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Dans colin oülc M. Triquet dislinsfun : 1° Une période d'excitation canxcUm&ÔA) parles symi»tômcs suivants : crclliismc, inlulôrancn pour le bruit, bourdonnements à timbre ai^^UjOU plutôt siiïlements. 2° Une période de dépression })endant laquelle les bourdonnements disparaissent ou sont très-alVaiblis, et où 1(' malade recbcrche les bruits et les sons aiixus. 3" Une période paralylique.
Cette otite est le plus souvent liée à l’alcoolisme et aussi à des modifications encéphaliques ; on constate souvent chez les malades, en même temps que les troubles auditifs, un affaiblissement progressif de la vision et une certaine titubation.
V. Vue. — Parmi les etTels du tabac, un des plus intéressanis est, assurément, le trouble qu'il amène, dans quelques eircons tances, du côté de la vue et qui a été désigné sous le nom à' amblyopie nicotique.
Cette curieuse affection avait déjà été signalée au commencement de ce siècle par Mackensie d’abord, puis par CriclietI, Ilutcbinson. — Mais c’est surtout à la suite d’un article publié par Siebel père dans les Annales d' oculistique (T. L. Illj qu’elle entra définitivement dans le cadn* nosologique comme alfcction distincte.
Dejjuis cette époque, elle a été le sujet de nombreux travaux (au nombre des })luS intéressanis nous signalerons les thèses de Velu t i 868 et Masselonl872 sur l’amljlyoïiie nicotique). Son existence a été ce])endant contestée par des auteurs recommandables parmi lesquels nous signalerons M. Cusco. Aujourd’hui la pliqiartdes oplithalmologislcs en admettent l’existence.
Dans quelle iiroporlion les fumeurs deviennent-ils amblyopiques? C’est là une première question intéressante à résoudre, mais sur laquelle nous manquons de documents certains. — Masselon, dans sa thèse, di'clare que sur 39 malades se présentant à la clinique de M. Weeker, il a observé un cas d’amblyopie nicotiqiu', mais ce résultat nous paraît exagéré, et sans aucun doute l’auteur que nous signalons a dù londier sur une série d’amblyopiques pour on être arrivé à ce chill'rc.
Ce qui est hors de doute, c’est que l’abus du tabac ne produit pas nécessairement l’amblyopie; il existe, pour cette substance comme pour les autres, une sorte d’idiosyncrasie qui rend l’intoxication plus ou moins facile, suivant les organismes.
Le sexe, on le conçoit, a une influence capitale sur la fréquence de l’adection ; puisque la femme s’expose en général fort peu à l’intoxication, on n’aura guère d’amblyopiques que parmi les hommes. Pour une cause semblable, les enfants sont exempts de la maladie.
Quant aux tempéraments leur influence est variable; ce sont surtout les individus à tempérament sanguin ou nerveux, les constitutions nervo-bilieuses qui pi'ésentent les conditions les plus détavorables. L’inverse se produit pour les tempéraments lymphatiques.
Le tabac à fumer est la substance qui produit par excellence l’amblyopie nicotique, mais on Ta observé aussi chez les cliiqueurs. Il n’y a pas, au contraire, d’exempled’amblyopie consécutive à l’usage du tabac à priser.
Mais ce qui paraît avoir le plus d’influence sur la production des troubles visuels c’est l’abus de l’alcool.
Quelques auteurs ont même voulu attribuer à cette dernière substance la plus grande part dans la diminution de l’acuité visuelle. Sans adopter cette manière de voir exclusive, nous croyons, avec la plupart des oculistes qui se sont occupés de cette question, que l’alcool favorise étrangement, soit en amenant la dégénérescence des artères, soit en produisant l’affaiblissement de l’organisme, l’action de la nicotine sur le nerf optique.
Un grand nombre des malades observés fumaient à jeun. Sans doute, cette circonstance favorable à l’absorption du poison a pu jouer un certain rôle, mais il ne faut pas s’exagérer son importance, et croire que l’on a beaucoup plus de chance d’éviter l’intoxication en s’astreignant à manger avant de faire usage du tabac.
. Fonssard. T
Le symptôme capital de la maladie est rafl'aiblisscment de la vision. Cet airaiblissemcnt se montre plus ou moins rapidement; tantôt il apparaît brusquement et même du soir au matin, ainsi que cela a été observé par Masselon dans deux cas. Tantôt au contraire c’est graduellement qu’il se montre. Les malades se plaignent d’avoir conslamment devant les yeux une sorte de brouillard qui nuit a la netteté de l’image.
Ges troubles, seinldables à ceux qui sont liés à des altérations de la réfraction, s’en distinguent ordinairement parce fait qu’ils ne sont modifiés le plus souvent par aucun verre. Leur intensité d’ailleurs est variable d’un moment à l’autre. Trèsprononcées un jour, au point que le malade est presque aveugle, ils diminuent le lendemain, et il lui est jiossible de reconnaître les objets qui l’entourent.
On a noté que ces variations étaient sous la déjiendance du régime suivi par le malade. L’aggravation du symptôme coïncidait généralement avec l’abus du tabac, ramélioration était consécutive à une abstention relative.
Ces derniers troubles visuels peuvent aussi résulter dans certains cas, rares à la vérité, de troubles du côté de l’accommodation. Nous avons vu, en elfet, que la nicotine agissait sur les fibres lisses en amenant à la longue leur relâchement; il est donc naturel de supposer que, dans ces conditions, son action peut se faire sentir sur le muscle ciliaire et produire sa parésie. Cette dernière aboutira au même résultat que l’affaiblissement de l’acuité visuelle.
Inutile de dire que , dans ce dernier cas , les troubles visuels se trouvent améliorés par l’emploi de verres convexes.
Un symptôme imi)orLant, qu’il faut placer à côté du précédent, c’est la perception fausse des couleurs qui peut sc manifester de deux façons dilïérentes, tantôt c’est une couleur, le rouge [)finci[)alement qu paraît avoir une teinte intermédiaire entre le rouge et le jaune, d’autres fois, ce sont deux couleui's
vues simultanément ou à peu crinlervalle, qui donueronl la sensation qui résulte habiluellemenl de leur mélange.
C’est ainsique le bleu, perçu peu de temps après avoir fixé une couleur jaune, paraîtra vert. Il semble que la sensation lumineuse, rendue plus obscure par la maladie, dure plus longtemps qu’à l’état normal, et que, par suite, il se forme habituellement dans l’œil entre les diverses couleurs, la fusion que l’on obtient en physique à l’aide du disque de Newton.
L’étendue du champ visuel n’est pas diminuée, mais on y observe fréquemment un scotome plus ou moins étendu. Ce scotome peut se montrer sur un seul œil, mais le plus souvent il siège sur les deux, et, chose remarquable, ces deux scotomes, lorsqu’ils existent, sont absolument semblables, et se superposent si l’on regarde avec Ips deux yeux. Cette particularité indique que l’anesthésie occupe des points similaires de la rétine, et permet de supposer qu’elle résulte d’une altération centrale bien plutôt que locale (1).
Le siège du scotome est variable, le plus souvent c’est la partie supérieure du champ visuel qui est obscure, mais d’autres fois c’est la partie centrale. •
On sait combien cette particularité est importante au point de vue de l’inconvénient que le scotome présente. Peu gênant lorsqu’il est supérieur, il est, au contraire, extrêmement fâcheux lorsqu’il abolit la vision centrale.
Le scotome est le symptôme le plus long à disparaître, lorsque le malade renonce à ses habitudes.
Les altérations du côté de l’œil sont bien peu prononcées; c’est à peine si l’on peut signaler comme propre à l’afTcction une tendance au larmoiement. La pupille est modérément dilatée, la cornée, le cristallin, le corps vitré, sont parfaitement transparents; il n’y a ni dureté, ni saillie du globe oculaire.
A l’ophtalmoscope, les signes sont bien peu accusés,
(1) Il suffit pour se rendre compte de ce phénomène de se reporter à la doctrine des points identiques de Muller soutenue par de Græfe.
lorsqu’ils existent, et il faut une grande habitude pour en constater la présence. Notons cependant que l’on a signalé comme le phénomène le plus constant, une pâleur anormale de la pupille, avec diminution du calibre des artères.
Le pronostic de l’amblyopie nicotique est loin d’être aussi grave que celui que l’on doit porter pour les autres variétés d’amauroses. On n’a pas d’exemple de cécité produite jmr cette affection, même chez les malades qui ne peuvent se déshabituer de fumer.
Quant à ceux qui cessent ou tout au moins diminuent notablement leur consommation de tabac, ils guérissent toujours. Il est vrai que dans les cas où l’amblyopie a été très-intense et dure depuis longtemps, il faut, en général , un temps fort long pour que l’acuité visuelle revienne à son état normal. On est près de la vérité en estimant qu’il faut environ cinq à six mois pour obtenir ce résultat.
Le traitement consiste surtout dans la cessation de l’usage du tabac. Il n’est pas d’affection à laquelle on puisse appliquer à plus juste titre, l’axiome ; Sublata causa toUitur effectus.
En outre, on conseille l’emploi de l’opium, qui agirait, dit-on, en sens inverse de la nicotine; des' purgatifs, fré- (luemment répétés ; des bains de vapeur.
Weeker propose d’ajouter à ces moyens l’emploi de la strychine en injections dans la région temporale et les courants induits.