement un peu f même dans les substances que J'appelle infusibles, el c'est une preuve qu'elles ne le sont pas, absolument parlant; mais le microscope fait voir distinctement si elles se sont vitrifiées ou non. On traite de la même manière les matières pulvérnlentes sèches , après en avoir fait une pâte qu'on étend avec ia pointe du couteau sur la surface du charbon»
Je suis convaincu que la température que l'on
peut produire avec le chalumeau alimenté par Fair despoumonSy a des limites étroites ; que, par exemple , on ne peut fondre de cette manière ni l'alumine, ni la silice, quelque petites que soient les
quantités sur lesquelles on opère, et qu'ainsi la détermination des différences de fusibilité n'est pas , autant qu'on Ta cru , subordonnée à la gros-
DU CHALUMÀAU. 93
seur de la pièce d'essai on à Thabileté de l'opérateur. Sous ce rapport le chalumeau a un avantage marqué sur les machines au moyen desquelles on produit un courant d'oxigèae.
H. Di Saussure a fait une série d'expériences, ayant pour but de déterminer les fusibilités relatives des substances minérales , et a calculé en degrés du pyromètre de Wedgewood , les températures auxquelles ces diverses substances entrent en fusion , d'après le rapport du diamètre du plus gros volume de clicU[ue minéral qu'il a tondre en boule, avec le diamètre du plus gros grain d'argent sur lequel il avait réussi à produire le même effet à une température dont il avait préalablement déterminé le degré. Les tables qu'il a ainsi calculées ont sans doute une grande valeur ; mais comme elles ne peuvent pas servir à des recmmuances, et que les résultats qu'elles présentent sont tout an plub approximatifs, je n'en parlerai pas davantage.
Certaines substances, et particulièrement certains minéraux , peuvent changer d'aspect et de forme sous l'action du chalumeau, sans pour cela entrer en fusion. Quelques-unes se boursouflent comme le borax, ou forment des ramifications dont l'ensemble offre l'aspect du chou-fleur. Parmi ces substances , les unes se fondent après la tuméfaction , les autres persistent dans cet état sans
94 L'CHtLOl
«otrer en fosioii* D'antres enbetanoeB minéraleB
jettent une sorte d'écume en fondant, et doniiLiit naissance à un verre bulleux , qui , quoique transparent par lui-même, produit en masse i'eftet d'un verre trouble à eause de la multitude de bulles d'air qu'il renferme.
Ce bouraouUement et eette spumeseence n'ont tien pour la plupart des minéraux qu'à la tempé-
rature où la totalité de Tcau qu'ils contenaient s'est dégagée ; les ramificalionii paraissent provenir d'un nouvel état d'équilibre, amené par la cbaleur entre les parties constituantes des corps : quant au l)oursouneinent et à la production d'écume qui ont lieu après la fusion, ils ne peuvent tenir qu'à Texpansion d'une partie constituante du corps , laquelle est volatile et passe à Télat de gaz, bien que ces phénomènes se rencontrent trèssouvent dans des composés oii l'analyse ne révèle la présence d'aucune substance semblable. Ils ont lieu principalement dans les silicates doubles de chaux ou d'alcali et d'alumine. ïls s'évanouissent parfois après quelques instants d insufflation ; d'autres fois ils durent aussi long-temps que l'on tient le corps en liquéfaction. Dans ce dernier cas , il paraît que la pièce d'essai prend de l'acide carbonique à la flamme, que cet acide carbonique se translbrme par le contact du charbon en gaz oxide de carbone, et que c'est eet oxide de carbone qui
m CiUUJM£AU. 05
remplit les bulles. La eansc de ces diverses sortes de tuméfaction est digne de recherciies particu* lières; tant qu'on l'ignorera on ne pourra pas se flatter d'avoir une connaissance parfaite des corps qui présentent ce genre de phénomène. En attendant , il fournit un bon caractère, au moyen duquel on peut distinguer des corps qui se ressemblent sous d'autres rapports»
Dans l'emploi des fondants, il faut bien se garder de suspendre trop tut rinsulïlation ; telle substance paraît infiisible au conmicncement de l'opération , qui cède pou à peu à l'action du flux, et entre, au bout de deux minutes, en fusion complète. Il faut , en outre , ne la mettre à fondre que par petites doses, et attendre pour en ajouter une nouvelle que la précédente ait subi l'action du fondant, tant qu'enfin le verre produit parvienne à un degré de saturation au delà duauelil ne puisse plus en dissoudre; lorsque lo verre est saturé de la sorte, il offre souvent des réactions vives et ma* nifestes, que Ton ne saurait obtenir avec le verre non saturé.
Lorsqu'on opère avec les flux sous un feu de réduction , il arrive quelquefois que la boule d'essai se réoxide pendant que le diarbonse refroidit, et que Ton perd ainsi le fruit d'une première opération. Pour obvier à cet inconvénient, on renverse le charbon do juunicre à faire tomber la boule en-
96 DB L*SIIPLOI
CQre liquide sur un corps froid , par exemple sur le plateau qui se trouve soub la lampe f et lorsque cela ne se peut pas, on verse dessus une goutte
d'huile. Cependant l'emploi de l'huile est sujet à un autre inconvénient; souvent elle se charbonne et obseurcit le verre ; ce que Ton doit tâcher d'é^ viter.
Lorsque la couleur de la foute est tellement in* tense qu'elle offre une apparence opaque , on peut s'assurer de sa transparence en tenant la boule de verre vis-à-vis de la flamme de la lampe dans une certaine direction ; alors on voit même en plein midi rimage renversée de la flamme se peindre dans le globule de verre sous la couleur propre à ce dernier. On peut encore dans ce cas comprimer le globule avant qu'il ne se fige , avec des pincettes à serres plates que Ton a préalablement échauffées, et lorsque cela ne suffît pas , on tâche de tirer la masse vitreuse , au premier instant du refroidissement , en un fii que l'on peut obtenir assez fin pourvoir la couleur au travers.
Exposées à la flamme extérieure ou intérieure de la lampe , fondues séparément ou avec les flux» les substances minérales présentent une multitude de phénomènes qui doivent ^tre soigneusement notés y et dont l'ensemble forme pour chaque substance le résultat de Tessai auquel on Ta soumise* Il foutobserverattentivement jusqu'à la plus
m CUALUMËAU. 97
petite circonstance de ces piieuomènes, parce qu'eiio peut souvent conduire à la découverte d'éléments doDt on ne soupçonnait pas la présence. a r égard des substances totUes nùtwelles, le parti que 1 opérateur peut tirer du cliaiuiiieau pour découvrir leur présence et quelques-unes de leurs propriétés y dépend entièrement de l'étendue de ses connaissances sur la chimie en général, et sur les pliénoiiKnies pyrognostiqiics en particulier, ainsi que de son habileté personnelle à observer et à suivre de l'œil ce qu'il y a de caractéristique dans les réactions; on ne peut donner à ce sujet au^ eune règle générale. — Lorsqu'on veut tunàiii^iier le résultat d'une expérience au chalumeau, pour sa propre instruction ou pour celle des autres, il faut toujours faire deux essais, noter séparément le résultat de chacun d'eux , et comparer ensuite les deux résultats ensemble, parce qu'il arrive souvent qu'une circonstance qui a échappé à une première observation frappe les yeux dans une seconde. Le plus sur est que deux personnes fassent et notent séparément la même série d'expériences , et comparent leurs résultats j s'ils sont d'accord , il y a lieu de les considérer comme exacts; dans le cas contraire on recherche la cause de la différence. Une petite diUiculté s'attache quelquefois à cette association : c'est que deux personnes n'ont pas toujours la même ma^ nière de voir et de dénommer les couleurs. Par
M i>£ l'emploi
exemple, il y avait certaines nuaneds que Gahn désignait souvent sous le nom do jaune , ou jauiK^sombre, et que je m'obstiaaiaàqualiiier de rouges^ Imaii que nou» fussions d'aeoord sur le jaune pur et le rouge pur , c'estp-à-dire sur les oouleoia fou-* dameutaies*
VIU. BescripUm des phénomènes pie présentent les dherseê sub^anees minirales s<m t action du cto-
luimau.
Il ne saurait être question ici des corps non métalliques que Ton regarde comme simples; leurs
caractères physiques suffisent pour les faire reconnaître à l'état éiémeutaire ; et leurs propriétés sont censées connues de ceux qui Teulent les retrouver dans leurs composés. Ceux de ces composés, à Foccasion desquels nous commencerons à nous en occuper , sont les combinaiâous de leurs oxides et de leurs acides avec des corps oxidés; nous les décrirons à Tarticle des sels*
Je commenoOTai donc par les métaux , et je traiterai principalement de leurs oxides , au nombre desquels je raniie les alcalis et les terres; j'exposerai, au sujet de ciiacuu d eux, ce que j'ai trouvé relativement à la manière dont on peut le Noonnattie* f ai- fait dans oett« vue une série de
DU CiULtJMtAU. 09
recherches nouvelles et particulières , ou chaque substance a été traitée individuellement. Chemin faisant , je suis parvenu à trouver pour plusieurs d'entre elles des phénomènes caractéristiqueà que j'avais long-temps cherchés en vain , et que je n'aurais jamais pu obtenir sans l'attention soutenue qne Fensemble de mon travail exigeait. Je sub persuadé que lorsque Temploi du chalumeau sera devenu plus général, on en découvrira d'autres encore plus précis. Je vais maintenant décrire successivement les réactions produites par \e» différents oxides pris à Vélat de pureté, ou, ce qui revient presque toujours au même dans les essais au chalumeau I à l'état de carbonates ou d'hydrates.
A. Des alcalis, des terres et des oxides métalliques.