OBSERVATION XIX
(Personnelle.)
Vers la fin de l’année dernière, M. Grynfeltt fut appelé auprès d’une femme qui se trouvait au terme de sa seconde grossesse. Nul accident lors du premier accouchement. Il était 10 h. du matin quand M. Grynfeltt arriva auprès de la parturiente. Il y avait eu déjà deux attaques d’éclampsie peu intenses. La femme jouissait de toute son intelligence. Les deux crises n’avaient laissé après elles qu’un coma passager. Le travail est régulier, les contractions utérines sont encore faibles et espacées. Le col, effacé, admet à peine le doigt indicateur. Il est donc impossible de pratiquer l’accouchement immédiat. Les urines sont albumineuses. — Potion avec 4 gram. de chloral à prendre par cuillerée chaque demiheure. Lavement purgatifavec 10 gram. de follicules de séné. — A midi, troisième crise d’éclampsie plus forte que les précédentes. M. Grynfeltt, revenu à l h. et demie, trouve la malade comme étourdie et indifférente à ce que l’on fait autour d'elle. Il faut l’interpeller vivement pour qu’elle réponde. L'état de misère physique et physiologique empêche M. Grynfeltt de recourir à la saignée. Les douleurs sont à ce moment plus vives
Ho ies
et, 4
et plus fréquentes. Mais le co], insuffisamment dilaté, ne permet pas de pratiquer la version. LA première potion chloralisée prise, M. Grynfeltt en prescrit une seconde. À 3 h. et demie, survient une nouvelle attaque bientôt suivie d’une seconde. M. Grynfeltt survient alors. La femme est dans le coma ; la tête a franchi le col et plonge dans le petit bassin. Le forceps est appliqué et l'enfant vient au monde sans que la femme s’en apercoive. La délivrance ne la réveille pas davantage. L'enfant se porte très bien ; les crises ne reparaissent plus, et la mère se rétablit promptement.