‹ De l'empyème pulsatileChapitre 1 sur 8 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

La connaissance des maladies de la plèvre date I io Laënnec. Avant lui, on confondait sans cesse la !t: leurésie et la pneumonie, car on ne possédait pas >lie signe qui permît de différencier à coup sûr deux rnaladiesaussi voisines.

^'auscultation ajoutée à la percussion, en assut le diagnostic dans la plupart des cas, devait ei' irnir en même temps de précieuses indications rhérapeutiques. Bientôt la thoracenthèse , moyen

■roïque, triompha, grâce aux efforts et à l'autorité ijo Trousseau , des résistances les plus vives et des réjugés les plus tenaces.

Cette impulsion féconde, donnée par Laënnec, n'a )as encore porté tous ses fruits. Malgré des travaux it des recherches innombrables, la pleurésie, mine n;épuisable, alimentera longtemps encore les génér. •' ions médicales. Aiguë ou chronique, primitive ou .econdaire, simple ou compliquée, cette affection se "Ti sente toujours comme un problème hérissé de ifficultés. Est-il, en effet, un des signes ordinaires e la pleurésie, matité, souffle, égophonie, etc. , qui oitpathognomonique? La réunion même de la plu- ■art de ces signes ne peut-elle pas se rencontrer ans des maladies tout à fait différentes et justifier

ainsi les erreurs de diagnostic en apparence les plus grossières?

Citons quelques exemples. Une femme présente tous les signes d'un épancheraent pleural, même l'égophonie; on trouve, à l'autopsie, une tumeur encéphaloïde (1). Dans un autre cas, c'est un kyste hydatique du foie qui a été pris pour une pleurésie (2) ; l'hypertrophie de cet organe (3), une tumeur du rein ont pu causer de semblables erreurs (4).

Lia pneumonie elle-même revêt parfois, à un tel point, les apparences de la pleurésie, qu'on est conduit à faire la ponction. Nous avons commis nousmême cette erreur, dans laquelle nous avions vu tomber jadis un maitre éminent, et nous avons pratiqué deux ponctions blanchcis dans une de ces pneumonies massives bien décrites par M. Grancher (5). Une simple congestion pulmonaire, si l'on en croit M. Woillez (6), pourrait présenter de l'égophonie.

Après avoir donné une idée des cas dans lesquels on est conduit à admettre des pleurésies qui n'existent pas, citons des exemples de pleurésies méconnues, erreur au moins aussi fréquente que la précédente. L'épanchement peut être latent ou accompagné de signes inusités; ici, c'est un souffle amphorique avec gargouillement, qui peut faire

(1) Trousseau. — Clmique médicale j 4= éd., t. I, p. 732.

(2) Trousseau. — Loco cilato.

(3) Oulmont.- ZJuZi. dô la Soc. métU des Hôpitaux., 23 mai 185b, p. 131, t. ni.

(4) Moutard-Martin. - Bull. Soc. mèd. Hôp., 14 mai 18a6, t. III, p. 122.

(5) Consulter la thèse de Petit, Paris, 1881.

(6) Woillei. — Traité déS vial. des or g. resp., p. 297.

croire à l'existence d'une caverne tuberculeuse (1); là, ce sont de véritables battements qui en imposent pour un anévrysme de l'aorte thoracique (cmpyème pulsatile).

S'il est difficile parfois de reconnaître seulement l'existence d'un épanchement dans la plèvre, quelle difficulté n'est-on pas exposé à rencontrer quand il faut déterminer la nature du liquide , sa quantité, ses rapports, etc., etc.

Le signe de Baccelli (2) n'a pas le caractère pathognomonique qu'on lui avait attribué tout d'abord, puisque la pectoriloquie aphone peut se rencontrer et dans les pleurésies purulentes et dans certaines pneumonies. M. le professeur Jaccoud indique les moyens qui permettent à des mains habiles et exercées de reconnaître les épanchements bî et multiloculaires (3). On sait quelle obscurité entoure souvent le diagnostic des jjleurésies enkystées et interlobaires, puisque des hommes comme Graves et Trousseau ont pu les confondre avec des cavernes tuberculeuses et des vomiques péripneumoniques.

Mais supposons connues toutes les conditions matérielles d'un épanchement pleurétique nous ne serons pas encore en possession de la vérité tout entière. Il faudra aussi tenir compte de la malignité inhérente à certaines pleurésies, et, à propos d'une récente communication à la Société clinique do

(Il Rilliet et Barlhez. In Arch. med., 1853. — Bébier. Ibid., 185-4, — Landouzy. Ibid., 1856.

(2) Baccelli. — {Arch. de med. clin, edirj, Roma, 1875.)

(3) Jaccoud. — {Bull. Acad. de med., 187'J.)

Paris, M. le professeur Bouchard nous a révélé la présence des bactéries dans les formes infectieuses de la pleurésie (1).

Ces recherches à peine ébauchées seront poursuivies et conduiront sans doute à d'importantes découvertes. Nous avons voulu, de notre côté, porter nos efforts sur un coin peu* exploré de ce vaste champ, sur une modalité rare et mal étudiée des épanchements pleuraux, l'empyème pulsatile.

;t (1) Bouchard. — {Bull. soc. clin, de Paris, nov. 1880.)

Définition.

Nous appellerons empyème jjulsatile tout épanchement pleural qui présentera des battements perceptibles à la vue et au palper. Tantôt le thorax luimême sera soulevé à chaque battement du cœur dans une portion plus ou moins grande de sa surface; tantôt on verra une tumeur extérieure animée de ces pulsations. Quand l'abcès extérieur ne communique pas avec la plèvre il ne mérite pas le nom d'empyème, et nous n'avons pas à le décrire ; le contenu, habituellement purulent, peut quelquefois être mêlé de gaz (pyo-pneumothorax) sans cesser de présenter des pulsations ; exceptionnellement, l'épanchement est séreux. Nous décrirons toutes ces variétés comme exemples d'épanchements pleuraux pulsatiles.

L'EMPYEME PULSATILE

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