‹ De l'Emploi Thérapeutique du Chlorure de Magnésium, Administré à Faibles Doses: En Particulier dans la Constipation et Quelques Affections qui lui sont ConsécutivesChapitre 14 sur 41 · ACTION SUR LE POUMON, LE COEUR ET LES VAISSEAUX · texte numérisé non relu

ACTION SUR LE POUMON, LE COEUR ET LES VAISSEAUX

tit, améliorent les digestions, régularisent les sarde-robes. C'est une action très analogue à celle des amers. Home, voilà fort longtemps. faisait déjà ce rapprochement.Les auteurs qui ont étudié le chlorure de magnésium dans la suite notaient aussi les effets foniques de ce sel sur les voies digestives, mais ils n'envisageaien t que les doses purgatives, c'est-à-dire de fortes doses de 15 à 30 grammes.

Or il semble qu'avec les très faibles doses cette action est aussi nette, plus même. On admet en général que la magnésie donnée par voie gastrique se transforme pour une part dans l'estomac sous l’action de l'acide chlorhydrique en chlorure de magnésium. Ne serait-ce pas un peu à ce chlorure ainsi formé que l'on devrait les bons effets de ce médicament sur l'estomac et l'intestin ?

En résumé les très faibles doses de chlorure de magnésium

agissent comme tonique des voies digestives.

Actions sur les autres organes. — Poumon, cœur et vaisseaux, — Dans toutes ses expériences au sujet du chlorure de magnésium, Laborde note chez le chien des modifications respiratoires. Chose remarquable, c'est du côté des poumons que se manifestent les premiers symptômes que l'on note sous l’action du chlorure de magnésium injecté dans les veines, avant même que l'intestin soit influencé.

Dans sa première expérience, Laborde note les faits suivants :

«La moitié de l'injection étant à peine poussée, accélération des mouvements respiratoires, avec écume à la bouche, dans les expirations saccadées ; puis l'injection étant continuée et

terminée, arrêt des mouvements respiratoires (syncope res-

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piratoire), le cœur continuant à battre. À ce moment contraction énergique des anses intestinales... »

Dans la deuxième expérience, lFéminent physiologiste observe les phénomènes suivants :

« L'injection est faite en plusieurs temps et très lentement. A chaque poussée (et il en a été fait cinq en dix minutes), il y a accélération respiratoire avec salivation mousseuse. »

Au sujet des modications dans les fonctions cardiaques, Laborde s'exprime ainsi :

« Dans les expériences précédemment relatées, l'examen des pulsations artérielles et cardiaques nous avait contamment révélé, de même qu'à Aguilhon, une accélération primordiale, plus où moins accentée, à laquelle succédait un ralentissement avec des irrégularités caractérisées par de véritables intermittences. »

D'une expérience faite spécialement pour mettre en évidence les phénomènes cardiaques, Laborde conclut :

‘« Ces modifications (cardiaques) sont remarquables et consistent essentiellement en des phénomènes d'intermittence ou d'arrêt soit momentanés el se reproduisant à intervalles à peu près égaux, soit définitifs, sans que la contractilité du muscle cardiaque soit perdue. »

«Non seulement elle n'est point perdue, mais elle paraît être manifestement accrue et excitée ; de telle sorte que le chlorure de magnésium semble bien exercer, ainsi que nous l'avions annoncé, une influence excitatrice sur la contractilité intestinale comme sur la contractilité cardiaque. »

Laffargue note des résultats en apparence contradictoires avec ceux de Laborde,au sujet de l'action du chlorure de ma-

gnésium sur le cœur etles vaisseaux. Il diten effet : « Ce que

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nous voulons montrer, c'est que l'action propre des sels de magnésium consiste en une excitation primitive des centres d'arrêt du cœur intra-bulbaires. » Il ajoute que dans les expériences avec les sels de magnésie {et certaines ont élé failes avec le chlorure de magnésium), on voit l'arrêt du cœur el l’abaissement considérable de la pression cesser après la section des nerfs vagues.

. Dans ses expériences, Laffargue injecte d'emblée 3 grammes de chlorure de magnésium, tandis que Laborde, dans son expérience faite spécialement pour étudier l'action du chlorure de magnésium sur le cœur, n'injecte que o gr. 60 de chlorure de magnésium. el l'injection est faite lentement. Les mêmes divergences existent dans les constatations de Laborde el Laffargue sur la respiration.Cela vient de ce que Laffargue, injectant une dose massive, brûle la première étape de l'action du chlorure de magnésium pour arriver {out de suite à la seconde, pendant laquelle il fait les mêmes constatations que Laborde.

Voury, avec l’eau de Châtel-Guyon introduite par voie gastrique,note chez le chien les mêmes modifications respiratoires et cardiaques que Laborde avait constatées sous l'influen ce des injections intra-veineuses de chlorure de magnésium.

Enfin en ce qui concerne les vaisseaux, Laborde s'exprime en ces termes :

« Nous avons constalé que la portion de veine mise à nu pour l'injection, éprouvait un resserrement contractile plus ou moins accentué, après qu'elle avait été touchée par une certaine quantité de la solution, ce qui semblerait témoigner d’une action localisée sur la fibre musculaire lisse. »

Nous n'avons pas de données nettes sur l'action que le

chlorure de magnésium exerce sur la fibre cardiaque ; dans les observations cliniques que nous avons réunies, celle question n'a pas été étudiée spécialement. Cependant nous avons fait l'expérience suivante concernant l'action du chlorure de magnésium sur les vaisseaux.

Chez un sujet ayant les conjonctives normales, nous examinons avec soin les veines rampant dans les deux culs-desac conjonctivaux. Après cet examen, nous instillons dans un seul œil et à plusieurs reprises une solution au 1/20 de chlorure de magnésium. Cette solution, très violemment active dans l'intestin, se montre sans effet sur les veines conjonctivales. Et cependant l'instillation de quelques gouttes d’une solution de cocaïne,également au 1/20 produit conslamment une énergique vaso-constriction et même la pâleur de la conjonclive. Jusqu'à preuve contraire, nous admettrons done que l’action directe du chlorure de magnésium sur la fibre lisse des vaisseaux n'est pas démontrée. Elle semble en tous cas être très faible, si tant est qu'elle existe.

Par contre, du côté de l'appareil respiratoire les constatations cliniques confirment les données du laboratoire tout au moins pour les faibles doses.

Voici ce que le D' CG. à constaté sur lui-même :

Etant fortement constipé, il prend une entéroclyse avec une dose, pour lui relativement forte, de o gr. 50 de chlorure de magnésium. Avant que le chlorure de magnésium ait agi sur l'intestin el ail amené son évacuation, il constate de la toux et une abondante expectloration, comme si l'action du chlorure de magnésium sur l'élément moteur des bronches, très excilable chez le D' C., s'exerçait plus promptement

que la même action sur l'élément moteur de l'intestin,

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