OBSERVATION XV
(More Mapnex ; The Dublin quarterly Journal of medical Sciences, 1870.)
N...,primipare, entre en travail le 26 au soir. Le 27 au soir, le col présente les dimensions d’un florin. Le 28 au matin, il est dans le même état, mince, rigide et très douloureux.—On prescrit des bains tièdes, des opiacés et l’émétique sans succès. À 8 h. 5, on donne 3 gram. de chloral. A9 h.,la malade dort. À 10 h. 15, nouvelle dose do 1 gram. La femme se réveille à 3 h. et accouche très bien à 4 h. 30.
A côté de la contracture du col, nous pouvons étudier la rigidité de cette partie de l'organe, rigidité mécanique pour ainsi dire, qui n’est pas directement justiciable du chloral, mais qui, par l'obstacle qu’elle oppose au travail, peut donner lieu à des accidents névrosiques plus ou moins accentués. Le chloral, en combattant ces phénomènes deutéropathiques, peut rendre de notables services au médecin accoucheur. Il est incontestable en eet que si la rigidité donne lieu à la production de phénomènes nerveux, ces derniers, par une sorte de cercle vicieux, viennent à leurtourinfluencer d’une manière fâcheuse la marche du travail.
0° Résistance du périnée. — Les mêmes causes produisent les mêmes effets, et l'étude de la résistance du périnée est le complément nécessaire de l’étude du spasme du col. Nous emprun-
En VE
tons à P. Pajot ‘ l’appréciation qu’il donne de l’emploi du chloroforme dans la résistance du périnée. Sauf le nom du médicament, nous n'avons rien à changer aux paroles de l’éminent professeur : « Si les muscles de certaines régions perdent la faculté de se contracter, cela tient à ce qu'ils ont été privés de l'influence excitatrice des centres nerveux. C'est ainsi que les muscles du périnée sont relativement relâchés et ont perdu la propriélé de se contracter, parce que les portions des centres nerveux dont ils dépendent, c'est-à-dire la partie inférieure de la moelle, succombe plus vite à l'influence du chloroforme. Le relâchement des muscles du périnée est donc une conséquence physiologique tout aussi inévitable que la persistance des contractions des muscles abdominaux. »
Ne pourrions-nous pas rappeler ici l'argument que nous avons invoqué déjà à propos de la contracture du col? Le chloral n'agira-t-il que par la résolution musculaire qu'il provoque ? Nous croyons que la résistance du périnée, provenant d’un spasme, disparaîtra si l’on vient à supprimer la douleur. [ci encore, le chloral remplit donc une double indication.
Ici se pose une question intéressante à résoudre. Cette résolution favorise-t-elle ou entrave-t-elle l'expulsion du fœtus et met-elle le périnée à l’abri de toute déchirure? Nous ferons à ce double crdre d'idées une seule réponse. Le périnée est composé d’aponévroses en même temps que de muscles. Or, nous croyons qu’au moment où la femme pousse, quand les contractions sont les plus violentes, quand le périnée vient bomber sous la pression énorme qu'il subit, nous croyons, dis-je, que les muscles, distendus, tiraillés, épuisés par ces longues secousses, ne sont plus capables de se contracter, et que, par suite, dans l'accouchement normal ce n’est que le périnée aponévrotique qui contribue aux mouvements de rotation et qui résiste au ti-
1 Dictionnaire encyclopédique, tom, IV.
PT aire De
raillement. Il en résulte qu’en cas de résistance, les anesthésiques auront cet excellent effet de détruire toute force contraire à l'accouchement, en laissant intacts les tissus qui ont dans cet acte une certaine utilité. ax L'emploi des anesthésiques dans le cas de resistance du périnée a élé recommandé en France par P. Dubois, MM. Depaul, Pajot, etc. Nous croyons qu'en ce moment celte méthode est parlout admise. Nous publions ci-dessous une observation très concluante. Nous aurions pu placer aussi bien ici notre Obs. vur, car la lenteur que nous signalons dans la marche du
travail était causée par la résistance du périnée.