X..., 47 ans, négociant, 20, route d'Heyrieux
Le malade présente dans ses antécédents héréditaires du rhumatisme et du nervosisme. Rien de particulier à noter dans ses antécédents personnels, sinon que le malade, un peu nerveux, se surmène beaucoup. Il se porte d'ordinaire très bien et n’a jamais eu d'affection grave.
Incommodé par des loupes et craignant la douleur d’une incision, il se laisse soigner par un guérisseur qui verse sur les loupes un liquide caustique, et revient quelques jours après enlever le sac avec une pince plus ou moins propre. Ceci se passait fin août.
Vers le 20 septembre, le malade sentit de la gêne dans la mastication. « Ma mâchoire fonctionne mal », dit-il, et un
peu de raiïdeur dans la nuque. Il continua à vaquer à ses
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occupations, pensant à une localisation nouvelle d’un rhumatisme qui parfois le génait.
Son état ne s’'améliorant pas, le malade nous fait appeler le 2 octobre, parce que dans la nuit il avait eu de la raideur dans les membres et de la peine à respirer.
A l’examen, nous notons un trismus accentué, l’écartement possible entre les mâchoires étant d’un centimètre au plus. Les muscles de la face, très contractés, plissent le front, surtout à gauche, relèvent les commissures des Ièvres, ouvrent les orbiculaires, enfin donnent au malade une physionomie grimaçante.
La nuque est raide, quoique moins que la nuit, les mouvements de gauche et de droite sont très limités : la déglutition est pénible. |
Les muscles du tronc sont peu contracturés : les membres inférieurs sont un peu raides, les réflexes étant sensiblement exagérés. Les membres supérieurs et les muscles de la respiration sont respectés.
Le pouls est régulier, la température normale.
Le malade ne souffre pas de ses loupes dernièrement opérées, dont l’une cependant laisse écouler un léger suintement.
Nous donnons comme traitement ; un bain tiède de trois quarts d'heure, 6 grammes de chloral en lavement, un lavement d’eau salée matin et soir, alimentation liquide (lait, œufs, poudre de viande), et pensant à une forme de tétanos chronique, à évolution lente et curable, nous ne faisons pas d'injection de sérum antitétanique.
3 octobre. Le lendemain, à notre arrivée, le malade est pris d’une sorte de tremblement généralisé qui, comme il était debout, l’oblige à se laisser tomber sur son fauteuil : les muscles de la nuque, du tronc, de l'abdomen et des membres inférieurs sont contracturés.