‹ De l'emploi du nitrate d'argent et du caustique Filhos dans le traitement des ulcérations de nature non cancéreuse du col de la matriceChapitre 2 sur 12 · A M. ROUX · texte numérisé non relu

A M. ROUX

Professeur de Clinique chirurgicale à la Faculté de Médecine de Paris, Membre de FInstitut (Académie des Sciences), de l’Académie impériale de Médecine, et de la Société de Chirurgie ,

Chirurgien de l’Hôtel-Dieu,

Officier de la Légion d’Honneur.

Cher maître, dans une circonstance qui restera à jamais gravée dans ma mémoire, vous n’avez pas craint d’abandonner un instant votre couteau pour le confier à mes mains, vierges encore de toute grande*opération chirurgicale pratiquée sur l’homme vivant; perrnettez-moi de saisir cette occasion solennelle pour vous offrir publiquement l’expression de ma vive reconnaissance et l’assurance de mon attachement sincère et dévoué.

tient aux anciens, celui non moins grand d’avoir su le guérir re- ! vient tout entier aux modernes, et particulièrement aux médecins français de notre époque. Ceux qui, parmi ces derniers, ont le plus contribué par leurs travaux à nous faire approcher du but si longtemps désiré, sont : Récamier, en réhabilitant le spéculum ; Lisfranc et M. Ricord, en popularisant l’usage de cet instrument; M. Jobert de Lamballe), par sa pratique hardie; M. Filhos, en dotant le caustique de Vienne d’une qualité qui permit d’en utiliser tous les avan- j

tages.

M. Gosselin, dans un mémoire sur la valeur symptomatique de l’ulcération du col (. Ârch . gén . de méd., t. 2; 1843), a rendu un véritable service a la science, en établissant que, dans la majorité

des cas, l’ulcération du col reconnaît pour cause principale l’inflam*

mation chronique soit de la muqueuse utérine, soit du parenchyme même de l’organe; il est à regretter seulement que ce chirurgien distingué ait été conduit, par des conclusions trop rigoureuses suivant moi , à proscrire presque entièrement la cautérisation au traitement de cette affection. «La présence de l’ulcération, dit-il, indique, si l’on veut, la métrite chronique avec tous ses éléments; mais® elle ne donne pas lieu à des accidents spéciaux ; elle ne mérite pas le nom de maladie dans la plupart des cas, et c’est à peine si la thérapeutique a besoin de s’en occuper. » Aussi, dans un autre passage, où il signale le peu d’efficacité d’un seul agent caustique, le nitrate acide de mercure, cet auteur semble-t-il faire implicitement le procès à la cautérisation en général.

Les observations consignées dans la première partie de ma thèseo serviront, je l’espère, à démontrer expérimentalement : 1° que si lai cautérisation échoue quelquefois, ce n’est pas la méthode qu’il faulis se hâter de condamner, mais l’agent caustique, que l’on doit alors remplacer par un autre plus énergique; 2° que, quoique l’uîcératior du col ne soit qu’un des trois éléments dont la réunion constitue U plus souvent la métrite chronique, il n’en est cependant pas le moim important , puisque sa soustraction a pour conséquence habituelle

d’entraîner la disparition des deux autres, à savoir l’engorgement et Se catarrhe utérin. Les faits qu’elles renferment ont été recueillis à l’hôpital de Lourcine, sous les yeux et sous l’inspiration de M. Richet, mon bienveillant maître. Adoptant en grande partie pour leur exposition la classification de M. Robert (thèse de concours, 1848), je les diviserai en deux groupes : l’un comprenant les ulcérations simples ou non spécifiques, de nature inflammatoire, et l’autre comprenant les ulcérations spécifiques. Parmi ces dernières, je ne parlerai que de l’ulcération syphilitique. Quant aux ulcérations tuberculeuses, dont Lisfranc et M. Pauly seuls citent des exemples , et aux ulcérations diphthériques signalées par MM. Boys de Loury et Costilhes ( Gazette méd. , 1845) , n’ayant pas eu l’occasion d’en observer des exemples, je ne m’en occuperai pas.

La seconde partie de ma thèse sera consacrée à l’étude du caustique solidifié de poisse et de chaux, auxquels M. Richet accorde la préférence dans la grande majorité des cas ; je décrirai son mode d’action et la manière dont il convient de l’employer.

Comme il est facile de le deviner d’après ce court aperçu, ce n’est pas un traité dogmatique et complet, mais seulement un simple exposé pratique de faits dont j’ai été témoin, que je me propose de faire.

î 852. — Dubreuif,

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