‹ De l'empoisonnement par la strychnineChapitre 6 sur 6 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Il découle de l'ensemble de ce travail, et principalement des nombreuses expériences auxquelles je me suis livré, une conclusien pratique que je ne dois pas omettre. L'empoisonnement par la strychnine a une symptomatologie des plus caractéristiques; il suffit d'avoir observé une fois, sur un animal quelconque, les secousses provoquées par l'absorption de ce poison, pour les reconnaître à tout jamais, de manière à ne pouvoir s'y tromper. Ce symptôme, si capital, si pathognomonique, n'est influencé en aucune façon par l'action qu'exercent sur l'économie les divers agens, même les stupéfiants ou les narcotiques les plus puissants que l'on ait administrés à titre d'antidotes. Quel que soit l'antidote employé, l'action de la strychnine reste reconnaissable dès que cette substance a été ingérée à dose suffisante pour produire la mort. Seul, le chloroforme en inhalations peut, en plongeant le sujet empoisonné dans le sommeil anesthésique, faire cesser, pendant un moment, les spasmes tétaniques provoqués par la strychnine; mais cette cessation n'est que momentanée et tout à fait passagère. Dès que l'individu se réveille , aussitôt que cesse l'anesthésie , les spasmes tétaniques, un instant interrompus, se reproduisent immédiatement avec tous les caractères qui permettent à l'œil le moins exercé de reconnaître, sans hésiter, l'effet de la strychnine.

Toutes les fois donc que l'on aura assisté à toute l'évolution des phénomènes morbides présentés par un individu empoisonné, ou que Fon possédera une relation exacte et suffisamment détaillée de ces phénomènes, on pourra reconnaître^ avec la plus grande certitude, s'il y a eu ou non empoisonnement par la strychnine, quel qu'ait été du reste le traitement employé dans le but de combattre les effets de cet empoisonnement.

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